D’Al Jazeera au gouvernement : le Maroc va-t-il réhabiliter Abdelsamad Nasser, fidèle à sa patrie, en lui confiant le portefeuille de la Communication ?

Dpress
Abdessamad Nasser, une voix marocaine qui a marqué l’aventure d’« Al Jazeera », pressenti pour le portefeuille de la Communication et le poste de porte-parole du gouvernement.
Ces derniers jours, le nom du journaliste marocain Abdessamad Nasser domine les discussions sur les réseaux sociaux. De nombreuses pages et comptes le citent comme candidat potentiel au poste de ministre de la Communication et de porte-parole du gouvernement, dans l’attente de ce que révéleront les autorités officielles, qui n’ont jusqu’à présent émis aucune confirmation à ce sujet.
Ceux qui relaient cette hypothèse s’appuient sur le riche parcours professionnel que l’homme a construit pendant un quart de siècle. Il a rejoint l’équipe de la chaîne qatarie en mai 1997, c’est-à-dire dans les premières années de son lancement, devenant ainsi l’un des visages fondateurs qui ont fait le rayonnement d’« Al Jazeera » information. Il est resté présentateur sur la chaîne pendant plus de 26 ans, au cours desquels il a acquis une vaste expérience dans l’animation du débat politique, la couverture des grands événements et la gestion des dossiers sensibles, autant de compétences qui, selon beaucoup, le qualifient pour la mission de communication au sein du nouveau gouvernement.
Cependant, ce qui a ancré la place d’Abdessamad Nasser dans le cœur des Marocains n’est pas uniquement son parcours professionnel, mais aussi sa position patriotique, pour laquelle il a payé un prix fort. En 2023, il a annoncé que la direction de la chaîne l’avait informé de la fin de son contrat, à la suite d’un tweet dans lequel il défendait la dignité de la femme marocaine et critiquait l’attaque des médias officiels algériens contre le Maroc. Le directeur de l’information de la chaîne, de nationalité algérienne, l’avait contacté pour lui demander de supprimer ce tweet, ce qu’il a refusé, estimant que cela relevait de la liberté d’expression dans un espace qui n’engage pas la chaîne. Cet épisode a ouvert à l’époque un large débat sur l’influence d’un certain nombre de journalistes algériens au sein de la chaîne et sur leur poids dans ses décisions. Il a également déclenché une immense vague de solidarité, au cours de laquelle les Marocains ont brandi le slogan « Nous sommes tous Abdessamad Nasser ». Ses collègues marocains du réseau lui ont même organisé une cérémonie d’hommage à Doha, en signe de fidélité envers un homme resté attaché à ses principes.
Nasser a ainsi choisi de renoncer à une position prestigieuse, à d’importants avantages matériels et moraux et à un salaire attrayant, préférant se ranger du côté de sa patrie et de ses causes, en tête desquelles l’intégrité territoriale du Royaume, plutôt que de transiger sur ses convictions.
C’est pourquoi des observateurs voient dans la circulation de son nom pour ce poste, si elle se confirme, un message symbolique fort : l’État marocain n’oublie pas ses fils loyaux qui se tiennent en première ligne pour défendre ses constantes. Ce serait aussi une réhabilitation pour un journaliste qui a affronté les adversaires avec courage et constance, en plus d’être un choix alliant compétence professionnelle et engagement patriotique, et offrant au discours gouvernemental une voix dotée d’une expérience internationale dans l’art de la persuasion et de la communication.
Entre la large diffusion sur les réseaux sociaux et l’attente de l’annonce officielle, Abdessamad Nasser demeure, aux yeux d’une large frange de Marocains, un modèle de journaliste ayant fait de la devise « Dieu, la Patrie, le Roi » la boussole de son parcours, quel que soit le poste qu’il occupera à l’avenir.



