La sécurité juridique et la protection des investisseurs maroco-sénégalais au menu d’une rencontre à Dakar

Dpress
Les enjeux liés à la sécurité juridique des affaires et à la protection des investisseurs marocains et sénégalais ont été au centre d’un débat organisé, mercredi à Dakar, à l’initiative de l’Ambassade du Royaume du Maroc au Sénégal.
Organisée en partenariat avec la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Dakar (CCIAD) et un cabinet d’avocats, cette rencontre, placée sous le thème « Investir au Sénégal : Cadre juridique OHADA (Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires) et enjeux du contenu local », a été l’occasion d’échanger sur l’environnement des affaires, les conditions d’investissement au Sénégal et les moyens de favoriser davantage de synergies entre les opérateurs économiques des deux pays.
S’exprimant à cette occasion, l’ambassadeur du Maroc au Sénégal, Hassan Naciri, a souligné que cette rencontre s’inscrit dans la dynamique des relations anciennes et profondes unissant les deux pays, relevant que, sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et du Président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, le partenariat bilatéral connaît une dynamique dans laquelle l’investissement, l’entreprise et la création de valeur occupent une place croissante.
Il a rappelé, à cet égard, la tenue, les 26 et 27 janvier 2026 à Rabat et Casablanca, de la 15e Grande Commission mixte de coopération et du Forum économique Maroc-Sénégal, qui ont permis de réaffirmer l’ambition commune de mettre à profit les nombreuses opportunités existantes.
Pour le diplomate marocain, l’objectif est de traduire la proximité humaine et culturelle ainsi que la volonté politique exprimée au plus haut niveau en projets, investissements, emplois et partenariats créateurs de valeur. Il a, dans ce sens, mis en exergue l’importance du droit OHADA dans la sécurité juridique des affaires pour les entreprises marocaines souhaitant investir, s’implanter ou développer des partenariats au Sénégal, tout en insistant sur la nécessité de maîtriser son articulation avec la réglementation nationale sénégalaise et le cadre juridique régional.
M. Naciri a, par ailleurs, relevé que le contenu local ne doit pas être appréhendé uniquement comme une exigence à respecter, notamment dans les secteurs des mines et des hydrocarbures, mais aussi comme une véritable opportunité pour développer des partenariats avec les entreprises sénégalaises, favoriser le transfert de compétences et de savoir-faire et créer davantage de valeur au Sénégal.
Cette approche rejoint, a-t-il dit, la conception de la coopération africaine partagée par le Maroc et le Sénégal, fondée sur la complémentarité et l’intégration.
De son côté, le président de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Dakar, Abdoulaye Sow, a relevé que le Sénégal et le Maroc disposent d’un potentiel considérable pour approfondir leurs partenariats, notamment dans les infrastructures, l’agriculture, l’industrie, les services, la finance, les nouvelles technologies, l’énergie et la formation professionnelle.
Pour transformer ce potentiel en résultats durables, il importe de créer les conditions de la confiance, à travers notamment la stabilité des règles, la sécurité juridique des opérations, la transparence des procédures et la capacité des institutions à accompagner les investisseurs, a-t-il estimé, soulignant l’importance du cadre juridique de l’OHADA pour les investisseurs opérant au Sénégal et, plus largement, dans l’espace communautaire.
M. Sow a également plaidé pour le passage d’une logique de présence des entreprises marocaines au Sénégal à une logique de co-investissement, de co-production et de création de chaînes de valeur régionales.
Le contenu local doit, selon lui, être considéré comme un facteur de compétitivité et de création de valeur et non comme une contrainte administrative supplémentaire, en encourageant notamment les partenariats entre entreprises marocaines et sénégalaises, la sous-traitance locale, la formation des jeunes et le transfert de compétences.
Les échanges ont porté notamment sur les principes fondamentaux du droit OHADA, la sécurité juridique et la protection des investisseurs, les principes et pratiques du contenu local au Sénégal, ainsi que sur des cas pratiques techniques et juridiques.
La rencontre a réuni des opérateurs économiques marocains et sénégalais, des représentants d’institutions et d’administrations sénégalaises, ainsi que des experts et des acteurs du monde des affaires.
Créée par le Traité de Port-Louis (Maurice) du 17 octobre 1993, l’OHADA, qui compte actuellement 17 États membres, a pour vocation d’harmoniser le droit des affaires dans ses États membres à travers un cadre juridique commun, destiné notamment à renforcer la sécurité juridique et judiciaire des activités économiques et des investissements.



