Forum économique Suisse-Maroc à Zurich: identifier les opportunités d’affaires et renforcer les partenariats

Dpress
Les milieux d’affaires du Maroc et de la Suisse ont tenu, mercredi au siège de l’organisation patronale helvétique “economiesuisse” à Zurich, un forum économique, destiné à identifier de nouvelles opportunités d’affaires et créer de la valeur pour l’ensemble des partenaires des deux pays.
Ouvrant les travaux de cette rencontre, le président d’economiesuisse, Christoph Mäder, a d’emblée salué la tenue de ce Forum économique Suisse-Maroc 2026, estimant que ce genre de rencontres constitue “une opportunité précieuse d’échange et de dialogue” entre les milieux d’affaires des deux bords.
Le patron de cette faîtière, qui représente quelque 100 associations sectorielles, 20 chambres de commerce régionales et près de 100.000 entreprises à travers la Suisse, a souligné que le Maroc figure parmi les partenaires commerciaux les plus importants de son pays en Afrique du Nord, offrant “un fort potentiel” pour les entreprises helvétiques, notamment grâce à sa position géographique, à la diversité de son économie et à son réseau d’accords de libre-échange.
Il a également mis en avant la longue tradition de relations économiques entre les deux pays, marquées par une forte ouverture au commerce international et aux investissements transfrontaliers, tout en soulignant “le haut degré de complémentarité” entre les deux économies.
M. Mäder a rappelé que la Suisse exporte vers le Maroc des produits typiquement helvétiques, tels que les produits chimiques et pharmaceutiques, les montres et les machines, insistant sur la nécessité d’aller au-delà de ces “échanges traditionnels” pour renforcer davantage la coopération bilatérale.
De son côté, la directrice générale déléguée de la Confédération générale des Entreprises du Maroc (CGEM), Samia Terhzaz a souligné que cette mission reflète “une volonté mutuelle de renforcer les relations économiques” et d’ouvrir de nouvelles perspectives de coopération entre les communautés d’affaires des deux pays, notamment dans des secteurs stratégiques comme l’industrie, les infrastructures, le textile, les énergies renouvelables et les nouvelles technologies.
Mme Terhzaz a insisté sur l’attractivité du Maroc, mettant en avant une croissance économique soutenue, une inflation maîtrisée et “des fondamentaux solides et résilients” offrant visibilité et stabilité aux investisseurs. Le Royaume se positionne, selon elle, comme une plateforme industrielle de premier plan en Afrique et une porte d’entrée vers un marché de plus de 1,5 milliard de consommateurs grâce à un vaste réseau d’accords de libre-échange.
La responsable a par ailleurs souligné les performances du Royaume dans des secteurs clés, notamment l’automobile, où il est leader africain à l’export, l’aéronautique, qui compte plus de 140 entreprises, ainsi que les énergies renouvelables, avec un objectif de plus de 52% de capacité installée d’ici 2030.
Relevant la complémentarité entre les deux économies, Mme Terhzaz a identifié des opportunités concrètes de collaboration dans l’industrie avancée, les grands projets d’infrastructure, la transition énergétique et les technologies numériques, appelant les entreprises suisses à investir dans un Maroc “stable, compétitif et tourné vers l’avenir”.
Dans une allocution à cette occasion, l’ambassadeur du Maroc en Suisse, Lahcen Azoulay, a mis en avant l’excellence des relations bilatérales, rappelant qu’elles remontent à la fin du XIXe siècle et que le centenaire de la présence suisse au Maroc a été célébré en 2021. Il a souligné qu’elles couvrent aujourd’hui plusieurs domaines, notamment politique, économique, migratoire et éducatif.
M. Azoulay a également évoqué la visite en Suisse du ministre marocain des Affaires étrangères en 2021, marquée par la signature d’une déclaration conjointe avec le Conseil fédéral visant à encourager une nouvelle dynamique des échanges commerciaux et des investissements.
Insistant sur les opportunités offertes par le Maroc, qu’il a qualifié de “grand chantier” en pleine transformation, M. Azoulay a appelé les entreprises suisses à s’y engager davantage, leur assurant le soutien de l’ambassade du Royaume à Berne pour accompagner leurs projets.
Pour sa part, l’ambassadeur de Suisse au Maroc, Valentin Zellweger, a salué la dynamique “de plus en plus forte, profonde et ambitieuse” des relations économiques bilatérales, appelant à les inscrire dans des partenariats concrets et durables.
Il a relevé une nette accélération des échanges commerciaux, qui ont totalisé 980 millions de francs suisses en 2025, en hausse de 33% sur un an, traduisant “une confiance croissante”.
Cette évolution, a poursuivi M. Zellweger, s’accompagne d’un rééquilibrage, marqué par une forte progression des exportations marocaines, notamment dans les produits industriels comme les composants automobiles, tandis que la Suisse exporte des biens à forte valeur ajoutée tels que les produits pharmaceutiques et les instruments de précision.
Au-delà du commerce, le diplomate a mis en avant la montée en puissance des investissements suisses au Maroc, citant des projets industriels et innovants dans des secteurs comme l’énergie, l’industrie et les technologies propres, illustrant le positionnement du Royaume comme hub régional.
Estimant que les relations évoluent vers une coopération économique approfondie, il a appelé à prolonger cette dynamique, notamment à travers l’organisation d’une mission d’entreprises suisses au Maroc en 2027 afin de concrétiser les opportunités identifiées.
Cette rencontre, qui s’est déroulée en présence de plusieurs acteurs institutionnels économiques et de chefs d’entreprises des deux pays, a été marquée par une présentation de Casablanca Finance City (CFC), en présence de son président, Saïd Ibrahimi, ainsi que par une séance de networking entre opérateurs marocains et suisses.



