“L’acteur, pilier du projet cinématographique, doit être aimé et protégé”

Dpress
Pilier de tout projet cinématographique, l’acteur doit bénéficier de toutes les conditions nécessaires pour se sentir en sécurité et libérer son plein potentiel créatif, a affirmé le réalisateur marocain Noureddine Lakhmari.
Le réalisateur, qui animait mercredi une Master Class dans le cadre de la 7e édition du Festival Ciné-Plage Harhoura, a indiqué qu’il attache une plus grande importance aux personnages de ses œuvres qu’aux péripéties de l’histoire qu’elles racontent. Il s’agit, selon lui, de personnages complexes, ni bons ni méchants dans l’absolu, d’où son souci de bien choisir l’acteur et de tisser avec lui une relation humaine, lors de la longue période de préparation et sur le plateau de tournage.
Tout en reconnaissant l’importance de l’image et de l’esthétique cinématographiques, M. Lakhmari a considéré le visage de l’acteur comme la meilleure des scénographies. Invoquant ses expériences avec des artistes chevronnés comme feus Mohamed Majd et Mohamed Benbrahim ou encore avec Raouia, Rafik Boubker et Said Bay, il a noté que le réalisateur doit être à l’écoute du comédien et savoir stimuler sa mémoire émotionnelle pour en faire un créateur de personnage et de situations et non pas un simple technicien ou exécuteur d’ordres.
L’acteur marocain se donne à fond lorsqu’il a pleine confiance dans le projet et l’équipe qui le chapeaute et lorsqu’il connaît suffisamment le background culturel et psychologique du personnage qu’il va camper, a relevé M. Lakhmari, ajoutant qu’il incombe au réalisateur de l’accompagner sur le plan technique (maquillage, tenues, expression vocale et gestuelle…).
Le réalisateur de « Casanegra » a insisté, d’autre part, sur l’importance de faire émerger un écosystème industriel prospère pour favoriser la création de stars locales du 7ème art, voyant là un enjeu économique mais aussi symbolique puisque les jeunes marocains aspirent à voir sur le grand écran des héros ancrés dans leur réalité locale et leur environnement social.
Pour lui, l’artiste marocain a tout le talent qu’il faut pour accéder au statut de star, si l’on sait l’accompagner et valoriser sa situation socio-économique pour mettre son talent au service de l’industrie cinématographique.
Lors de cette rencontre modérée par l’actrice Bouchra Ahrich, Noureddine Lakhmari est revenu sur les étapes clés de son parcours qui a débuté dans sa ville natale Safi et s’est poursuivi en Norvège où il a étudié le cinéma, avant de retourner au Maroc pour réaliser des films inspirés de la société marocaine contemporaine.
Après une série de courts-métrages réalisés en Norvège, le cinéaste a enrichi la cinématographie nationale par plusieurs longs-métrages dont « Le regard », « Casanegra », « Zéro », « Burn Out » et récemment « Mira ».



