Rabat : Célébration des 70 ans des premières rencontres internationales de Toumliline

Dpress
Les travaux des « Rencontres internationales de Toumliline 2026 », ont été ouverts, lundi à Rabat, sous le thème « Faire mémoire pour ancrer l’Altérité », en célébration des 70 ans de ces rencontres (1956-2026).
Placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, cet évènement organisé par l’Académie du Royaume du Maroc et la Fondation Mémoires pour l’Avenir, s’interroge sur l’héritage foisonnant de ces rencontres, leur postérité et leur actualité renouvelée, avec un focus sur le rôle de la mémoire dans la construction d’un rapport paisible et apaisé à l’Altérité et aux différences, notamment religieuses.
A cette occasion, M. André Azoulay, Conseiller de SM le Roi, a souligné que le Maroc a « fait de son histoire le réacteur central de ses engagements et de son leadership », notant que les rencontres internationales de Toumliline illustrent « ce que le Royaume sait faire de mieux lorsqu’il s’agit de donner à notre ADN, en tant que Marocains, la juste mesure de ce que nos diversités peuvent nous apporter ou nous ont apporté ».
« À Toumliline, nos spiritualités, nos engagements et nos convictions se sont donnés rendez-vous pour explorer et conceptualiser cet art de tous les possibles que le Maroc a incarné et incarne aujourd’hui encore », a-t-il soutenu dans une vidéo pré-enregistrée.
Rappelant que les premières rencontres de Toumliline ont été tenues sous le Haut Patronage de Feu Sa Majesté Mohammed V, M. Azoulay a salué « l’engagement visionnaire et pionnier des Souverains du Royaume », relevant que l’esprit de Toumliline ne cesse de guider et d’inspirer.
Et d’ajouter que le Maroc a su résister à toutes les tentations de déni de l’autre et de repli, soulignant que lesdites rencontres incarnent « notre résistance à l’amnésie ».
De son côté, la Présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Amina Bouayach, a fait remarquer qu’à l’heure où les fractures identitaires, les discours de haine et les tentations de repli se multiplient, le Conseil a renouvelé son approche d’action en érigeant la préservation de la mémoire en un véritable levier de cohésion sociale et de promotion de l’universalité des droits humains.
Selon elle, la mémoire est d’abord une responsabilité avant d’être un héritage. Il s’agit d’une responsabilité civile, politique, en ce sens qu’elle fonde la vigilance et la résilience d’une société, et éthique, puisqu’elle rappelle que la préservation de la dignité humaine ne peut se faire que par un engagement collectif et commun.
Faire mémoire implique, à cet effet, l’identification des signes précurseurs des ruptures démocratiques et la transformation de l’expérience historique en une capacité collective de prévention, a-t-elle expliqué, signalant que l’expérience de Toumliline constitue un exemple inspirant de dialogue interculturel, construit en dehors des cadres institutionnels classiques.
Ces rencontres sont nées d’une idée simple et avant-gardiste: celle de rassembler des personnes différentes venant échanger autour de leurs « désaccords », trois mois seulement après l’indépendance du Maroc, a fait savoir pour sa part la Présidente de la Fondation Mémoires pour l’Avenir, Lamia Radi.
Ces événements ont laissé une empreinte profonde dans l’esprit et la mémoire de centaines de participants, car Toumliline c’était aussi « une grande joie d’être ensemble », a-t-elle dit.
Le président de l’Université Al Akhawayn, Amine Bensaïd, a quant à lui jugé important de capitaliser sur l’Intelligence Artificielle pour consolider davantage les valeurs de dialogue et d’ouverture prônées par les Rencontres de Toumliline.
Il est également revenu sur le Dahir portant création de l’Université Al Akhawayn, qui rappelle « la vocation historique et culturelle du Maroc, terre arabo-africaine qui occupe une position géostratégique privilégiée, s’érigeant ainsi en un espace de rencontre, de liberté, de tolérance et de compréhension entre les peuples et les civilisations », considérant que ces valeurs constituent une véritable boussole pour l’action de l’Université.
Pour l’Archevêque du Diocèse de Rabat, le Cardinal Cristobal López Romero, ces rencontres incarnent un esprit d’ouverture et d’unité à travers la création d’un espace de dialogue interculturel et interreligieux où l’altérité est acceptée non pas comme un problème, mais comme une opportunité pour créer « le nous inclusif » en dépit des différences.
Quant à la ministre conseiller à l’Ambassade de l’Ordre Souverain de Malte, Sophie de Puyraimond, elle a affirmé que l’Ordre de Malte, qui entretient des relations diplomatiques avec le Royaume depuis quarante ans, a soutenu l’initiative de réfection de la chapelle du monastère de Toumliline, « une action cruciale au regard de la portée symbolique de ce haut lieu de spiritualité et de fraternité ».
Affirmant que l’histoire de Toumliline, partie intégrante de la mémoire du Royaume, continue toujours de vivre, le Prieur du Monastère d’En-Calcat, le Père Abbé Maximilien, a remercié, pour sa part, le Maroc pour l’accueil réservé aux premiers moines en 1952, faisant part de la volonté d’En-Calcat de mettre ses archives à la disposition de la dynamique de revitalisation de cette mémoire.
Les rencontres internationales de Toumliline 2026, qui se poursuivent jusqu’au 08 juillet, réunissent notamment des institutionnels, des universitaires, d’anciens participants marocains et étrangers aux Rencontres et des acteurs de la société civile.



