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Provinces du Sud : la participation politique des jeunes, un enjeu majeur pour le renouvellement des élites

Dpress

Les provinces du Sud du Royaume constituent un modèle avancé en matière de développement local, faisant du renforcement de la participation des jeunes à la vie politique un enjeu majeur pour le renouvellement des élites.

Cette dynamique, qui passe notamment par l’institutionnalisation du rôle des jeunes comme force de proposition et acteurs de la prise de décision, intervient dans un contexte marqué par des réformes électorales et législatives, qui placent l’implication des jeunes au cœur de la réalisation des objectifs du Nouveau Modèle de Développement.

Dans ce contexte, le président du Centre de réflexion stratégique et de défense de la démocratie à Laâyoune, Boubker Hamdani, a souligné que le renforcement de la participation des jeunes doit être appréhendé dans le cadre de la volonté Royale constante de renouveler les élites et de renforcer la participation des nouvelles générations à la gestion de la chose publique.

Dans une déclaration à la MAP, M. Hamdani a relevé que les nouvelles dispositions électorales facilitent l’accès des jeunes âgés de 35 ans au plus à la Chambre des représentants, qu’ils soient présentés par des partis politiques ou sans appartenance partisane. Il a notamment cité la possibilité pour l’État de prendre en charge jusqu’à 75 % des dépenses de la campagne électorale.

Ces mesures traduisent, selon lui, un changement d’approche, l’objectif n’étant plus seulement d’encourager les jeunes à voter, mais de créer les conditions leur permettant de se porter candidats, de concourir et d’accéder aux postes de décision.

M. Hamdani a rappelé que cette évolution s’appuie, dans les provinces du Sud, sur un niveau élevé de participation électorale, comme en témoignent les élections de 2021 qui ont enregistré un taux de 66,94 % dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra et de 58,30 % dans Dakhla-Oued Eddahab.

D’après lui, ces chiffres constituent un acquis sur lequel il convient de capitaliser pour transformer la participation électorale en une représentation effective des jeunes dans les institutions élues et renforcer leur capacité à proposer, à plaider et à contribuer à la prise de décision aux niveaux local, régional et national.

Il a, par ailleurs, souligné que les nouvelles dispositions placent les partis politiques devant une responsabilité accrue, notamment à travers l’obligation de compter au moins un cinquième de personnes âgées de 35 ans au plus parmi les membres fondateurs des nouveaux partis politiques.

La simplification des conditions de présentation des listes de jeunes sans appartenance partisane devrait également inciter les formations politiques à privilégier la recherche et la formation de nouvelles compétences, a-t-il soutenu.

Pour M. Hamdani, le soutien juridique et financier de l’État doit aussi s’accompagner d’une réelle ouverture des partis, fondée sur la compétence, l’intégrité et la capacité à servir l’intérêt général.

Les provinces du Sud disposent, à cet égard, d’une véritable opportunité pour être à l’avant-garde de cette transformation, grâce à la convergence entre la volonté Royale de renouvellement des élites, la dynamique de développement et le niveau élevé de participation électorale.

Les échéances de 2026 devraient, dans cette perspective, permettre de passer d’une participation des jeunes en tant qu’électeurs à une implication en tant que candidats, élus et acteurs agissants dans la prise de décision, a-t-il estimé.

De son côté, le chercheur Taleb Bouya Maelainine a relevé que le renforcement de la participation des jeunes passe par la lutte contre la désaffection politique, leur implication dans l’élaboration des politiques publiques et la consolidation de la confiance entre les jeunes et les institutions.

Il a ainsi appelé les institutions à être davantage à l’écoute des attentes de la jeunesse, notamment dans les domaines de l’emploi, de l’éducation, de la culture, du sport, de l’entrepreneuriat et du développement durable.

M. Maelainine a également préconisé l’institutionnalisation de la participation des jeunes à la prise de décision, à travers leur qualification, leur encadrement et leur implication effective dans les partis politiques, au-delà d’une présence symbolique.

Selon lui, cette participation doit également se traduire par une présence active au sein des conseils des collectivités territoriales, permettant ainsi aux jeunes de contribuer à l’élaboration, au suivi et à l’évaluation des politiques publiques, ainsi qu’au débat sur la gestion des finances territoriales.

Il a enfin insisté sur l’importance d’une implication transparente et intègre des jeunes et de la société civile dans les instances de concertation et de dialogue des collectivités territoriales, afin de contribuer à l’élaboration et au suivi des programmes de développement régional et local.

Ainsi, le renforcement de la participation politique des jeunes dans les provinces du Sud repose sur une approche intégrée alliant plusieurs facteurs, allant des réformes juridiques à la formation politique et civique, en passant par l’accompagnement de la société civile.

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