Rabat : La musique fado, moyen “le plus intime et authentique” pour découvrir Lisbonne

Dpress
La musique fado constitue la voie « la plus intime et authentique » pour découvrir la mémoire, l’histoire et l’identité de Lisbonne, a affirmé, jeudi au Théâtre National Mohammed V de Rabat, le co-producteur du Fado Festival Maroc, Rodrigo Costa Félix.
S’exprimant lors d’une conférence inaugurale placée sous le thème « Le Fado et ses quartiers », dans le cadre de la 9e édition du Fado Festival Maroc, M. Costa Félix a souligné que cette tradition musicale urbaine, née il y a près de deux siècles dans les milieux populaires, est indissociable de la géographie et de l’histoire des quartiers historiques de la capitale portugaise.
L’intervenant a ainsi passé en revue les hauts lieux de la mémoire lisboète qui ont accompagné la naissance et l’éclosion du fado, à commencer par le quartier de la Mouraria, berceau historique de cette expression artistique.
Tirant son nom de l’héritage mauresque, ce quartier incarne, selon lui, la « forte connexion historique et culturelle » entre le Portugal et le monde arabe, rappelant que la nostalgie poétique du fado y trouve une partie de ses racines ancestrales.
M. Costa Félix, également chanteur et parolier, a mis en lumière le rôle central du quartier de l’Alfama, véritable « âme et mémoire » du fado, dont la structure urbaine, composée de ruelles étroites et d’escaliers, ainsi que sa vie de voisinage, a permis de maintenir vivante la transmission orale de ce patrimoine, classé en 2011 sur la liste du Patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO et abritant le prestigieux Musée du Fado.
Il a en outre abordé l’apport majeur des quartiers situés sur la colline opposée de la ville, notamment Bica et Madragoa, marqués par l’ambiance populaire des marins, des pêcheurs et des fêtes traditionnelles, ainsi que le Bairro Alto, où ont vu le jour, à la fin du XIXe siècle, les premières « casas de fado » (maisons de fado) qui continuent aujourd’hui d’entretenir la tradition des concerts acoustiques.
S’attardant sur l’évolution poétique et musicale du genre, l’artiste a souligné le rôle pionnier de la diva Amália Rodrigues, qui a opéré une métamorphose majeure en introduisant les textes des plus grands poètes érudits portugais dans ce répertoire populaire, donnant ainsi au fado une nouvelle dimension poétique et culturelle.
M. Costa Félix a, par ailleurs, expliqué que le sentiment de « saudade », cette nostalgie poétique propre à l’âme portugaise, ainsi que l’usage de la guitare portugaise et des sonorités en mode mineur confèrent au fado une profondeur émotionnelle universelle, lui permettant de toucher les publics du monde entier tout en restant profondément ancré dans la culture portugaise.
Placée sous le thème « Le Fado et les quartiers de Lisbonne », la 9è édition du Fado Festival Maroc se poursuit jusqu’au 11 septembre à Rabat, proposant au public une immersion culturelle à travers des conférences, des projections et des concerts interprétés par des figures éminentes de la scène portugaise contemporaine.
Evénement itinérant consacré à la promotion du fado et de la culture portugaise, le festival poursuit son développement à l’international. Cette année, il signe sa 16e édition mondiale et se déploie dans 21 grandes villes d’Europe, d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie.



