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La prise de décision dans le monde arabe requiert une connaissance stratégique de qualité

Dpress

La prise de décision dans le monde arabe exige aujourd’hui la production d’une connaissance stratégique de qualité, face à la complexité des défis futurs et à l’incertitude croissante dans l’élaboration des politiques nationales, a affirmé le journaliste et politologue égyptien Suleiman Jouda.

Dans une interview accordée à la MAP en marge du 47e Moussem culturel international d’Assilah, M. Jouda a souligné que les centres de réflexion (think tanks) ne constituent nullement un luxe ou un effet de mode, mais sont une nécessité vitale pour éclairer les décideurs arabes dans un contexte régional et international mitigé.

Selon l’analyste politique, anticiper l’avenir nécessite des outils et des indicateurs de prospection avancés, une tâche ardue qui impose le recours à des expertises multidisciplinaires.

L’élaboration de scénarios prospectifs ne se limite plus à déterminer un horizon prévisible, mais exige des prévisions adaptatives, flexibles et évolutives intégrant différents agendas, avertit M. Jouda, notant la nécessité de mettre en place des scénarios s’étendant aux horizons 2040, 2050, 2060, voire jusqu’à la fin du siècle, dans le cadre d’une vision prospective qui ne s’arrête pas à la durée de vie naturelle du planificateur, mais qui bâtit un environnement pour les générations futures.

Dans ce sens, le politologue égyptien a indiqué que de nombreuses questions, autrefois sectorielles et traitées de manière isolée, revêtent désormais un caractère stratégique à long terme, ce qui requiert la mobilisation de l’ensemble des forces intellectuelles nationales afin de concevoir des plans et évaluations ancrés dans les réalités sociales, politiques et économiques locales, loin de tout modèle importé.

L’expertise scientifique dont ont besoin les centres de réflexion dans la région arabe se distingue par son caractère interdisciplinaire, car, a-t-il dit, l’avenir de l’histoire politique mondiale est façonné par l’interaction de facteurs politiques, économiques, démographiques, environnementaux et culturels.

Il a considéré, par ailleurs, que l’éducation est un levier central qui conditionne l’efficacité des centres de réflexion stratégique, relevant qu’un enseignement de qualité est le seul garant de l’émergence de compétences capables d’analyser les mutations actuelles et de proposer des réponses adaptées aux besoins réels des pays de la région.

Et de noter que le niveau d’éducation n’est pas un simple facteur qui détermine la qualité de l’expertise stratégique produite, mais constitue une garantie de l’adéquation des visions prospectives avec les besoins réels du pays et ses aspirations au sein du système régional et international.

D’autre part, le journaliste note que les centres de réflexion des grandes capitales mondiales opèrent dans un vaste espace, incitant le décideur à être à l’écoute de leurs travaux, une « voie qu’il est grand temps d’emprunter dans le monde arabe », citant à titre d’exemple les politiques américaines successives qui révèlent que leurs schémas et leurs fondements scientifiques et prospectifs ont été conçus dans des centres de réflexion avant d’intégrer l’administration exécutive, en privilégiant la continuité, indépendamment de l’alternance des gouvernements.

Les débats du Moussem culturel international d’Assilah consacrent, au fil des éditions, l’importance de s’appuyer sur les apports de la pensée stratégique pour décortiquer la complexité des problématiques soulevées tant au niveau national qu’international, a-t-il conclu.

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