Art et Culture

SIEL: la littérature de l’enfant, un levier essentiel pour consolider les valeurs et renforcer l’identité culturelle

Dpress

Les participants à une table ronde organisée, vendredi à Rabat, sous le thème “La lecture : une fenêtre de plaisir et d’apprentissage”, ont affirmé que la littérature de l’enfant constitue un levier essentiel pour développer l’imaginaire de l’enfant, consolider les valeurs et renforcer l’identité culturelle.

Les intervenants à cette rencontre, organisée dans le cadre de la participation du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) à la 31ᵉ édition du Salon international de l’édition et du livre (SIEL), ont mis en avant l’importance de développer ce genre littéraire afin d’accompagner les mutations éducatives, sociales et culturelles.

Ils ont insisté sur la nécessité d’accorder davantage d’importance à ce domaine au Maroc, à travers le soutien à l’édition et à la recherche académique, l’encouragement des jeunes créateurs, ainsi que la mise à disposition d’ouvrages adaptés aux spécificités des enfants souffrant de troubles de l’apprentissage, notamment la dyslexie.

A cette occasion, l’écrivain spécialisé dans la littérature de jeunesse, Mohamed Moukrim, a présenté le concept de littérature de jeunesse qui englobe différentes productions culturelles destinées aux enfants et adolescents, notamment les récits, contes, poèmes et pièces de théâtre tenant compte des caractéristiques psychologiques et linguistiques propres à chaque tranche d’âge.

Il a souligné que ce genre littéraire accompagne les transformations sociales et culturelles à travers les valeurs, représentations et comportements qu’il véhicule et qui contribuent à façonner la conscience de l’enfant.

M. Moukrim s’est également arrêté sur les différentes catégories d’âge ciblées par la littérature de l’enfant, relevant que chacune présente des spécificités en matière de réception, de thématiques et de styles adoptés, allant des histoires illustrées destinées aux jeunes enfants jusqu’aux romans à dimension psychologique et sociale dédiés aux adolescents et aux jeunes.

Après avoir insisté sur l’importance d’adopter des contenus et des approches adaptés aux capacités cognitives et linguistiques des enfants, il a indiqué que la littérature de l’enfant au Maroc demeure relativement récente comparativement à d’autres champs littéraires, aussi bien au niveau de la production que de la recherche académique, relevant que les études universitaires spécialisées dans ce domaine restent limitées.

Il a, par ailleurs, passé en revue des données relatives à la réalité de l’édition dans le domaine de la littérature de jeunesse au Maroc, précisant que sur les 7.143 publications, entre livres et revues, parues en 2025, seules 443 relevaient de la littérature de l’enfant, soit environ 6 pc du total, estimant que ces chiffres mettent en évidence la nécessité de renforcer le soutien à ce secteur et d’encourager la production culturelle marocaine destinée aux enfants.

De son côté, l’écrivain et poète Abdelghani Arif a affirmé que la dynamique notable que connaît le Maroc dans le domaine de la lecture est le fruit de l’accumulation de plusieurs initiatives éducatives et culturelles. Cette dynamique reflète, selon lui, une évolution progressive de la relation des apprenants et des jeunes avec la lecture, soutenue par les programmes de lecture enrichissante et les bibliothèques de classe.

M. Arif a ajouté que les dernières années ont été marquées par l’émergence de multiples initiatives ayant contribué à ancrer la culture de la lecture auprès des enfants et des jeunes, à travers les activités des colonies de vacances, les programmes des associations de la société civile, ainsi que les projets institutionnels lancés par le ministère de l’Éducation nationale, notamment la lecture en classe et le soutien aux bibliothèques scolaires.

Il a indiqué que le nombre de participants aux initiatives de lecture est passé d’environ 25.000 élèves en 2015 à près de 7 millions ces dernières années, avec une hausse de 86 pc des indicateurs de fréquentation de la lecture, considérant que ces chiffres traduisent une transformation sociétale de grande ampleur touchant différentes catégories sociales et éducatives.

Il a souligné que cette accumulation positive impose aujourd’hui de passer d’une logique d’initiatives ponctuelles à l’institutionnalisation de l’acte de lecture, en faisant de celui-ci une composante de la vie quotidienne de la société marocaine, au sein de la famille, de l’école et des différents espaces de socialisation, afin d’assurer sa pérennité et son enracinement en tant que culture durable.

Cette table ronde a été également marquée par la participation de lauréats du concours “Arab Reading Challenge”, qui ont partagé leurs expériences personnelles avec la lecture et expliqué comment cette initiative a contribué à transformer leur rapport au livre et à renforcer leur passion pour la lecture.

La participation du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique au SIEL s’inscrit dans le cadre de l’exercice de ses missions constitutionnelles, ainsi que dans le contexte de sa volonté de renforcer son ouverture institutionnelle et d’enrichir le débat public autour des enjeux du système de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, en vue de contribuer à la mobilisation sociétale autour de l’école marocaine.

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