Le FIDADOC 2026 célèbre l’héritage cinématographique de Youssef Chahine

Dpress
Le Festival international du film documentaire d’Agadir (FIDADOC) a célébré, mardi, le centenaire de la naissance du réalisateur égyptien Youssef Chahine, figure majeure du cinéma arabe et africain, à travers une rencontre consacrée à son œuvre, son parcours et aux enjeux liés à la préservation de son héritage cinématographique.
Organisé en partenariat avec l’Institut des Afriques, cet hommage s’inscrit dans le cadre de la « Saison Méditerranée 2026 » et propose, à Agadir et à Bordeaux, une série d’activités destinées à faire découvrir ou redécouvrir l’univers du cinéaste, notamment à travers des projections de films restaurés, un DJ set et une plongée sonore et ludique dans son œuvre et sa vie.
S’exprimant à cette occasion, la productrice et réalisatrice égyptienne, Marianne Khoury a rappelé que les célébrations du centenaire ont débuté dès l’automne 2025 dans plusieurs manifestations cinématographiques internationales, avant de se poursuivre en 2026 à travers une série d’événements organisés en Égypte, en Inde, au Japon, aux États-Unis ainsi qu’à l’Institut du Monde Arabe à Paris.
Revenant sur les initiatives destinées à préserver l’héritage du réalisateur, elle a expliqué qu’un important travail de collecte, de classement et de valorisation des archives de Youssef Chahine est mené depuis une dizaine d’années en collaboration avec la journaliste et critique de cinéma, Catherine Ruelle.
« Ce travail a permis de réunir près de trois tonnes d’archives comprenant divers documents, enregistrements sonores et témoignages qui constituent aujourd’hui une ressource exceptionnelle pour l’étude de son œuvre », a-t-elle fait savoir.
Pour sa part, Mme Ruelle, qui a côtoyé et interviewé Youssef Chahine à de multiples reprises tout au long de sa carrière, a rappelé que le projet de regroupement des archives sonores a été lancé peu après la disparition du réalisateur, témoignant ainsi d’une volonté ancienne de préserver et de transmettre son héritage aux générations futures.
Elle a également rappelé que les films du réalisateur, bien que relevant de la fiction, constituent de précieux témoignages sur la société égyptienne et continuent d’influencer plusieurs générations de cinéastes.
La journaliste et critique de cinéma a également plaidé en faveur du renforcement des dispositifs d’archivage et de la multiplication d’événements consacrés à cet héritage, considérant que la transmission et la diffusion des œuvres de ses successeurs constituent le meilleur moyen de perpétuer la mémoire du cinéaste.
À travers cette rencontre et la programmation qui l’accompagne, le FIDADOC entend mettre en lumière l’actualité de l’œuvre de Youssef Chahine, dont le regard humaniste, la liberté de ton et l’audace artistique continuent d’inspirer les nouvelles générations de cinéastes bien au-delà du monde arabe.
À travers des œuvres majeures telles que « Gare centrale » (1958) et « La Terre » (1969), il a porté un regard critique sur les réalités sociales et politiques de son époque, tandis que des films comme « Alexandrie… pourquoi ? » (1978) témoignent d’une démarche plus introspective, explorant sa trajectoire personnelle et sa relation complexe avec les pouvoirs en place.



