monde

L’Afrique doit jouer son rôle d’acteur clé dans la révolution engendrée par l’IA en matière de santé mondiale

Dpress

L’Afrique doit être un acteur clé et « à part entière » dans la révolution engendrée par l’intelligence artificielle (IA) en matière de santé mondiale au lieu de devenir un marché de consommation de technologies conçues ailleurs, a affirmé Hassan Ghazal, expert marocain en santé numérique.

« L’Afrique ne doit pas rester à la marge de cette révolution technologique » en matière de santé mondiale, mais doit plutôt « participer pleinement à la conception, au développement, à la validation, à la gouvernance et à la valorisation des innovations », a indiqué M. Ghazal, président de la Société marocaine de télémédecine et e-santé, dans une interview accordée à la MAP en marge du sommet international TeleHealth Connect 2026, consacré à la télémédecine et la santé numérique.

Le Continent est appelé à produire ses propres connaissances, développer ses solutions et contribuer à définir les modèles et les règles qui encadreront l’intelligence artificielle en santé, au lieu de devenir uniquement un marché pour des technologies conçues ailleurs, ou simplement un fournisseur de données servant à développer des modèles d’IA hors de ses frontières, a-t-il insisté.

Il a, dans cadre, jugé nécessaire que les chercheurs et innovateurs africains doivent participer pleinement à la conception, au développement, à la validation, à la gouvernance et à la valorisation des innovations d’IA en santé, en tenant compte des priorités sanitaires, des populations et des réalités des systèmes de santé africains.

M. Ghazal, également vice-président de la Société marocaine de santé digitale, a appelé les pays africains à développer leurs propres compétences en matière de réglementation de l’IA, d’éthique, de gouvernance des données, d’évaluation des technologies de santé et de propriété intellectuelle, afin de participer à l’élaboration des règles internationales plutôt que d’appliquer des cadres élaborés ailleurs.

En sus, une attention particulière doit être portée à la représentativité des populations africaines dans les données utilisées pour entraîner et valider les modèles d’IA, afin d’éviter que les biais algorithmiques et les inégalités numériques existantes ne se transforment en nouvelles inégalités de santé, a-t-il ajouté.

Il a aussi mis l’accent sur la nécessité de créer davantage de passerelles entre spécialistes de l’IA, médecins, biologistes, professionnels de santé, chercheurs, décideurs publics et innovateurs afin que les développements technologiques répondent à des besoins réels des systèmes de santé africains.

Le membre du Bureau de la Société Internationale de télémédecine et eSanté (ISfTeH) a également recommandé de renforcer les compétences, les infrastructures numériques et les données, les capacités de recherche et de validation clinique, comme il a appelé à développer les écosystèmes locaux d’innovation et des collaborations internationales équilibrées.

L’IA, associée à la télémédecine et à l’exploitation des données de santé, ouvre la voie à une transition d’une médecine essentiellement réactive vers une approche plus prédictive, préventive, personnalisée et participative, a-t-il relevé.

Cependant, la performance technique d’un algorithme ne suffit pas à elle seule à garantir son utilité clinique ou son impact sur la population, a-t-il estimé, précisant que d’autres dimensions cruciales entrent en jeu, notamment la qualité des données, la validation clinique, la sécurité, l’interopérabilité, la protection des données personnelles, les cadres réglementaires et les normes, la propriété intellectuelle, l’intégration dans les pratiques professionnelles et la confiance des patients.

L’un des défis majeurs actuels réside dans la transition de la phase de multiplication des prototypes et des projets pilotes vers des solutions d’IA sécurisées, fiables, accessibles, durables et déployables à grande échelle, a indiqué l’expert marocain.

La réflexion s’est récemment élargie à une autre question majeure : comment faire en sorte qu’une innovation prometteuse utilisant l’IA puisse effectivement parvenir jusqu’au patient et être déployée durablement à grande échelle ?, a-t-il noté.

Cette problématique figure au cœur de la Global Initiative on AI for Health, qui réunit les expertises complémentaires de l’Organisation mondiale de la santé, de l’Union internationale des technologies et de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle dans les domaines de la santé, des technologies et standards, de l’innovation et de la propriété intellectuelle, a-t-il poursuivi.

Le Sommet Telehealth Connect 2026, qui a débuté mardi et pris fin jeudi, a réuni des décideurs politiques, des régulateurs et des experts mondiaux qui ont traité de sujets relatifs notamment au « futur de l’IA en santé: souveraineté, confiance et données », au « financement à long terme de la santé numérique » et à la « cybersécurité dans le domaine de la santé numérique ».

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page