Art et Culture

Mawazine : Jaylann et Nacim Haddad signent une soirée aux rythmes marocains authentiques

Dpress

Les artistes marocains Jaylann et Nacim Haddad ont offert, dimanche soir sur la scène Nahda à Rabat, une soirée aux couleurs authentiquement marocaines, devant un public nombreux et passionné, dans le cadre de la 21e édition du Festival Mawazine-Rythmes du Monde.

Dès sa montée sur scène, Khawla Moujahid, plus connue sous le nom de Jaylann, a été chaleureusement accueillie par un public enthousiaste qui l’a saluée en illuminant l’esplanade de milliers de téléphones portables, offrant ainsi un tableau visuel des plus enchanteurs.

La chanteuse a ainsi renoué avec le public du Festival Mawazine, où elle s’était déjà produite il y a 11 ans, en interprétant un florilège de ses plus beaux titres. Sous une pluie d’effets visuels captivants, son célèbre morceau « Ha Wlidi » a ouvert le bal avec une interprétation sublimée par une chorégraphie réalisée par huit danseurs, peignant ainsi un tableau artistique célébrant l’âme du patrimoine marocain.

Les tenues traditionnelles des danseurs, notamment le Selham et le Jabador, ont davantage rehaussé cette fresque scénique aux accents authentiquement marocains.

Soucieuse de diversifier les tableaux de son spectacle, Jaylann a gratifié l’assistance d’une séquence de musique Gnaoua intitulée « Hobak Rouhani » (Ton amour est spirituel), interprétée aux côtés du Maâlem Ayoub El Mrabet. Cette collaboration a insufflé à la soirée une atmosphère empreinte d’une profonde spiritualité marocaine.

La chanteuse marocaine a également revisité plusieurs classiques du répertoire musical marocain, à l’instar de « Lalla Mama » et « El Aar Ya El Aar », offrant ainsi une prestation qui a conquis et transporté le public.

Après ce tableau artistique aux pures nuances marocaines, la scène Nahda a accueilli l’artiste Nacim Haddad, qui a transporté le public, sur les ailes de l' »Aïta », au cœur des méandres du patrimoine musical ancestral du Royaume.

Il a ainsi entamé son spectacle par un extrait de « Aïta Rkoub El Khayl », suscitant la ferveur des festivaliers qui ont vibré et dansé à l’unisson.

Nacim Haddad, qui détient par ailleurs un doctorat en physique nucléaire, a interprété un florilège de chants de l' »Aïta » relatant l’histoire de plusieurs régions du Maroc, à travers des poèmes dont les rythmes et les structures musicales varient selon leur terroir d’origine.

L’artiste a également gratifié le public d’un cocktail de chansons populaires marocaines des plus célèbres, incluant notamment « Moulay Abdellah », « Essalba Salba » et « Khoukom ».

Lors d’une conférence de presse tenue avant le concert, l’artiste a affirmé porter la responsabilité de faire revivre le patrimoine, exprimant son ambition de propulser l' »Aïta » sur la scène internationale en l’exportant comme un genre musical marocain transfrontalier.

L’artiste et chercheur en art de l' »Aïta » a également souligné que ce qui a été révélé jusqu’à présent de cet art ne représente qu’une infime partie d’un immense héritage patrimonial, citant à cet égard le style du « Ratm » propre aux tribus des Chiadma.

De son côté, Jaylann a confié, lors de sa conférence de presse, avoir enfin trouvé le style qui correspond à sa personnalité, à savoir une musique imprégnée de l’esprit de Tamaghrabit.

Placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Festival Mawazine-Rythmes du Monde (19-27 juin), s’impose comme un événement artistique mondial réunissant de grandes stars internationales et arabes, tout en mettant à l’honneur des talents marocains, incarnant ainsi les valeurs d’ouverture et d’échanges culturels à travers la musique.

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