Projection à Rabat du documentaire “Meqbouline, les hôtes de Toumliline”

Dpress
Le documentaire « Meqbouline, les hôtes de Toumliline » a été projeté, lundi à Rabat, à l’occasion de la célébration du 70e anniversaire des Rencontres internationales de Toumliline 2026.
Cette projection, organisée à l’Académie du Royaume du Maroc en partenariat avec la Fondation Mémoires pour l’Avenir, vise à revisiter l’héritage des rencontres fondatrices de Toumliline et interroger leur actualité à l’aune des défis contemporains liés au dialogue, au pluralisme et au vivre-ensemble.
Réalisé à partir d’archives filmées et de témoignages recueillis au Maroc et en France, le documentaire retrace l’histoire du monastère bénédictin de Toumliline, fondé en 1952 sur les hauteurs d’Azrou, devenu au fil des années un lieu singulier de rencontre entre une communauté de moines chrétiens et les populations marocaines musulmanes et juives.
Le film met en lumière une expérience humaine et spirituelle fondée sur l’acceptation réciproque et l’ouverture à l’autre, illustrée notamment par la tradition marocaine de la ziyara maqboula (la visite acceptée), qui a donné son titre au documentaire et inspiré l’appellation de « Meqbouline » attribuée aux moines de Toumliline par les habitants de la région.
À travers cette expérience, le monastère s’est progressivement imposé comme un espace de dialogue entre les spiritualités et les cultures, favorisant l’émergence d’une dynamique d’échange où les différences religieuses n’étaient pas perçues comme des facteurs de division, mais comme des sources d’enrichissement mutuel.
Le documentaire revient également sur la dimension sociale et éducative de cette aventure humaine, à travers les témoignages d’anciens bénéficiaires des actions menées par les moines en faveur des populations locales, notamment dans les domaines de l’éducation, de l’apprentissage et de l’accompagnement des jeunes issus de milieux modestes.
Dans une déclaration à la MAP, la présidente de la Fondation Mémoires pour l’Avenir, Lamia Radi, a souligné que le film raconte avant tout une histoire d’acceptation réciproque entre les moines bénédictins et la société marocaine, relevant que ces religieux ont été accueillis par les Marocains musulmans et juifs, tandis qu’ils ont eux-mêmes ouvert leur monastère aux habitants de la région dans un esprit de partage, de liberté et de dialogue.
Mme Radi a indiqué que le choix d’Izza Génini pour réaliser ce documentaire s’explique par son parcours consacré à la valorisation du patrimoine marocain, notamment populaire et oral, estimant qu’elle disposait de la sensibilité nécessaire pour raconter l’histoire singulière de Toumliline.
Placées sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, les rencontres internationales de Toumliline 2026, qui se tiennent sous le thème « Faire mémoire pour ancrer l’Altérité », se poursuivent jusqu’au 08 juillet et réunissent notamment des institutionnels, des universitaires, d’anciens participants marocains et étrangers aux Rencontres et des acteurs de la société civile.



