Forum mondial de l’alimentation WFF-2026: la politique marocaine de l’eau présentée à Rome

Dpress
La politique de l’eau au Maroc, axée sur une vision stratégique plaçant la gestion des ressources hydriques comme un enjeu de souveraineté nationale et de résilience face au stress hydrique, a été présentée mercredi à Rome à l’occasion du Forum mondial de l’alimentation WFF-2026.
« Sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI, la politique hydrique est devenue une priorité nationale et un enjeu de souveraineté garantissant l’eau potable à tous et couvrant au moins 80% des besoins d’irrigation sur l’ensemble du territoire », a souligné le directeur général de l’hydraulique au ministère de l’Equipement et de l’Eau, Salaheddine Dahbi, lors du Dialogue de haut niveau sur l’eau.
L’enjeu, a ajouté M. Dahbi, est de garantir à chacun un accès sûr et équitable à l’eau, pour produire et se nourrir, alors que la ressource est de plus en plus rare.
Il a relevé que l’agriculture irriguée représente plus de 80 % de la demande en eau et plus de 75 % des exportations agricoles, alors que la disponibilité en eau est en dessous de 600 m³ par habitant et par an, et que le Royaume sort de sept années consécutives de sécheresse.
Il a, à cet égard, mis en exergue le projet du Plan national de l’eau à l’horizon 2050 fondé sur trois inflexions majeures, à savoir le passage au mix hydrique à travers les barrages, les transferts entre bassins, le dessalement, en plus de la réutilisation des eaux usées épurées et la solidarité axée sur les autoroutes de l’eau.
De même, a-t-il dit, le secteur a été marqué par le passage d’une gestion de court terme, dictée par l’urgence, à une planification de long terme, pensée pour les générations futures.
Ces trois inflexions permettent de mobiliser davantage d’eau et de mieux planifier son usage, a-t-il ajouté, réitérant la disponibilité du Royaume à partager son expérience, en particulier avec les pays africains, dans le cadre de la coopération Sud-Sud.
Par ailleurs, M. Dahbi a fait savoir qu’en matière de gestion d’eau, le Maroc table sur des principes adaptés intégrant les ressources non conventionnelles et la gestion des sécheresses, sur un appui à la connaissance de l’eau (comptabilité de l’eau, télédétection, mesure des prélèvements), et sur des financements qui accompagnent aussi la gouvernance, dont la finance climat.
Plateforme internationale dédiée à la promotion de la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE), le Dialogue de Rome sur l’eau vise à renforcer la sécurité alimentaire et hydrique à l’échelle mondiale, tout en encourageant une approche intégrée qui associe la gestion de l’eau, des terres et des sols.
Ce dialogue mondial rassemble un large éventail d’acteurs, notamment des décideurs politiques, des praticiens, des représentants du monde universitaire, du secteur privé et des jeunes, afin de présenter et de promouvoir des solutions innovantes pour une agriculture résiliente.



