Forum Parlementaire de Marrakech: les mutations économiques mondiales exigent un engagement commun pour bâtir des écosystèmes intégrés

Dpress
Les mutations profondes et les perturbations successives que connaît l’économie mondiale imposent un engagement commun pour bâtir des écosystèmes intégrés de souveraineté industrielle et commerciale, à même de résister aux défis climatiques et géopolitiques, et de sécuriser les chaînes d’approvisionnement régionales et continentales, ont souligné, vendredi à Marrakech, des responsables gouvernementaux.
S’exprimant lors de la séance d’ouverture du 4e Forum Parlementaire économique de Marrakech pour la région euro-méditerranéenne et du Golfe, ils ont relevé que les dimensions humaine et sociale revêtent une importance capitale pour la réussite de tout processus de coopération. Aussi, ils ont noté la nécessité de faire de l’investissement productif, du développement d’infrastructures multimodales et d’initiatives structurantes, ainsi que de l’engagement proactif dans la transition numérique, des piliers fondamentaux pour renforcer la compétitivité économique, réaliser l’équité territoriale et consacrer un développement ayant un impact tangible sur le citoyen.
Dans ce contexte, le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a affirmé que le Maroc a la conviction que les infrastructures constituent un levier de production et un outil d’intégration, relevant que le Royaume a fait du secteur de l’équipement et de l’eau une locomotive de la transformation structurelle et un levier pour renforcer la compétitivité de l’économie nationale, réaliser l’équité territoriale et assurer l’intégration du Maroc dans les chaînes de valeur régionales et mondiales, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF).
M. Baraka a estimé que la transition numérique représente un levier pour moderniser la gestion sectorielle et améliorer la qualité des services au profit des usagers et des partenaires, à travers l’adoption de systèmes numériques avancés dans la gestion des ressources en eau, la numérisation des procédures de qualification et de classification des entreprises, et la gestion du domaine public portuaire.
Il a, dans ce sens, exprimé son soutien à toute initiative visant à mettre en place un pôle euro-méditerranéen et du Golfe pour l’intelligence artificielle, capable d’unifier les normes techniques, de renforcer l’interopérabilité des plateformes et de faciliter la fluidité des échanges transfrontaliers.
De son côté, le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a fait remarquer qu’aucune intégration économique régionale ou continentale ne peut se concevoir sans accorder une importance majeure au capital humain, soulignant que l’efficacité des grands plans économiques exige le respect des droits humains fondamentaux des peuples et la mise à disposition de formation professionnelle afin d’accompagner les chaînes d’approvisionnement et les projets économiques conjoints.
Mettant en garde contre les défis profonds imposés par la transformation numérique et l’intelligence artificielle sur les modèles économiques et l’avenir de l’emploi, le ministre a attiré l’attention sur des statistiques prévoyant une baisse des emplois disponibles pour les nouveaux lauréats à l’échelle mondiale.
Il a ainsi appelé les institutions parlementaires à assumer pleinement leurs missions qui consistent à élaborer une législation proactive à l’écoute des aspirations de la société, à renforcer les mécanismes de contrôle pour consolider la démocratie interne et la confiance des citoyens, ainsi qu’à procéder à une évaluation rigoureuse des politiques publiques pour garantir l’efficacité dans les domaines de l’investissement, de l’emploi et des infrastructures.
Pour sa part, le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, a fait observer que la mise en œuvre optimale du libre-échange sur le continent africain reste tributaire de la mise en place d’une connectivité effective, reposant sur des réseaux de transport modernes et multimodaux, englobant les liaisons aériennes, maritimes et terrestres. Il a expliqué que ces infrastructures constituent un point d’entrée décisif pour réduire les coûts de transport et d’échanges commerciaux, permettant ainsi aux entreprises africaines de s’intégrer de manière fluide dans les chaînes de valeur régionales et mondiales.
Dans le même sillage, M. Kayouh a jeté la lumière sur trois chantiers structurants et concrets menés par le Royaume du Maroc, à savoir le développement des réseaux de connectivité aérienne, maritime et routière, mettant en avant l’impact positif et direct de tels projets sur le quotidien des populations du continent africain.
