Finances publiques : le RESIFIP, un cadre interrégional d’excellence pour mutualiser les expertises et les réformes

Dpress
Le Réseau des Instituts des Finances Publiques d’Afrique, du Moyen-Orient et des Caraïbes (RESIFIP) constitue un cadre stratégique interrégional d’excellence pour mutualiser les expériences en matière de planification budgétaire et de réformes financières, a souligné, lundi à Rabat, l’Ambassadeur, Directeur Général de l’Agence marocaine de Coopération Internationale (AMCI), Mohamed Methqal.
Intervenant à l’occasion de la 8ème Conférence des Instituts des Finances Publiques, tenue sous le thème “Échange de données et partage d’informations : leviers de transparence et de performance dans la gouvernance des finances publiques”, M. Methqal a mis en avant la Vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui a érigé la coopération Sud-Sud en pilier majeur de la politique étrangère du Royaume, en plaçant l’élément humain au centre de toutes les initiatives.
Le DG de l’AMCI a rappelé, à cet égard, la position claire et constante du Maroc qui consiste à partager son savoir-faire avec les pays frères du Sud, précisant que la modernisation de l’administration et la digitalisation des services au profit des citoyens constituent des axes majeurs des programmes de renforcement des capacités menés par le Royaume.
M. Methqal a partagé les réalisations tangibles du Maroc en matière de codéveloppement, citant le programme de coopération académique qui accueille chaque année plus de 20.000 étudiants internationaux, ainsi que le volet de coopération technique de l’AMCI qui organise annuellement plus de 120 sessions de formation et de partage d’expertise au profit de plus de 1.500 hauts cadres des pays partenaires.
Pour sa part, Abdessalam Benabbou, président du RESIFIP et directeur des Affaires Administratives et Générales au ministère de l’Économie et des Finances, a souligné que dans un contexte d’accélération de la transition numérique, la donnée est devenue un élément central du pilotage de l’action publique, relevant qu’elle ne représente plus un simple support technique mais un véritable outil d’aide à la décision, d’anticipation et d’évaluation des politiques publiques.
Le développement des plateformes numériques, des paiements digitaux et des systèmes d’identification électronique génère aujourd’hui des volumes croissants de données publiques et financières qui, lorsqu’elles sont exploitées de manière coordonnée, permettent d’améliorer le pilotage des politiques publiques, de renforcer les capacités de contrôle et d’optimiser l’allocation des ressources, a-t-il fait remarquer.
En outre, le président du RESIFIP a mis l’accent sur l’enjeu de l’échange d’informations entre administrations fiscales, douanières, budgétaires et comptables comme levier essentiel pour renforcer la mobilisation des ressources internes et lutter contre la fraude, dans un contexte où plusieurs pays africains cherchent à disposer de marges de manœuvre accrues pour financer leurs besoins croissants en infrastructures, en santé, en éducation et en protection sociale.
Pour lui, le véritable défi réside dans la capacité des administrations à développer des systèmes interopérables permettant le partage d’une information fiable, sécurisée et exploitable en temps réel.
De son côté, le représentant de la Banque Islamique de Développement (BID), Moncef Rami, a indiqué que dans un contexte mondial de forte accélération de la transition numérique, les administrations financières font face à une massification et une complexification sans précédent des volumes de données à gérer.
L’aptitude des États à collecter, traiter, sécuriser et partager efficacement ces informations est devenue un levier capital pour accroître la performance publique, garantir la transparence et consolider la confiance globale des citoyens et des bailleurs de fonds, a-t-il estimé.
M. Rami a noté que l’essor des nouvelles technologies, à l’instar de la science des données et de l’intelligence artificielle, ouvre des opportunités considérables pour fiabiliser l’accès à l’information financière, réitérant l’engagement historique et durable de la BID auprès de l’Institut des Finances Publiques du Maroc et de son réseau.
Organisée par le ministère de l’Économie et des Finances, en collaboration avec le RESIFIP, cette conférence de deux jours réunit les pays membres dudit réseau qui rassemble des instituts des finances publiques d’Afrique, du Moyen-Orient et des Caraïbes, dans l’objectif de partager des expériences concrètes, mutualiser les savoir-faire et identifier des pistes d’action communes pour accompagner la transformation numérique des administrations financières.


