Législatives 2026: Les femmes rurales de Béni Mellal-Khénifra placent les routes, la santé et la formation en tête de leurs priorités

Dpress
À l’approche des élections législatives prévues le 23 septembre, les femmes du monde rural de la région de Béni Mellal-Khénifra placent une série de questions vitales au rang de leurs priorités, au premier chef l’amélioration de la desserte routière, la mise à niveau des services de santé et le renforcement des opportunités de formation, en réponse à leurs besoins quotidiens et à leurs attentes socio-économiques.
Ces femmes aspirent à voir les programmes électoraux se traduire en projets concrets, tenant compte des spécificités du milieu rural, notamment à travers le désenclavement des douars, le rapprochement des services de base et le renforcement des opportunités de formation et d’insertion économique.
Dans ce sens, Saadia Hamdoun, présidente de la coopérative « Yamna » à Zaouiat Cheikh, estime que l’amélioration de la desserte routière demeure l’une des principales priorités des femmes de la région, expliquant, dans une déclaration à la MAP, que son ambition de réaliser un gîte rural dans la zone se heurte à l’absence d’une route goudronnée.
La coopérative, qui opère depuis 2015 dans la valorisation des produits du terroir, cherche à commercialiser sa production à plus grande échelle, ce qui dépend, selon elle, de l’amélioration des conditions de déplacement et de liaison entre les centres.
Le transport, en particulier le transport scolaire des filles et l’acheminement des femmes vers les lieux de travail, figure également parmi les principales préoccupations, a-t-elle ajouté, considérant que la mise à disposition de moyens de transport adaptés faciliterait l’accès de nombre de femmes aux opportunités d’emploi existantes dans la zone.
De son côté, l’actrice associative Khadija Ben El Maati, présidente de l’association de l’école d’Ouled M’Barek, considère que le renforcement des services sociaux de base, en premier lieu la santé, l’éducation et les routes, constitue également une priorité pour les femmes de la région.
Dans une déclaration similaire, elle a relevé que la création d’un centre de santé de proximité demeure une revendication pressante, au regard des distances que certaines familles doivent parcourir pour accéder aux soins.
Elle a également appelé à améliorer l’offre de soins à travers la réhabilitation des centres de santé et dispensaires existants et leur dotation en personnel médical et infirmier nécessaire, parallèlement à la poursuite de la généralisation de la couverture médicale, en vue d’assurer une prise en charge sanitaire globale à la population de la zone.
Elle a, par ailleurs, évoqué la nécessité d’améliorer les conditions de logement dans plusieurs douars, ainsi que la réhabilitation des établissements scolaires et la mise en place de conditions plus favorables pour la scolarisation des enfants.
Résumant les attentes des femmes de sa zone en quelques revendications essentielles, dont « les routes, le pavage des ruelles et un centre de santé à proximité », elle a estimé que la satisfaction de ces besoins serait de nature à renforcer l’attractivité du milieu rural et à réduire les disparités territoriales.
S’agissant de la formation, Saadia Hamdoun a plaidé pour la mise en place de programmes de formation ciblés au profit des jeunes filles rurales au terme de leur parcours scolaire, ce qui revêt, à ses yeux, une importance capitale pour développer leurs compétences et faciliter leur insertion sur le marché du travail.
La présidente de la coopérative a rattaché ces revendications à la nécessité de renforcer l’autonomisation économique de la femme rurale, estimant que « la femme doit travailler et disposer de son propre revenu », de manière à consolider son indépendance et sa participation à la vie économique et sociale.
Khadija Ben El Maati a, pour sa part, appelé à faire de l’écoute de la femme rurale un processus continu, qui ne se limite pas aux rendez-vous électoraux, considérant que l’implication des femmes des douars dans le diagnostic des besoins de leurs territoires contribuerait à rendre les programmes de développement plus en phase avec les réalités locales.
Sur le plan de la représentation politique, l’actrice associative a souligné l’importance de l’accès de la femme rurale au Parlement, affirmant que les femmes du monde rural sont porteuses d’une vision de développement lucide et capables de formuler des solutions et de proposer des alternatives.
À l’instar de Saadia Hamdoun, Khadija Ben El Maati a tenu à appeler les femmes du monde rural à participer aux prochaines élections, y voyant un moyen de faire entendre leur voix et de porter leurs revendications auprès des responsables et des parties concernées.



