Économie

Fintech en Afrique : Mobiliser le capital africain en tant que levier de souveraineté

Dpress

La mobilisation du capital africain pour investir dans les startups africaines constitue aujourd’hui un enjeu critique pour l’indépendance technologique et financière du continent, a affirmé le Directeur général d’Attijariwafa Ventures, Hamza Mikou.

Dans une interview accordée à la MAP en marge de sa participation à la 4e édition du GITEX Africa Morocco sur les dynamiques de financement de l’écosystème, M. Mikou s’est réjoui de la trajectoire actuelle, soulignant que la part du capital continental dans les montants levés par les startups africaines a connu une progression remarquable, passant de 23% à 45% en 2025.

Cette évolution pousse à redéfinir les priorités continentales, a-t-il noté, soulignant qu’”on parle beaucoup de souveraineté des données, mais il faut être pleinement conscient que la souveraineté, c’est aussi plus de capital africain dans les startups africaines”.

Il a également mis en exergue la nécessité vitale d’un investissement qualifié, relevant que les grands groupes panafricains ont une responsabilité et un rôle majeur à jouer, non seulement en apportant leur expertise technique et métier, mais surtout en offrant un accompagnement de proximité pour faciliter l’internationalisation des jeunes entreprises sur de nouveaux marchés.

Pour sa part, la Directrice du pôle acquisition et développement des paiements au sein d’Attijari Payment, Hanane Ghorfi, s’est attardée sur le fort potentiel du secteur des paiements en tant que principal moteur de la transformation financière en Afrique, rappelant que la dynamique est particulièrement prononcée sur le continent, où les paiements digitaux ont franchi le cap historique des 1.100 milliards de dollars de transactions en 2024.

À l’échelle mondiale, ce segment affiche une croissance fulgurante, s’imposant désormais comme l’un des piliers majeurs du Produit Net Bancaire (PNB) des institutions financières, a-t-elle indiqué.

Dans ce cadre, elle a relevé que le paiement agit comme le catalyseur indispensable de l’économie numérique, soulignant que la croissance exponentielle du e-commerce en Afrique et dans la région MENA, estimée entre 20 et 25% par an, est directement portée par la démocratisation de ces transactions électroniques.

Mme Ghorfi a insisté sur l’enjeu le plus structurant de cette révolution, à savoir la valorisation de la donnée, soulignant que chaque opération de paiement génère une masse d’informations exploitables en temps réel, constituant aujourd’hui le socle de plus de 80% des usages de l’intelligence artificielle dans la finance (prévention de la fraude, scoring, personnalisation ou financements embarqués).

Par ailleurs, Hiba Fergag, Product manager Data et IA au sein de la direction Transformation Attijariwafa Bank, s’est penchée sur l’impact technologique, soulignant que l’enjeu africain dépasse la simple innovation pour réinventer la place de la finance dans le quotidien des usagers.

Cette mutation s’articule autour de l’évolution du Mobile Money vers des super-applications multiservices, mais aussi de l’IA, véritable levier pour le scoring des populations non bancarisées et la consolidation de la souveraineté technologique continentale (Data centers, Cloud), a-t-elle ajouté.

Mme Fergag a indiqué que ces avancées, couplées à l’essor de l’Open Banking et de la Blockchain, particulièrement attendue pour optimiser les coûts et délais des transferts transfrontaliers, convergent vers une tendance de fond, à savoir la finance embarquée.

En intégrant nativement les services financiers dans des plateformes tierces (e-commerce, transport, télécommunications), l’Afrique bâtit un modèle de guichet unique qui accélère l’inclusion financière de manière fluide et transversale, a-t-elle conclu.

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