Conférence de la FAO à Nouakchott : la transformation durable des systèmes alimentaires en Afrique nécessite un financement adéquat

Dpress
La transformation durable des systèmes alimentaires en Afrique nécessite un financement adéquat et une gouvernance efficace et responsable, a affirmé, jeudi à Nouakchott, le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Ahmed El Bouari.
S’exprimant lors de la 34ème session de la Conférence régionale de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) pour l’Afrique, M. El Bouari a indiqué que cette transformation repose également sur le renforcement de partenariats stratégiques, une meilleure efficacité de la dépense publique et la mobilisation de financements innovants, tout en encourageant l’investissement du secteur privé dans les infrastructures, les chaînes de valeur et le capital humain.
Dans cette perspective, a-t-il poursuivi, la sécurité alimentaire s’affirme comme un objectif stratégique nécessitant des engagements financiers soutenus et ciblés, notant que l’ambition de l’Afrique ne se limite pas à produire davantage, mais vise aussi à “transformer durablement nos systèmes agricoles”.
D’autre part, le ministre a relevé que cette session se tient dans un contexte particulier, marqué par une polycrise (climatique, géopolitique et économique) amorcée depuis 2020, et qui a compromis l’atteinte des Objectifs de Développement Durable, en fragilisant la sécurité alimentaire et en ralentissant la trajectoire de développement de l’agriculture africaine.
Dans ce contexte, la résilience s’impose comme une priorité majeure pour l’ensemble des acteurs, appelés à concilier leurs engagements en matière de développement, de durabilité et de souveraineté alimentaire, a-t-il souligné.
Par ailleurs, l’Initiative AAA, forte de son partenariat stratégique avec la FAO, contribue au renforcement du leadership africain en matière d’adaptation de l’agriculture au changement climatique, a-t-il fait observer, rappelant que la dernière session, tenue à Meknès en avril 2025, a permis de consolider plusieurs leviers stratégiques, notamment l’accès au financement climatique, le renforcement de la place de l’agriculture dans les Contributions Déterminées au niveau National, ainsi que l’autonomisation des petits exploitants.
Dans cette dynamique, la 6ème Conférence de l’Initiative AAA se tiendra le 22 avril 2026 à Meknès, en marge de la 18ème édition du Salon International de l’Agriculture au Maroc, a-t-il dit.
Pour sa part, le Premier ministre mauritanien, Mokhtar Ould Ajay, a évoqué les défis internationaux actuels, notamment les perturbations des chaînes d’approvisionnement, les répercussions des changements climatiques, la hausse des prix des intrants agricoles, ainsi que les tensions géopolitiques, estimant que ces enjeux imposent aux États africains d’accélérer le rythme de la transformation agricole et de renforcer leur capacité de résilience et d’adaptation.
Il a, en outre, mis l’accent sur le potentiel important dont dispose l’Afrique lui permettant de devenir le grenier du monde, appelant à placer le secteur agricole au premier rang des priorités, en tant que pilier de la sécurité, de la souveraineté et du développement durable.
Le ministre mauritanien a également mis en exergue l’importance que revêt la Conférence régionale de la FAO en tant que plateforme de convergence des visions et d’intensification des efforts, particulièrement à la lumière des conclusions du Sommet extraordinaire de l’Union Africaine sur le programme détaillé pour le développement de l’Agriculture en Afrique, tenu à Kampala en janvier 2025, ayant adopté la Nouvelle Stratégie Africaine et Plan d’Action 2026-2035.
Placé sous le thème “Pérenniser la transformation des systèmes agroalimentaires en Afrique : innover, s’associer et investir”, cet événement continental constitue une plateforme stratégique pour l’échange d’expertises et d’expériences, ainsi que pour la présentation de visions et de solutions à même de répondre aux problématiques des systèmes agricoles et alimentaires, particulièrement dans le sillage des changements climatiques et des pressions croissantes sur les ressources naturelles.



