L’intégration africaine, une urgence pour accélérer la transformation du continent

Dpress
L’intégration africaine est devenue une urgence pour permettre au continent de réussir sa transformation, a affirmé, vendredi à Casablanca, le Haut-Commissaire au Plan, Chakib Benmoussa.
« La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) constitue le cadre continental visant l’intégration économique africaine. L’enjeu est d’en faire non seulement un instrument permettant de commercer davantage en Afrique et de stimuler les échanges intra-africains, mais également un cadre permettant de produire davantage ensemble en Afrique et de rehausser la compétitivité des chaînes de valeurs dans le continent », a dit M. Bensmoussa à l’ouverture de la 2ème édition du Casablanca Business Forum.
Dans ce sens, il a rappelé que le Maroc, sous le leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a renforcé la coopération Sud-Sud, favorisé une contribution positive des entreprises marocaines à l’intégration économique africaine et lancé plusieurs initiatives et projets structurants.
La mise en place de la place financière Casablanca Finance City incarne cette foi en une Afrique forte et qui a choisi d’asseoir son intégration financière, a soutenu le Haut-Commissaire au Plan.
Ce Forum, initié par Casablanca Finance City (CFC) sous le thème « Africa’s Next Economic Chapter », a été également l’occasion pour M. Benmoussa de relever que l’Afrique dispose d’un véritable potentiel de développement, notamment avec 1,5 milliard d’habitants (soit 19% de la population mondiale), 60% des terres arables non cultivées au monde et 30% des réserves mondiales de minerais critiques.
Pour lui, la transformation de ce potentiel en réalité suppose de « faire confiance à nos capacités de mobilisation et d’action collective, et de tracer nos propres trajectoires de développement, plutôt que de transposer celles observées ailleurs ».
Le Haut-Commissaire au Plan a, dans ce sens, mis en avant trois points de vigilance tirés de l’expérience marocaine. Le premier consiste à penser les politiques publiques en termes de résilience et d’adaptabilité et non pas simplement en termes d’optimisation de l’affectation de ressources rares.
Le deuxième point de vigilance consiste à ne pas réduire le concept de développement à sa seule dimension économique ou à des moyennes mais à tenir compte du progrès social pour les personnes et les territoires, alors que le troisième porte sur la libération des énergies pour accélérer le développement via, entre autres, l’investissement dans le capital humain.
Parallèlement, M. Benmoussa a indiqué que le développement est aussi facilité par un système d’information statistique de qualité, fiable et pertinent, capable d’observer, mesurer, rendre comparable et piloter, notant que la statistique éclaire la décision, renforce la transparence et oriente l’action publique vers les besoins réels des populations et des territoires.
« L’Afrique dispose d’une architecture statistique constituée de la Charte africaine de la statistique, la Stratégie pour l’harmonisation des statistiques en Afrique et STATAFRIC. Nos systèmes restent toutefois marqués par des écarts de capacités, des données irrégulières, des méthodologies hétérogènes et une coordination insuffisante entre instituts, douanes et banques centrales. Cela nous invite à encourager les initiatives qui ouvrent la voie à des données harmonisées, ouvertes et interopérables. A travers la réforme récente de son statut, le HCP s’inscrit dans cette perspective », a-t-il dit.
Et de conclure : « Notre continent ne manque pas de ressources pour financer son développement. Il doit le faire de manière plus coordonnée, plus efficace et plus souveraine. Nous devons développer collectivement nos capacités à dessiner le futur que nous souhaitons et surtout renforcer notre confiance.
Cette deuxième édition du Casablanca Business Forum a été marquée par une intervention par visioconférence du professeur Philippe Aghion, lauréat du Prix Nobel d’économie 2025, qui est revenu sur les conditions permettant de faire des mutations économiques et technologiques un véritable levier de productivité, de compétitivité et de croissance durable.
Le forum s’est articulé autour de quatre panels consacrés aux grandes transformations qui façonnent l’avenir économique du continent. Les discussions ont porté, ainsi, sur les thèmes « Recomposition mondiale : quels leviers de souveraineté et de croissance pour l’Afrique ? », « L’Afrique face à la compétition mondiale pour les capitaux », « COP 31 : l’Afrique peut-elle transformer ses ambitions climatiques en actions concrètes ? », « Connecter l’Afrique : infrastructures, capitaux et impératif d’intégration » et « Mobiliser les talents : du brain drain à la circulation des compétences ».
Une session a été aussi dédiée à la présentation de la 11ème édition du rapport « Africa Insights » qui est consacrée aux talents en Afrique. Ce rapport propose une analyse des tendances relatives au capital humain, sur des marchés en profonde transformation économique et technologique.
Il analyse les enjeux liés au développement, à la mobilité et à la fidélisation des compétences et identifie les leviers permettant de renforcer le capital humain pour en faire un moteur de compétitivité au service des économies africaines.



