À Londres, des experts saluent la stratégie du Maroc contre l’extrémisme

Dpress
La stratégie mise en œuvre par le Maroc dans le domaine de la lutte contre l’extrémisme a été largement saluée lors d’un débat tenu mercredi au Royal United Services Institute (RUSI), l’un des think-tanks les plus influents au monde.
Le secrétaire général de la Rabita Mohammadia des Ouléma, Ahmed Abbadi, l’ambassadeur du Maroc au Royaume-Uni, Hakim Hajoui et plusieurs éminents experts en questions sécuritaires sont intervenus lors de ce débat, co-organisé par l’Ambassade du Maroc à Londres et RUSI, sous le thème « La stratégie du Maroc pour contrer les récits extrémistes à l’ère numérique ».
L’accent a été mis sur le rôle crucial que joue le Maroc dans la déconstruction des discours et des idées extrémistes, notamment en Afrique.
Ouvrant les débats lors de cette rencontre, M. Hajoui, a indiqué que la lutte contre l’extrémisme est un axe majeur du partenariat bilatéral Maroc/Royaume-Uni, relevant que la déradicalisation et la lutte contre le terrorisme sont au cœur du dialogue sécuritaire entre les deux pays.
Une coopération renforcée et une coordination plus étroite sont plus essentielles que jamais dans un monde où l’extrémisme ne connaît plus de frontières, a poursuivi l’ambassadeur, soulignant que le Maroc dispose d’une longue expérience à partager, dont la pertinence a été démontrée dans différents contextes.
Détaillant l’expérience du Maroc, le diplomate a décrit une approche articulée autour d’« un ensemble de dimensions interconnectées». Il a souligné qu’au cœur de ce modèle se trouve le rôle de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en tant que Commandeur des Croyants.
M. Abbadi s’est penché, pour sa part, sur les différents aspects de la stratégie marocaine de déconstruction des récits extrémistes.
Il a relevé que cette stratégie repose sur une approche scientifique visant notamment à s’attaquer aux comportements à risque afin de mieux prévenir les dérives. Elle passe également par un travail de proximité avec les jeunes, notamment dans les établissements scolaires, en vue de renforcer leurs capacités critiques.
L’expérience marocaine a suscité l’intérêt de plusieurs pays ayant exprimé le souhait d’en bénéficier, a affirmé M. Abbadi, soulignant qu’elle a démontré la pertinence d’une approche fondée sur la déconstruction des récits extrémistes à travers un nouveau paradigme promouvant les valeurs du vivre-ensemble, de la tolérance et de l’acceptation de l’autre.
Le secrétaire général de la Rabita Mohammadia des Ouléma a également insisté sur la nécessité, à l’ère numérique, de doter les jeunes des outils et des formations nécessaires pour se prémunir contre les idées extrémistes.
M. Abbadi a également expliqué devant l’assistance la pertinence du programme « Mossalaha », un dispositif de réhabilitation ayant bénéficié à plusieurs détenus condamnés dans des affaires liées à l’extrémisme et au terrorisme.
Il a mis en avant les composantes de ce programme, articulé autour de trois axes : la réconciliation avec soi-même, la réconciliation avec le texte religieux et la réconciliation avec la société, y compris ses lois, sa législation et ses institutions.
Ce programme a enregistré un franc succès, comme en témoigne l’absence de cas de récidive depuis son lancement, a indiqué M. Abbadi.
L’institut RUSI, qui a abrité cette importante rencontre, est un centre de recherche britannique de renommée internationale fondé en 1831. L’institut est spécialisé dans les questions de défense, de sécurité et de relations internationales. Il réunit experts, décideurs politiques, diplomates et chercheurs afin d’analyser les enjeux stratégiques mondiaux et de formuler des recommandations en matière de sécurité et de politique publique.
Durant son séjour à Londres, le secrétaire général de la Rabita Mohammadia des Ouléma a animé d’autres conférences, notamment à l’Université de Cambridge et au Policy Exchange, un autre think-tank londonien reconnu pour ses travaux de recherche et ses recommandations en matière de politiques publiques, notamment dans les domaines de la sécurité, de l’économie, de l’éducation et des affaires internationales.



