Le Palais de la culture et des sciences de Varsovie, un pan incontournable de l’histoire de la capitale polonaise

Dpress
Que l’on soit simple visiteur ou résident de Varsovie, il est presque impossible de ne pas remarquer cet édifice imposant et incontournable du centre de la ville, le Palais de la culture et des sciences (PKIN), un legs de l’ère communiste jadis honni mais désormais central dans le patrimoine historique de la Ville-Phénix.
Ce surnom a été attribué à Varsovie pour avoir réussi à renaitre de ses cendres, après que 84% de ses bâtiments eurent été détruits durant la Seconde Guerre mondiale. C’est dans ce contexte de reconstruction de la capitale que les dirigeants polonais de l’époque ont voulu doter Varsovie de grands édifices, symboles de la nouvelle Pologne socialiste.
Inauguré en 1955, le PKIN a été conçu par le célèbre architecte soviétique Lev Rudnev, également auteur du bâtiment principal de l’Université Lomonosov à Moscou, qui fait partie des Sept Sœurs que compte la capitale russe. Le bâtiment de 237 mètres de hauteur a nécessité trois ans de travaux, dans un chantier qui a accueilli 10.000 travailleurs venus des anciennes Républiques soviétiques.
Initialement baptisé “Palais de la Culture et des Sciences Joseph Staline”, le PKIN est intimement lié à une période qui reste un mauvais souvenir pour les Polonais, car il symbolise la domination soviétique, marquée par la dictature du Parti ouvrier unifié polonais, la répression des opposants et les crises économiques et sociales successives.
Ce sentiment de rejet est d’ailleurs illustré dans la suggestion formulée en 2010 par le ministre des Affaires étrangères, Radoslav Sikorski, de vendre les droits de démolition du bâtiment, jugé trop coûteux à entretenir. Le ministre était même allé jusqu’à le comparer au mur de Berlin, rappelant, selon lui, la domination soviétique.
Il a expliqué que la destruction du PKIN pourrait symboliser “un moment de catharsis pour la Pologne, la tirant définitivement de son passé communiste”.
En 2017, l’idée refait surface avec le vice-Premier ministre de l’époque, Mateusz Morawiecki, qui avait souligné que “l’idée de faire disparaitre du centre de Varsovie ce vestige de la domination communiste représente un rêve vieux de 40 ans”.
Comptant 3.288 pièces, réparties sur 38 étages, reliés par 33 ascenseurs, le PKIN a symbolisé, durant la période communiste, un exceptionnel statut diversifié en accueillant les congrès du parti unique, des sommets avec des représentants d’autres États communistes, mais également des concerts de musique mémorables comme celui des Rolling Stones en 1967, devenant ainsi le centre politique et culturel du pays.
Ce statut authentique a contribué à mettre fin aux fantasmes de démolition entretenus avec force par certains hommes politique pendant des décennies. Aujourd’hui, les jeunes générations semblent avoir embrassé ce monument et en avoir fait un symbole de la diversité identitaire de leur capitale et de son histoire singulière.
Et c’est bien les musées, les théâtres, les auditoriums, le gymnase, la salle de bal et la piscine, sans compter l’immense salle de congrès de 3.000 places que compte le PKIN, qui ont fini par séduire les Varsoviens, comme en témoigne le taux important de fréquentation de l’édifice.
Le PKIN fait désormais partie intégrante du paysage urbain et de l’histoire de la ville, en plus d’être un symbole de la résilience des Polonais, confie à la MAP, Jacek, un banquier polonais qui visitait le Palais.
“J’aime bien voir dans ce Palais la preuve vivante de notre lutte pour l’indépendance et une partie de notre patrimoine, qui attire des milliers de touristes”, a-t-il relevé.
Pour sa part, Magda, enseignante, accompagnant des élèves pour une visite de la tour, souligne le cachet architectural du Palais qui contraste avec les gratte-ciels modernes qui l’entourent, louant son caractère multifonctionnel qui ne manque pas de séduire tous les goûts.
“Il s’agit du seul bâtiment de style socialiste entièrement préservé de Varsovie et un symbole de la renaissance de la ville après la Seconde Guerre mondiale. Il est important de l’entretenir pour les jeunes générations”, a-t-elle souligné, rappelant que le PKIN a été déclaré monument historique en 2007.
En substance, le PKIN représente une manifestation d’un passé douloureux, devenue une partie appréciée de l’identité de la Varsovie moderne et un pan incontournable de son histoire.



