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Plaidoyer à Ifrane pour une approche intégrée de protection des ressources naturelles face aux menaces des activités criminelles

Dpress

Les participants à une rencontre, organisée mercredi à Ifrane, ont souligné la nécessité du renforcement de la coordination et de la coopération entre les différents acteurs institutionnels, sécuritaires et judiciaires afin de protéger les ressources naturelles et la biodiversité du pays face aux menaces croissantes des activités criminelles.

Intervenant à l’ouverture de cette rencontre de trois jours, initiée conjointement par la Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN) et l’Agence Nationale des Eaux et Forêts (ANEF), le contrôleur général Tariq El Bazi, directeur de l’Institut Supérieur des Sciences de la Sécurité d’Ifrane a relevé que certaines pratiques illicites, notamment la coupe illégale des arbres ainsi que le transport, le stockage et le commerce illicites des produits forestiers, nuisent considérablement aux écosystèmes et à la biodiversité, plaidant pour une approche intégrée combinant intervention de terrain, enquête judiciaire, suivi du renseignement et contrôle sécuritaire.

M. El Bazi a salué les efforts déployés par les différents services sécuritaires, judiciaires et administratifs, en particulier l’Agence Nationale des Eaux et Forêts, la Direction Générale de la Protection Civile, la Gendarmerie Royale, la Direction Générale de la Sûreté Nationale, ainsi que l’Administration des Douanes et Impôts Indirects, sous la supervision des parquets compétents.

Il a également mis l’accent sur le rôle fondamental de la jurisprudence dans la consolidation d’un cadre juridique garantissant la protection de l’environnement et du patrimoine naturel, tout en accompagnant l’évolution des formes de criminalité environnementale, afin de renforcer l’efficacité de la justice dans le traitement des affaires liées aux atteintes aux ressources naturelles et à la biodiversité.

De son côté, le chef du département du domaine forestier à l’ANEF, Abdelkader Benabou a estimé que la protection de l’environnement et des ressources naturelles nécessite un renforcement continu de la coordination entre les différents acteurs institutionnels, sécuritaires et judiciaires, relevant que les atteintes aux ressources forestières, à la faune sauvage et à la biodiversité prennent de plus en plus la forme d’une criminalité organisée, parfois à caractère transfrontalier.

Il a souligné que la forêt marocaine, qui est au cœur de la stratégie nationale « Forêts du Maroc 2020-2030 » lancée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, n’est plus seulement une ressource naturelle mais un patrimoine écologique et économique vital confronté à de multiples défis. Outre les effets du changement climatique, les écosystèmes forestiers subissent, selon le même responsable, des pressions croissantes liées aux activités criminelles visant les formations forestières et la faune sauvage.

M. Ben Abbou a fait savoir que l’ANEF a enregistré au cours des trois dernières années une moyenne annuelle de près de 8.000 procès-verbaux liés à des infractions forestières, notant toutefois une baisse significative de ces infractions grâce aux efforts conjoints de l’Agence, de la Gendarmerie Royale, de la Sûreté nationale, de l’Administration des douanes, des autorités judiciaires, du ministère public et de l’administration territoriale.

Le responsable a cité, à cet égard, la signature de conventions avec plusieurs acteurs sécuritaires et judiciaires pour consolider la coopération juridique, promouvoir l’échange d’expertises et renforcer la coordination opérationnelle et la prévention des crimes environnementaux.

Dans une déclaration à la MAP, le commandant de paix principal, Youssef Salik adjoint au directeur de l’institut supérieur des sciences de la sécurité d’Ifrane a souligné l’importance de cette rencontre qui intervient dans le cadre de la mise en œuvre de de la convention de partenariat entre la DGSN et l’ANEF au service de la protection des ressources naturelles et la prévention des crimes environnementaux.

Cette rencontre, a-t-il dit, se veut une plateforme d’échange entre responsables institutionnels, de magistrats, d’experts et de représentants de plusieurs administrations concernées par la protection des ressources naturelles et la lutte contre les crimes environnementaux, pour mettre en place une approche concertée visant à lutter et prévenir ces actes qui nuisent au patrimoine forestier et écologique national.

Cette rencontre s’articule en plusieurs axes en lien notamment avec le renforcement des mécanismes de prévention et de lutte contre les crimes affectant le patrimoine forestier et la faune sauvage, à travers l’action coordonnée du ministère public, des services de sécurité, de l’Agence nationale des eaux et forêts et des autres intervenants concernés.

En marge de cette rencontre, initiée sous le thème « Les partenariats dans la prévention et la lutte contre les crimes portant atteinte aux ressources forestières et à la faune sauvage: bilan, enjeux et perspectives », plusieurs activités sont prévues dont une visite à la forêt des cèdres d’Azrou et une opération de reboisement

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