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Meknès : Appel à renforcer l’éducation aux médias face à la désinformation et à l’IA

Dpress

Des universitaires, diplomates, experts internationaux et représentants d’organisations onusiennes ont souligné, mardi à Meknès, l’urgence de renforcer l’éducation aux médias et à l’information comme droit humain fondamental, face à la montée de la désinformation, aux mutations numériques rapides et aux défis posés par l’intelligence artificielle.

Réunis dans le cadre de la première édition de l’”International Spring Academy on Media and Information Literacy Diplomacy “, organisée par l’Université Moulay Ismaïl de Meknès, la Faculté des Lettres et des Sciences humaines, le laboratoire LaRCIGALS et le Groupe de recherche sur la communication interculturelle, le dialogue et la résolution des conflits, ils ont appelé à bâtir des passerelles entre éducation, diplomatie et technologies numériques afin de promouvoir une information fiable, responsable et inclusive à l’ère digitale.

S’exprimant à cette occasion, le président de l’Université Moulay Ismaïl de Meknès, Aboubakr Bouayad, a indiqué que l’essor des réseaux sociaux, des algorithmes et de l’intelligence artificielle a profondément transformé le rapport des individus à l’information et à la vérité, estimant que l’éducation aux médias et à l’information est devenue essentielle pour préserver la diversité linguistique, culturelle et médiatique en tant que droit humain fondamental à l’ère numérique.

Il a, en outre, affirmé que cette démarche vise à former des citoyens informés, critiques et responsables, capables de faire face aux contenus nuisibles, de participer aux débats publics et de prendre des décisions éclairées, exprimant sa conviction que cette conférence constituera une plateforme propice au dialogue, à l’échange d’expertises et à l’établissement de collaborations durables.

Il a ajouté que rencontre internationale, initiée en coopération avec le réseau UNESCO-UNITWIN sur l’éducation aux médias et à l’information et le dialogue interculturel ainsi que l’organisation MEDEA, ambitionne de consolider les passerelles de coopération entre le monde académique, la diplomatie et les acteurs des technologies numériques, dans le but de promouvoir l’éducation aux médias et à l’information comme levier fondé sur les droits humains.

Il a souligné que la thématique de cette conférence met en lumière l’importance d’une approche intégrée et multidisciplinaire réunissant chercheurs et experts autour des enjeux liés à la communication, à l’information et aux usages numériques responsables, relevant que cette dynamique contribue au développement des sociétés à travers le renforcement des compétences informationnelles et médiatiques.

De son côté, le conseiller pour la communication et l’information au Bureau de l’UNESCO pour le Maghreb, Ming-Kuok Lim, a souligné que le défi actuel ne réside plus dans le manque d’information, mais dans la difficulté d’accéder à des contenus vérifiés et crédibles, dans un contexte marqué par la prolifération des réseaux sociaux, des algorithmes et des technologies de l’intelligence artificielle.

Dans ce sens, il a estimé que les universités, les autorités de régulation, les médias, les organisations de la société civile et les institutions internationales sont appelés à agir de manière concertée afin de promouvoir une culture critique et responsable de l’information.

M. Lim a, par ailleurs, mis en avant l’importance de l’éducation aux médias et à l’information pour renforcer les capacités des citoyens à évoluer dans un environnement numérique en constante mutation, soulignant qu’il s’agit d’un processus d’apprentissage continu qui dépasse le cadre des conférences et formations ponctuelles.

Il a également affirmé que, malgré l’évolution rapide des technologies, les principes fondamentaux liés à la liberté d’expression, au droit à l’information et à la diffusion de contenus fiables demeurent inchangés.

D’après le responsable, cette rencontre s’inscrit dans la continuité des efforts engagés depuis plusieurs années au Maroc en faveur de l’éducation aux médias et à l’information, rappelant que le Royaume avait accueilli dès 2011 l’une des premières conférences internationales consacrées à cette thématique sur le continent africain.

Il a relevé que cette approche repose avant tout sur les droits humains fondamentaux, notamment la liberté d’expression et le droit d’accéder à une information fiable et de qualité.

Dans une déclaration à la MAP, la directrice de l’International Spring Academy on Media and Information Literacy Diplomacy, Drissia Chouit, a appelé à oeuvrer pour bâtir des passerelles entre l’éducation aux médias et à l’information, la diplomatie, la diversité linguistique, culturelle et médiatique, ainsi que les enjeux liés à l’intelligence artificielle et aux usages numériques.

Elle a relevé que cette rencontre réunit des représentants de 18 pays issus des cinq continents, avec la participation notamment de responsables de l’UNESCO, de l’ICESCO, de diplomates et d’experts internationaux, afin de débattre de l’urgence de renforcer l’éducation aux médias et à l’information comme droit humain fondamental.

Elle a par ailleurs souligné, que cette académie entend mobiliser décideurs et diplomates autour des enjeux de l’éducation aux médias et à l’information, dans un contexte marqué par l’exposition croissante des jeunes et des familles aux contenus numériques et par la nécessité de développer des mécanismes de compréhension critique et d’usage responsable des technologies numériques.

Cette manifestation internationale, qui se poursuit jusqu’au 13 mai à la Faculté des Lettres et des Sciences humaines de Meknès, est marquée par l’organisation de plusieurs sessions plénières consacrées notamment à la diplomatie de l’éducation aux médias et à l’information, à la diversité linguistique et culturelle à l’ère numérique, à l’intégrité de l’information, ainsi qu’aux enjeux de l’intelligence artificielle éthique et inclusive.

Le programme prévoit également des interventions d’experts, universitaires et responsables institutionnels représentant plusieurs pays, ainsi que des ateliers de formation, des espaces de dialogue et l’adoption de la “Déclaration de Meknès sur la diplomatie de l’éducation aux médias et à l’information”, avant la clôture officielle de cette première édition.

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