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Le lac d’Ouiouane à Khénifra : un miroir bleu au creux de la cédraie

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 Il faut un peu de patience pour atteindre le lac d’Ouiouane. La route serpente entre les versants du Moyen Atlas, dans la province de Khénifra, et s’élève assez doucement pour qu’on finisse par oublier la plaine d’où l’on vient. Puis le paysage s’ouvre, d’un coup, sur une nappe d’eau bleue posée à quelque 1.600 mètres d’altitude, cernée d’épaisses forêts de cèdre de l’Atlas et de chêne vert.

Situé sur le territoire du Parc national de Khénifra, le site doit beaucoup à cet équilibre : l’eau en contrebas, la forêt qui gravit les pentes, et un climat de montagne humide et vif qui se maintient une bonne partie de l’année. C’est là, pour l’essentiel, ce qui explique l’affluence croissante que connaît ce plan d’eau — que les habitants de la région appellent Aguelmam Ouiouane — auprès de visiteurs venus de différentes régions du Royaume.

L’été, lorsque la chaleur pèse sur les plaines voisines, la fraîcheur d’Ouiouane suffit à justifier le déplacement. Le lieu a toutefois un visage pour chaque saison : la brume qui se retire lentement de l’eau aux matins d’automne, la neige sur la cime des cèdres en hiver, la verdure qui rend aux sentiers leurs couleurs au printemps. Le site ne connaît guère de morte-saison.

Le lac et sa ceinture forestière offrent par ailleurs un éventail d’activités de plein air : randonnée sur les sentiers de montagne, vélo, camping, promenades en barque, ainsi que la pêche sportive, prisée notamment des amateurs de truite. S’y retrouvent aussi bien des familles installées à la journée sur les rives que des visiteurs plus jeunes, attirés par les hauteurs voisines et les circuits de découverte.

La valeur du site ne tient pas seulement à ce qu’il offre aux visiteurs. Le lac constitue un écosystème à part entière et une halte pour des oiseaux migrateurs, aux côtés d’espèces sédentaires qui ont fait de la forêt environnante leur habitat. Ses abords sont ainsi fréquentés par les ornithologues amateurs et les photographes, venus documenter les paysages et la diversité de la faune des hauteurs atlasiques.

S’y ajoute la proximité des sources et des cascades d’Oum Er-Rbia, qui inscrit Ouiouane dans un circuit touristique cohérent à l’échelle de la province. Les retombées en sont perceptibles dans les douars voisins, où l’hébergement rural s’anime au passage des visiteurs et où les produits du terroir et l’artisanat local trouvent un marché saisonnier.

Dans des déclarations à la MAP, plusieurs visiteurs du lac se sont accordés à souligner le charme particulier de ce site naturel, disant leur admiration pour l’harmonie entre des eaux paisibles et l’ombre des denses cédraies qui ceinturent la zone.

Venus de différentes régions du Maroc, ils ont affirmé que ce lac d’altitude constitue un refuge idéal pour la quiétude et la détente, et une occasion de s’éloigner des pressions du quotidien et de l’agitation des villes, appréciant son air pur et ses paysages comparables à des tableaux vivants.

La préservation du lac et de ses abords s’inscrit dans les objectifs du Parc national de Khénifra, dont le territoire abrite d’importantes superficies boisées de cèdre de l’Atlas et de chêne vert, et qui vise à concilier la protection des ressources naturelles et l’ouverture du milieu au tourisme écologique, dans un contexte de hausse continue de la fréquentation.

Pour les habitants des douars voisins, le lac n’est plus seulement un espace naturel : il est devenu une ressource saisonnière, qui contribue à l’amélioration des revenus à travers l’hébergement rural et la commercialisation des produits locaux. Sa préservation y est perçue comme un intérêt partagé entre le visiteur et le résident.

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