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Congrès de CGLU : Plaidoyer en faveur de la territorialisation de l’Alliance des civilisations

Dpress

Les participants à une session consacrée aux villes civilisationnelles, tenue mercredi à Tanger dans le cadre de la 8e édition du Congrès mondial des Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), ont plaidé en faveur de la territorialisation de l’Alliance des civilisations des Nations Unies, à travers une plus grande implication des collectivités territoriales dans la mise en œuvre de ses objectifs.

Placée sous le thème « Villes civilisationnelles, des Nations Unies aux territoires : pour une localisation de l’Alliance des civilisations », cette rencontre a réuni des représentants de villes ayant, au fil de l’histoire, incarné des espaces de rencontre entre cultures, religions et civilisations, afin d’explorer les moyens de faire des territoires un levier de promotion du dialogue interculturel, de la coexistence et de la confiance entre les peuples.

Intervenant à cette occasion, le vice-président du Conseil communal d’Essaouira, Mohamed El Hallab, a mis en avant l’expérience de la cité des Alizés, historiquement marquée par la rencontre des mondes amazigh, africain, arabe et européen, ainsi que par une tradition de coexistence entre les cultures et les confessions.

Considérant que “les grandes solutions découlent des expériences locales”, il a appelé à la création d’un réseau international des villes civilisationnelles et à un renforcement de leur contribution aux mécanismes internationaux œuvrant pour le dialogue entre les cultures.

Pour sa part, le maire de Şanlıurfa (Turquie), Mehmet Kasım Gülpınar, a relevé que l’identité civilisationnelle d’une ville repose sur la mémoire, la diversité, le dialogue et la continuité, soulignant que les villes constituent les premiers espaces où se construisent les liens humains et la compréhension mutuelle.

Évoquant notamment le site de Göbeklitepe, considéré comme le plus ancien sanctuaire monumental connu au monde, il a affirmé que les villes civilisationnelles doivent aujourd’hui être “les architectes de l’avenir”, en mettant leur héritage historique et culturel au service de la paix et du rapprochement entre les peuples.

De son côté, la troisième vice-présidente chargée de l’Égalité et du Tourisme à la mairie de Cordoue, Maria Antonio Aguilar Rider, a souligné que la culture constitue un instrument essentiel de cohésion sociale et de dialogue, mettant en avant l’héritage multiculturel de sa ville, façonné par les influences romaine, musulmane, juive et chrétienne.

Elle a insisté sur la nécessité de rapprocher les centres de décision des réalités territoriales et de favoriser la participation citoyenne, estimant que les collectivités locales disposent d’un rôle central dans la préservation de la diversité et du vivre-ensemble.

Le maire de Bagdad, Ammar Moussa Kadhim, a, quant à lui, rappelé la profondeur historique de la capitale irakienne, héritière de plusieurs millénaires de civilisation, ainsi que la richesse de sa diversité culturelle, religieuse et ethnique.

Il a, par ailleurs, mis en avant les efforts engagés pour associer les citoyens aux choix de développement de la ville, à travers des mécanismes de consultation et un plan stratégique à l’horizon 2060 visant notamment à améliorer la qualité de vie, renforcer les espaces verts et répondre aux défis environnementaux.

Dans ce sens, le président honorifique de CGLU, Mohamed Boudra, a estimé que « si les civilisations se rencontrent réellement quelque part, ce n’est pas dans les textes, c’est dans les villes », plaidant pour le passage d’une logique principalement diplomatique à une approche davantage territoriale de l’Alliance des civilisations.

« Une ville civilisationnelle ne se reconnaît pas à ses monuments, mais à sa capacité à organiser la coexistence », a-t-il affirmé, soulignant que la confiance constitue une ressource essentielle pour la stabilité des territoires.

À cet égard, M. Boudra a proposé la création d’un réseau mondial des villes civilisationnelles porté conjointement par CGLU et l’Alliance des civilisations des Nations Unies, l’élaboration d’une “Déclaration de Tanger” ainsi que la mise en place d’un laboratoire international dédié à l’expérimentation de cette approche territoriale.

Organisée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la 8e édition du Congrès mondial de CGLU réunit des responsables locaux, représentants d’organisations internationales, experts et acteurs de la société civile pour débattre des enjeux liés à la gouvernance territoriale, au développement durable et à la coopération entre collectivités territoriales.

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