Programmes électoraux : La culture érigée en vecteur de développement

Dpress
La culture s’affirme comme une composante à part entière dans les différents programmes électoraux des partis politiques en lice pour les Législatives du 23 septembre, témoignant ainsi d’une évolution notable dans la manière d’appréhender la chose culturelle par la sphère politique.
Loin d’être perçue comme un simple « luxe intellectuel », la culture est désormais érigée en levier de développement économique et social et vecteur de promotion de l’identité nationale plurielle et de renforcement du rayonnement du Royaume.
Cependant, la question culturelle est abordée par les programmes électoraux sous différentes approches, certaines privilégiant une logique d’investissement, assortie d’indicateurs chiffrés, au moment où d’autres mettent davantage l’accent sur la portée identitaire de la culture et son rôle au sein de la société.
En effet, plusieurs programmes politiques ont accordé une place importante à l’investissement dans la culture, en incluant des engagements explicites à augmenter le budget alloué au secteur, et en proposant une vision axée sur l’intégration des industries culturelles et créatives dans le tissu économique. Le but étant d’accroître la part de ces industries dans le produit intérieur brut, au point de devenir un véritable vivier pour la création d’emplois.
D’autres propositions misent également sur la capacité de ces industries à promouvoir les secteurs du cinéma, de la musique, de l’édition et des jeux vidéo, tout en appelant à consolider les mécanismes dédiés au soutien des manifestations artistiques et culturelles.
Sur le plan des infrastructures, les engagements des partis politiques en lice mettent en avant « la démocratisation » de l’accès à la culture, à travers des propositions portant sur la création d’espaces culturels de proximité, la construction et la rénovation des salles de cinéma et des théâtres ainsi que le renforcement de l’offre en matière de bibliothèques et centres culturels publics.
D’autres approches jettent la lumière sur la culture et les valeurs, avec un accent particulier sur le soutien des contenus numériques et médiatiques constructifs afin de protéger la mémoire nationale.
Ces programmes préconisent de faire de la « diplomatie culturelle » la pierre angulaire de la vision de développement, et de l’héritage culturel un « soft power » à même de renforcer le rayonnement international du Royaume. Un plaidoyer est également lancé en vue de capitaliser sur le capital immatériel des Marocains du monde et de consolider les liens des générations montantes avec leur identité.
La mise en œuvre effective du caractère officiel de l’Amazigh a constitué un point commun phare des divers programmes électoraux, où les engagements ont dépassé le simple stade des slogans et pris la forme d’indicateurs concrets et chiffrés.
Ces engagements portent sur la généralisation de l’enseignement de l’Amazigh dans les écoles, son usage dans les administrations et les tribunaux, son intégration dans l’espace numérique et dans les documents officiels, outre la valorisation de la culture Hassanie et des autres affluents de l’identité nationale.
Une attention particulière est aussi accordée au volet humain : les différentes visions convergent autour de la consolidation de la protection sociale des professionnels des arts, notamment en matière de couverture médicale, de retraite et de contrats types.
Ces tendances confirment que l’offre politique pour les élections législatives du 23 septembre a fait émerger une véritable prise de conscience de l’importance du secteur culturel. Toutefois, le défi majeur réside dans la capacité à traduire ces promesses et engagements électoraux en politiques publiques concrètes et efficaces, au service de la promotion du capital humain et immatériel du Royaume.



