Mawazine 2026: À Chellah, Zulu offre un voyage au cœur de la culture capverdienne

Dpress
La chanteuse capverdienne Zulu a embarqué, dimanche soir, le public de Chellah dans un voyage au cœur de l’âme de l’Archipel et de sa mémoire collective, le plongeant dans un univers où poésie et émotion se rejoignent.
La jeune artiste, qui s’est produite dans le cadre de la 21è édition du Festival Mawazine-Rythmes du monde, a offert à son public une immersion culturelle dans son pays, ses traditions et ses figures emblématiques à travers les sonorités de la morna, de la funaná, de la coladeira et du batuque.
Avec une robe aux couleurs vitaminées et des bijoux serpentins accompagnant chacun de ses mouvements, Zulu, de son vrai nom Zuleica Barros, a installé, dès les premières notes, une atmosphère de communion avec un public rapidement conquis par la sincérité de son interprétation et l’intensité de sa présence scénique.
Accompagnée d’Anderson, alternant batterie et guitare, ainsi que d’un guitariste et d’un bassiste, « la princesse capverdienne de la musique thérapeutique » a déroulé un répertoire profondément ancré dans la culture de son pays.
Souvent méditatives, ses chansons en portugais et en créole capverdien ont célébré l’amour inconditionnel, l’attachement à la terre natale, la transmission des traditions et le sentiment d’appartenance.
Après un premier morceau accueilli chaleureusement, Zulu a salué le public marocain, exprimant sa joie de se produire au Royaume, avant d’inviter les spectateurs à chanter, danser et ressentir avec elle l’énergie du Cap-Vert.
Moment particulièrement émouvant de la soirée, Zulu a rendu hommage à son inspiratrice, la légendaire chanteuse capverdienne Cesária Évora, surnommée « la diva aux pieds nus ».
En interprétant « Petit pays, je t’aime beaucoup », elle a célébré celle qui demeure la plus grande ambassadrice de la culture capverdienne à travers le monde.
L’un des instants les plus inattendus du concert est survenu lorsqu’un enfant est monté spontanément sur scène. Sous le regard amusé et surpris du public, il est resté aux côtés de la chanteuse, qui l’a pris dans ses bras avant de poursuivre son interprétation assise en tailleur.
La scène, empreinte de tendresse, a renforcé l’impression d’intimité qui caractérisait déjà le spectacle. Pendant qu’elle chantait, l’enfant est demeuré immobile à ses côtés, comme suspendu dans l’univers musical de l’artiste. Une image qui résumait à elle seule la capacité de Zulu à créer un lien direct et sincère avec son auditoire.
Le concert a également été marqué par l’interprétation de « Festa Santo Santiago » ainsi que d’ »Alma Forte », morceau d’ouverture de son premier EP Briza.
Véritable hommage à la résilience des femmes africaines et capverdiennes, cette chanson célèbre le courage, la dignité et la solidarité féminine.
Zulu explique régulièrement s’être inspirée de sa mère, des femmes de son village de Bofareira, sur l’île de Boa Vista, ainsi que de nombreuses figures féminines qui ont façonné son parcours.
Au fil de la soirée, Zulu s’est abandonnée aux rythmes de ses chansons dans une danse faite de mouvements ondulatoires qui parcouraient tout son corps, où chaque geste semblait épouser les pulsations de la musique.
La tête accompagnait également le mouvement, projetant ses longues tresses dans de larges cercles qui dessinaient dans l’air les courbes de ses mélodies.
La soirée s’est achevée dans une ambiance festive. Refrains repris en chœur, spectateurs debout et mains levées : l’artiste a progressivement effacé la distance entre la scène et le public.
Celle qui confie volontiers dans ses entretiens être une personne réservée s’est révélée sur scène d’une grande générosité, invitant les spectateurs à chanter, à danser et à partager avec elle l’énergie du Cap Vert.
Née à Bofareira, sur l’île de Boa Vista, Zulu s’impose aujourd’hui comme l’une des figures montantes de la nouvelle scène musicale capverdienne. Son univers mêle les grandes traditions de l’archipel, morna, coladeira, batuque et funaná, à des influences contemporaines de jazz, de blues et de soul.
Placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Festival Mawazine – Rythmes du Monde, qui se tient du 19 au 27 juin à Rabat et Salé, continue de s’imposer comme un événement artistique mondial réunissant de grandes stars internationales et arabes, tout en mettant à l’honneur des talents marocains, incarnant ainsi les valeurs d’ouverture et d’échanges culturels à travers la musique.



