Journées du Patrimoine de Casablanca: Focus sur le rapport entre la métropole et la mer à travers l’histoire

Dpress
La culture maritime dans la ville de Casablanca entre hier et aujourd’hui a été au centre d’une rencontre organisée mardi à la faculté des Lettres et des Sciences humaines de Ben M’Sik, relevant de l’université Hassan II.
Tenue dans le cadre de la 15ème édition des Journées du Patrimoine de Casablanca organisée du 13 au 19 avril courant, cette rencontre a été l’occasion de jeter la lumière sur l’évolution dans le temps de la relation des Casablancais avec l’océan et de faire une relecture de la métropole en abordant les dimensions culturelle et historique de la mer.
Dans une intervention à cette occasion, l’enseignant-chercheur en histoire contemporaine, Mustapha Ezzair, a abordé le rapport entre Casablanca et la mer durant le Protectorat français, en insistant sur l’aspect économique, notamment le secteur de la pêche maritime, qui constituait à l’époque un enjeu majeur pour les autorités coloniales au Maroc, en particulier au niveau de la métropole en raison de la richesse halieutique de son littoral atlantique.
Il a, dans ce sens, passé en revue les infrastructures de pêche maritime dont disposait Casablanca lors de cette période, citant essentiellement le port de pêche maritime créé en 1936 et l’école musulmane d’apprentissage maritime qui a vu le jour en 1931.
M. Ezzair est également revenu sur l’essor de l’activité des conserves de poisson à Casablanca qui attirait à l’époque une main d’œuvre issue de toutes les régions du Maroc, notant, dans ce sens, le passage d’une pêche traditionnelle à une véritable industrie halieutique intégrant la pêche, la transformation, la fabrication des filets et l’industrie de la conserve.
Il a, par ailleurs, souligné une hausse exponentielle de la consommation de poisson par les Casablancais au fil des années, grâce notamment à la création de marchés de poisson, la mise en place d’installations de réfrigération, ainsi que la facilitation des circuits de vente, aussi bien en gros qu’au détail.
De son côté, Khalid Sarhrouni, enseignant-chercheur en histoire et en patrimoine, a mis en avant le patrimoine maritime de Casablanca en dédiant son intervention aux phares d’El Hank et des Roches Noires.
M. Sarhrouni est revenu à cette occasion sur l’histoire de ces deux phares, qui constituent des emblèmes du patrimoine maritime et architectural de la métropole depuis plus d’un siècle.
Selon l’enseignant-chercheur, ces phares, créés pour guider les navires, repérer les zones dangereuses et prévenir les naufrages et les accidents maritimes, occupent une place importante dans l’histoire maritime de Casablanca en sécurisant notamment l’activité portuaire de la ville.
Portées par l’association Casamémoire depuis 2009, les Journées du Patrimoine de Casablanca mobilisent chaque année bénévoles, partenaires et acteurs culturels autour d’une programmation fédératrice. Faisant suite aux Nocturnes du Patrimoine 2026 qui ont rassemblé plus de 8.000 participants entre fin février et début mars, les Journées du Patrimoine s’inscrivent dans un engouement croissant du public casablancais pour la redécouverte de leur patrimoine architectural et urbain.
Cette 15ème édition, organisée sous le thème “Casablanca Atlantique : quand l’océan façonne la ville”, s’inscrit dans une dynamique collective, en lien avec les acteurs de la scène culturelle, artistique et associative, qui contribuent à co-construire une programmation plurielle, ancrée dans les réalités contemporaines de la ville.



