SIEL 2026 : l’Afrique des lettres s’écrit et se rencontre à Rabat

Dpress
Plus qu’un simple rendez-vous éditorial, la 31e édition du Salon International de l’Édition et du Livre (SIEL) 2026 consacre le continent africain comme un espace de création foisonnante, où écrivains, éditeurs et penseurs se retrouvent pour faire entendre des voix multiples, tisser des ponts et affirmer, au cœur même de l’Afrique, une souveraineté intellectuelle en pleine effervescence.
Eloquence de l’illustration, la littérature africaine s’exprime dans les allées du SIEL 2026 comme un récit collectif aux voix plurielles, au sein duquel auteurs et éditeurs mettent en lumière une créativité sans frontières, guidée par la volonté de raconter l’Afrique de l’intérieur et de faire du livre un vecteur de convergence culturelle et une véritable force de rayonnement et de dialogue.
Cette édition, qui coïncide avec la désignation de Rabat par l’UNESCO Capitale mondiale du livre 2026, met en exergue le génie créatif africain à travers un pavillon dédié aux éditeurs africains, devenu le point de ralliement des penseurs, des éditeurs et des écrivains de tout le continent.
Ainsi, la présence du livre africain au SIEL 2026 ne relève plus seulement de l’exposition, mais d’une véritable affirmation de la souveraineté intellectuelle du continent, témoignant du rôle incontournable de la diplomatie culturelle du Maroc.
“Plus qu’une exposition, cet événement est un trait d’union entre l’Afrique subsaharienne et le monde arabe”, a affirmé à la MAP l’écrivain togolais Kodjo Agbemele, notant que le SIEL agit comme un pont entre deux rives d’un même continent, permettant de partager les récits, les mythes et les essais africains avec un public marocain curieux et accueillant.
“Entre signatures et débats, j’y constate un vif intérêt pour la pensée africaine et nos spécificités culturelles” a-t-il ajouté, soulignant que ces échanges témoignent que la littérature demeure le moteur essentiel du dialogue entre les peuples africains.
Pour sa part, la Directrice de la société de distribution GVG, basée à Douala (Cameroun), Ange Mbelle, a mis l’accent sur l’importance de ce type d’événements qui offrent à la communauté littéraire africaine un espace privilégié de rencontre et d’expression.
Selon elle, ce rendez-vous culturel permet aux auteurs de partager des récits qui leur ressemblent, au cœur même du continent, afin de retisser les liens entre les multiples facettes de l’Afrique à travers une littérature africaine riche de sa diversité.
Mme Mbelle a également mis en exergue le rôle que joue le SIEL, en tant que catalyseur de la littérature africaine qui favorise le décloisonnement linguistique et promeut la diversité et la richesse de la production culturelle dans le continent.
De son côté, l’écrivaine ivoirienne Mahoua Soumahoro Bakayoko, a fait valoir que la transmission des valeurs à travers la littérature africaine est un combat quotidien, estimant qu’il est impossible, et sans doute peu souhaitable, de viser une unification ou une homogénéité des cultures.
“Ma plume diffère de celle d’une consœur camerounaise ou marocaine, car nos identités sont ancrées dans des réalités sociologiques distinctes”, a-t-elle soutenu.
Dans ce sillage, elle s’est félicitée du rôle du SIEL en tant que plateforme qui ne cherche pas à uniformiser les consciences, mais à offrir au public des récits variés qui, par l’exemple, célèbrent une humanité commune.
Makhfous Cisse, écrivain et représentant des Nouvelles éditions africaines du Sénégal, a quant à lui salué l’organisation de cet événement d’envergure, qui favorise un véritable brassage culturel, où les éditeurs échangent leurs savoirs et repartent enrichis par la culture marocaine.
Le représentant de cette maison d’édition historique, fondée en 1972 par le poète, écrivain et premier président de la République du Sénégal, Léopold Sédar Senghor, a relevé qu’au-delà de l’accès des jeunes aux ouvrages africains, ce salon constitue également un levier économique important, le livre africain y rencontrant un franc succès auprès du public marocain.
D’autre part, Ernest Oppong, directeur exécutif du Réseau des éditeurs africains (APNET), basé dans la capitale ghanéenne, Accra, a affirmé que ce réseau qui représente 42 pays africains membres, vise à travers cette participation au SIEL, à offrir au public marocain un accès privilégié à la diversité éditoriale du continent, à travers une panoplie d’ouvrages en français, anglais, arabe et swahili.
“Nous sommes ici pour stimuler les échanges commerciaux et bâtir des ponts littéraires solides à travers toute l’Afrique”, a-t-il confié à la MAP.
Au-delà des chiffres de fréquentation records, l’engouement du public marocain pour la littérature subsaharienne illustre une volonté commune de bâtir un espace culturel intégré.
En offrant une tribune mondiale aux voix africaines, le Maroc réaffirme son rôle de catalyseur des énergies créatives et de porte-voix d’une identité plurielle, faisant du livre un instrument privilégié de compréhension mutuelle et de consolidation de l’unité continentale.
Placée sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, la 31e édition du SIEL, organisée du 1er au 10 mai, réunit cette année 891 exposants, dont 321 directs et 570 indirects, représentant, aux côtés du Maroc, 60 pays arabes, africains, européens, asiatiques et américains.



