La littérature africaine au féminin s’invite au SIEL

Dpress
La littérature africaine au féminin, dans ses multiples significations et questionnements, a été au centre d’une rencontre littéraire organisée mercredi à Rabat, dans le cadre du 31e Salon international de l’édition et du livre (SIEL).
Cette rencontre a été l’occasion d’interroger la production littéraire féminine africaine en tant qu’espace de restitution des “récits manquants” du continent, ouvrant la voie à l’émergence de nouvelles dynamiques narratives favorisant une réflexion renouvelée sur les enjeux littéraires et éthiques, en vue de promouvoir une plus grande équité culturelle entre identités plurielles et de réhabiliter des imaginaires longtemps marginalisés.
Prenant la parole, l’essayiste et conférencière Asma Lamrabet a indiqué que la montée en puissance des écrivaines africaines contemporaines sur la scène internationale, relevant l’importance, notamment pour le Maroc, de valoriser ces voix et de leur offrir davantage de visibilité.
Interrogée sur la notion de “récits manquants”, Mme Lamrabet a plaidé pour un engagement collectif en faveur de la “revisibilisation” des femmes, une démarche à même de permettre de se réapproprier l’Histoire en redonnant toute la place à leurs contributions.
Par ailleurs, elle s’est attardée sur les avancées significatives en matière de droits et d’acquis des femmes durant les deux dernières décennies au Maroc ainsi que sur le rôle central des recherches, des dynamiques critiques et de la société civile comme moteur de ce changement.
L’écrivaine ivoirienne Mahoua Soumahoro Bakayoko a noté quant à elle que l’écriture féminine africaine est en train de se réinventer dans le cadre d’une nouvelle dynamique que connaît la scène littéraire continentale, marquée par une prise de parole décomplexée traduisant une transformation profonde de l’écriture féminine.
“Mon écriture transforme notre regard sur le réel, le réinvente et lui insuffle une énergie nouvelle”, a-t-elle affirmé, estimant qu’il y a plus de liberté dans la fiction, dont la flexibilité permet de s’évader sans tabou.
En Côte d’Ivoire, a-t-elle expliqué, les femmes occupent une place essentielle dans la société, illustrée par une représentativité plus accrue dans la sphère politique, une reconnaissance croissante de leurs droits et une présence de plus en plus affirmée dans le champ littéraire.



