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SIEL : Les enjeux de modernité et les mutations identitaires en Afrique en débat

Dpress

Les enjeux de modernité et les mutations identitaires en Afrique ont été au centre d’un panel organisé, vendredi à Rabat, dans le cadre du 31e Salon International de l’Édition et du Livre (SIEL).

Lors de ce panel, placé sous le thème “Changements culturels, modernités africaines et identités en devenir”, les intervenants ont affirmé que l’Afrique doit inventer sa propre modernité tout en mobilisant le numérique et le progrès technologique afin de renforcer ses identités culturelles.

Pour l’auteur et éditeur malien Ismaïla Samba Traoré, la culture africaine est un “processus dynamique de mobilités”, doté d’une identité construite dans le mouvement, les échanges et les mutations continues.

Considérant le numérique comme un levier essentiel pour construire une “Afrique en réseau”, notamment à travers la coopération culturelle entre le Maroc et le reste du continent, l’écrivain a souligné que la transformation numérique doit servir de catalyseur d’une nouvelle diplomatie intellectuelle, à même de relier les héritages historiques africains aux dynamiques contemporaines mondiales.

Pour sa part, le journaliste et écrivain Christian Eboulé (République centrafricaine) a appelé à une “décolonisation de l’esprit” afin de rompre avec la simple reproduction des modèles hérités et d’emprunter une “voie autonome”. Il a également souligné la nécessité d’un équilibre permettant à l’innovation technologique de renforcer le socle communautaire africain, plutôt que de l’affaiblir.

Selon lui, la modernité africaine n’est pas une fin en soi, mais un processus de sélection et d’adaptation pour construire des sociétés hybrides, résilientes et ouvertes sur le monde, dont “l’afrofuturisme est l’expression la plus aboutie”.

L’auteur Saliou Akin (Guinée-Conakry) s’est arrêté quant à lui sur les mutations culturelles à travers le passage des sociétés rurales aux espaces urbains et l’impact de l’école, d’Internet et de la science sur les comportements. A cet égard, il a souligné que ces évolutions créent parfois un décalage générationnel où certaines traditions sont perçues comme dépassées face aux exigences de la modernité.

L’identité africaine se renforce dans sa capacité à intégrer des influences extérieures sans renier ses racines, a-t-il relevé, notant que la modernité africaine est ainsi pensée comme une adaptation permanente et ouverte, loin des traditions figées.

La modernité africaine, selon les intervenants, repose sur l’articulation entre héritages culturels et dynamiques contemporaines. Elle se construit dans l’adaptation, le métissage et l’usage du numérique, permettant à l’Afrique de s’inscrire dans la mondialisation tout en préservant ses valeurs.

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