Sécurité hydrique : la vision marocaine présentée lors d’un forum à Londres

Dpress
L’approche marocaine en matière de sécurité hydrique a été présentée, lundi à Londres, lors d’une rencontre, organisée par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) sous le thème « Investir dans le futur : construire des villes vertes et résilientes pour tous ».
Intervenant aux côtés de maires et d’experts internationaux spécialisés dans les systèmes hydriques, au cours d’un panel de haut niveau consacré à l’eau, le président du Conseil de la Région Casablanca-Settat, Abdellatif Maâzouz, a mis en avant les efforts déployés par le Maroc pour lutter contre les effets de la sécheresse cyclique que connait le Royaume depuis plusieurs années.
A cette occasion, M. Maâzouz a souligné que les précipitations enregistrées cette année ne sauraient occulter la réalité d’un stress hydrique structurel, accentué par l’irrégularité croissante des précipitations et les effets du changement climatique. Il a rappelé que le Maroc a fait, depuis plusieurs décennies, le choix stratégique d’investir dans les infrastructures hydriques afin de garantir sa résilience face à ces défis.
Le président du Conseil de la Région Casablanca-Settat a notamment mis en lumière l’approche systémique et holistique adoptée par le Royaume dans le cadre de la Vision Royale matérialisée dans le PNAEPI 2020-2027 , et fondée sur trois leviers complémentaires à savoir la mobilisation et la diversification des ressources en eau, la valorisation et la réutilisation des eaux usées traitées, ainsi que le renforcement de la solidarité hydrique entre les territoires à travers les projets d’interconnexion des bassins hydrauliques et l’exploitation rationnelle des ressources.
S’agissant de la Région Casablanca-Settat, il a rappelé le rôle des infrastructures existantes, notamment les barrages et les 28 stations monoblocs opérationnelles dans les huit provinces de la région, qui ont permis de produire près de 2,5 millions de mètres cubes d’eau.
Il a également mis en lumière la station de dessalement de Jorf Lasfar, aujourd’hui en service, qui contribue à l’alimentation en eau potable de Casablanca Sud à hauteur de 60 millions de m³ par an depuis décembre 2024 et d’El Jadida avec une capacité de 30 millions de m³ par an depuis janvier 2025.
Evoquant les projets structurants en cours, M. Maâzouz a souligné l’importance de la future station de dessalement de Casablanca, dont la capacité atteindra près de 300 millions de m³ par an, dont 250 millions de m³ destinés à l’alimentation en eau potable de près de 7,5 millions d’habitants à Casablanca, Settat, Berrechid et leurs environs, et 50 millions de m³ consacrés à l’irrigation agricole.
Il a également insisté sur le potentiel de la réutilisation des eaux usées traitées, désormais considérée comme une ressource stratégique. La région dispose déjà de deux grandes stations d’épuration, appuyées par un réseau de 45 kilomètres, permettant l’arrosage des espaces verts de Casablanca, Médiouna et de plusieurs parcours de golf. Cette dynamique sera renforcée par un programme régional couvrant progressivement l’ensemble du territoire, mobilisant un investissement d’un milliard 600 millions dirhams.
Abordant la question de l’équité territoriale dans l’accès à l’eau, M. Mâzouz a souligné l’importance des grands projets nationaux d’interconnexion des bassins hydrauliques, notamment l’Autoroute de l’Eau reliant les bassins du Sebou, du Bouregreg et Oum Errabia, qui illustre concrètement le principe de solidarité hydrique entre les régions du Royaume.
En conclusion, le président de la Région Casablanca-Settat a réaffirmé que la réponse marocaine à la crise de l’eau repose sur une vision intégrée associant stockage, dessalement, réutilisation des eaux usées et interconnexion des bassins, dans l’objectif de renforcer durablement la résilience des territoires et de préparer les générations futures aux défis climatiques à venir.
Cette rencontre, qui a réuni des responsables territoriaux, des experts internationaux et des représentants du secteur privé, a porté sur les défis croissants liés à la gestion de l’eau dans un contexte marqué par le changement climatique, ainsi que sur les solutions innovantes permettant de renforcer la résilience des territoires.