De son côté, la ministre de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille, Naima Ben Yahia, a fait valoir que la tenue de ce forum revêt une importance particulière vu la conjoncture internationale actuelle, marquée par l’exacerbation des défis économiques, sociaux et climatiques, ce qui requiert le renforcement de la coopération régionale, l’échange d’expertises et l’élaboration de solutions innovantes capables de répondre aux mutations accélérées que connaît le monde.
Insistant sur la nécessité d’adopter de nouvelles approches faisant de l’investissement un levier de croissance économique et un moyen de consolider la justice sociale et le développement durable, la ministre a indiqué que le Maroc continue de présenter un modèle conciliant attractivité économique et renforcement de la dimension sociale du développement.
Elle a noté que les mutations démographiques et sociologiques que connaît la société marocaine invitent à réfléchir à la promotion d’un secteur économique connu aujourd’hui sous le nom de l' »économie du soin », qui ouvre d’importantes perspectives d’investissement et de création d’emplois.
Quant au ministre délégué chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des politiques publiques, Karim Zidane, il a souligné que le Maroc a fait de l’investissement productif un levier de développement socio-économique et un outil central pour consolider la souveraineté économique et renforcer la compétitivité, faisant savoir que la Charte de l’Investissement constitue une étape de réforme majeure visant à renforcer l’attractivité du Royaume et à orienter les capitaux vers des secteurs à forte valeur ajoutée et les métiers d’avenir.
Par ailleurs, M. Zidane a estimé que ce forum est une plateforme régionale privilégiée de dialogue et un espace pratique de réflexion collective dans le but de transformer les défis économiques, géopolitiques et climatiques mondiaux actuels en véritables opportunités de coproduction et d’intégration régionale, affirmant l’ambition du Maroc dépasse la réalisation de la croissance interne pour s’inscrire dans une vision plus large faisant du Royaume un pont économique stratégique reliant l’Europe, l’Afrique et le monde arabe.
Pour le Secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, Omar Hejira, ce forum parlementaire joue un rôle central dans la construction d’un avenir commun et constitue une étape exceptionnelle pour unifier les visions entre les espaces euro-méditerranéen et du Golfe. À cet égard, il a appelé à tirer profit des potentialités économiques et humaines énormes de la région d’Afrique du Nord et à surmonter la faiblesse des échanges intrarégionaux, tout en exploitant les opportunités prometteuses offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine pour renforcer l’intégration économique.
M. Hejira a également passé en revue les résultats tangibles réalisés par le Royaume dans des secteurs prometteurs tels que l’industrie automobile et le secteur de l’aéronautique, outre son leadership dans la transition verte et le développement des infrastructures logistiques, tout en rappelant l’importance majeure de l’Initiative Royale pour l’Atlantique visant à faciliter l’accès des pays du Sahel africain à l’Océan Atlantique, en tant que modèle pratique d’une coopération intégrant les capacités de production et le positionnement géographique pour atteindre un leadership régional commun.
Organisée par la Chambre des Conseillers et l’Assemblée parlementaire de la méditerranée (APM) sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la 4e édition du Forum Parlementaire économique de Marrakech pour la région euro-méditerranéenne et du Golfe (19-20 juin) s’inscrit dans le cadre de la dynamique impulsée par le Forum depuis sa création afin ancrer un espace parlementaire économique de référence à l’échelle de la région euro-méditerranéenne et du Golfe, dédié au dialogue et à la concertation entre parlementaires, décideurs et acteurs économiques autour des questions de développement et des enjeux économiques d’intérêt commun.
Les débats portent sur l’intégration économique et la promotion de l’investissement dans l’intelligence artificielle, le renforcement des opportunités d’emploi durable et la lutte contre les répercussions des changements climatiques sur la sécurité alimentaire et le développement durable.
Cette édition sera également marquée par une session spéciale consacrée à l’Afrique sous le thème « La Zone de libre-échange continentale africaine et l’interconnexion des chaînes de valeur eurafricaines : vers un espace intégré de coproduction, d’investissement et de résilience économique », avec la participation de hauts responsables gouvernementaux et parlementaires.



