Kénitra à l’heure du 8ème Salon de la compétitivité industrielle automobile

Dpress
La 8ème édition du Salon de la Compétitivité Industrielle Automobile (SCIA) a ouvert ses portes, mercredi à l’Atlantic Free Zone de Kénitra, sous le signe d’un changement de paradigme marquant l’évolution du secteur automobile nationale d’un modèle fondé sur la sous-traitance vers une logique de compétitivité, d’innovation et de création de valeur.
Organisé par l’Association Marocaine pour l’Industrie et la Construction Automobile (AMICA), ce salon de trois jours réunit plus de 200 exposants représentant 12 pays, couvrant l’ensemble des métiers de l’automobile (équipementiers, services d’ingénierie, logistique, maintenance industrielle, startups et centres de formation), avec l’ambition de faire de la compétitivité, de l’innovation et de l’efficacité opérationnelle les piliers de l’industrie automobile marocaine, dans le cadre de la transition vers les véhicules électriques et connectés.
Intervenant à la cérémonie d’ouverture, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a dressé un tableau à la fois ambitieux et lucide de la situation du secteur.
Le Maroc, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a franchi des paliers extraordinaires, s’imposant comme le pays le plus performant industriellement sur le continent africain et le deuxième plus innovant, avec une capacité de production automobile dépassant celle de plusieurs pays européens historiques, a rappelé le ministre.
Sur le plan de la transformation industrielle, M. Mezzour a plaidé en faveur d’une accélération de la robotisation et de l’automatisation des processus productifs, insistant sur la nécessité de faire évoluer le modèle de compétitivité national d’un avantage fondé sur le coût de la main-d’œuvre vers une compétitivité reposant sur la valeur créée par employé.
Il a également appelé à franchir de nouveaux paliers de création de valeur, en passant de la prime de production à la prime d’innovation, avant d’atteindre, à terme, la prime de marque.
De son côté, Badr Lahmoudi, président du SCIA, a mis en avant les trois leviers qui conditionneront la prochaine étape du développement industriel national, à savoir « le renforcement de la compétitivité », « le développement du capital humain » et « l’accélération de la transition énergétique ».
Il a expliqué que la frugalité (capacité à trouver des solutions simples, robustes et efficaces en mobilisant l’intelligence des équipes plutôt qu’une sophistication coûteuse des moyens) et la compacité (levier de productivité, d’économie d’énergie et d’agilité organisationnelle) sont deux notions particulièrement décisives.
M. Lahmoudi a présenté le complexe industriel Stellantis de Kénitra comme une illustration de cette ambition collective.
Avec une capacité de production annuelle de 535.000 véhicules, une usine mécanique produisant 350.000 moteurs par an, une capacité de 135.000 véhicules de micro-mobilité et une diversification vers les sièges automobiles, les batteries et les bornes de recharge, le site de Kénitra s’est imposé, en quelques années, comme l’un des piliers industriels du groupe Stellantis à l’échelle mondiale, a-t-il fait valoir.
Pour sa part, le directeur général de MedZ, Marouane Abdelati, a souligné que l’évolution de l’intitulé du « Salon de la Sous-Traitance Automobile » vers celui de « Salon de la Compétitivité de l’Industrie Automobile » traduit bien plus qu’un simple changement d’appellation. Elle reflète, selon lui, une transformation profonde des ambitions de la filière, désormais tournée vers une production plus performante, plus intelligente et plus durable, en phase avec les exigences de l’industrie de demain.
Il a, en outre, mis l’accent sur le rôle central de l’université et des centres de formation dans le développement de l’écosystème automobile, notant que cette édition du SCIA accorde une place particulière au monde académique, dans le but de renforcer les passerelles entre la formation, la recherche et les besoins de l’industrie.
Quant au directeur général du complexe industriel Stellantis Kénitra, Mounir Kharbouche, il a fait remarquer que la compétitivité de l’industrie automobile ne se limite plus au coût de production, mais repose désormais sur un ensemble de facteurs structurants, notamment la qualité des infrastructures, la performance de la connectivité logistique, l’existence d’un tissu industriel intégré, l’accès à une énergie compétitive et durable, ainsi que la disponibilité d’un capital humain hautement qualifié.
Il a, par ailleurs, relevé que cette édition du salon intervient dans un contexte de profondes mutations, marqué par l’essor de l’électrification, l’intégration croissante de l’intelligence artificielle, le développement des véhicules connectés, la digitalisation des chaînes de valeur et les exigences de décarbonation.
À l’issue de la cérémonie d’ouverture, l’AMICA a signé trois conventions de partenariat respectivement avec le groupe Attijariwafa bank, l’Atlantic Free Zone Investors Association (AFIZIA) et la GMAI (German Moroccan Automotive and Industry / Fédération Germano-Marocaine des Experts de l’Automobile et de l’Industrie).
Le SCIA 2026 se tient dans un contexte où le secteur automobile représente le premier poste d’exportation du Maroc, avec des exportations dépassant 15 milliards d’euros, un taux d’intégration locale de 69%, plus de 280.000 emplois directs et indirects, et une capacité de production d’un million de véhicules par an. Les besoins d’affaires identifiés pour cette édition sont estimés à plus d’un milliard de dirhams.



