La littérature, un outil puissant pour promouvoir les valeurs d’égalité

Dpress
La littérature s’impose comme un outil puissant pour s’émanciper et militer en faveur des droits des femmes et de la promotion des valeurs d’égalité, a indiqué, vendredi à Rabat, l’écrivaine française et Prix Nobel de littérature en 2022, Annie Ernaux.
Bien plus qu’un simple acte d’écriture, la littérature permet à tout un chacun de s’exprimer, de libérer son potentiel et de s’affranchir des contraintes intérieures, sociales ou intellectuelles, a souligné Mme Ernaux, lors d’une rencontre organisée dans le cadre de la 31e édition du Salon international de l’édition et du livre (SIEL) de Rabat.
A cet égard, elle a fait observer qu’elle s’appuie dans ses œuvres sur une “écriture factuelle” basée sur un style simple mais épuré pour en lumière la complexité de la condition humaine, l’évolution des mœurs et les rapports de force entre les classes.
Elle a, en outre, relevé que ses ouvrages ont pour but de restituer la réalité de sa propre vie, en vue d’éveiller les consciences et d’engager une réflexion sur ce qui donne sens à l’existence humaine.
Après avoir rappelé les événements phares ayant marqué sa vie et déclenché en elle le déclic pour l’écriture de nombreuses œuvres telles que “la Place”, “l’Evénement” et “Mémoire de fille”, elle est revenue sur sa propre expérience avec la lecture et l’importance de promouvoir cette pratique auprès des jeunes.
De son côté, l’enseignant-chercheur à l’Université Euro Méditerranéenne de Fès, Abderrahman Tenkoul, a qualifié Annie Ernaux d’exemple inspirant pour les nouvelles générations de par son courage, sa détermination et sa capacité à surmonter les défis et difficultés auxquels elle a été confrontée durant sa carrière.
Figure emblématique de la littérature contemporaine, Annie Ernaux a marqué de son empreinte la scène culturelle internationale à travers des “oeuvres monumentales” qui séduisent par “leur richesse et leur élégance”, a-t-il soutenu, notant qu’elle a réussi à transformer le deuil, le chagrin d’amour, la douleur et la souffrance liée à la maladie en matériaux d’écriture qu’elle a sublimés à travers un style à la fois simple et raffiné.
Revenant sur le parcours prodigieux de cette Prix Nobel, M. Tenkoul a fait remarquer qu’elle s’est distinguée par une approche littéraire détachée des modèles de pensée et d’écriture quasi dominants dans les années 70 et 80.
Contrairement aux écrivains de cette époque dont les œuvres se focalisaient davantage sur l’écriture minimaliste et les thèmes “de l’absence et de l’effacement de l’Homme”, Annie Ernaux s’est intéressée à l’humain et à la société “dans le but de reconstituer la cohérence brisée entre l’être et le monde”, a-t-il précisé.
L’écrivaine a ainsi offert aux lecteurs des œuvres qui interpellent et invitent à la réflexion sur les maux de la société, a-t-il soutenu, estimant que son parcours, qui s’impose comme un symbole de courage, peut servir de leçon et de philosophie de vie.
Cette rencontre, marquée par la présence d’intellectuels marocains et étrangers, a constitué un espace convivial de dialogue et d’échanges enrichissants. Elle a été suivie d’une séance de signature et de dédicace.
Invitée de marque de la 31e édition du SIEL, Annie Ernaux est l’auteure de plusieurs ouvrages, notamment “Les armoires vides”, “Les années” et “Une femme”. Ses œuvres explorent les thèmes de la mort, de la mémoire et de l’amour.
Le SIEL connaît cette année la participation de 891 exposants, dont 321 exposants directs et 570 exposants indirects, représentant le Maroc et 60 pays arabes, africains, européens, asiatiques et américains.



