Festival national des arts d’Ahwach: focus sur les moyens de préservation d’un riche patrimoine culturel et civilisationnel

Dpress
Les dimensions culturelles et historiques de l’art d’Ahwach ainsi que les moyens de sauvegarde de ce patrimoine culturel et civilisationnel vivant ont été au cœur des débats lors d’un colloque organisé, samedi à Ouarzazate, dans le cadre de la 14ème édition du festival national des arts d’Ahwach.
Lors de cette rencontre tenue sous le thème « Ahwach à Ouarzazate et ses environs : histoire à raconter, valeurs à préserver et des perspectives à explorer » et encadrée par le Centre des études et de recherches « Assafou », un parterre d’académiciens, de chercheurs et d’experts ont mis en lumière l’importance de l’art ancestral d’Ahwach en tant que l’une des expressions artistiques phares dans les régions du sud Maroc y compris Ouarzazate et un vecteur de transmission des valeurs et de préservation de la mémoire collective.
Composante essentielle du patrimoine culturel immatériel marocain, cet art séculaire et les chants et danses qui y sont associés sont perpétués par des troupes traditionnelles qui veillent toujours à sa préservation et sa transmission aux nouvelles générations, ce qui nécessite davantage d’efforts en matière de documentation et d’archivage pour préserver cette tradition orale.
A cette occasion, Mohamed Ait Maskour directeur du Centre « Assafou » et coordinateur du colloque, a affirmé que l’implication du monde de la recherche académique dans la valorisation et la préservation des arts de l’Ahwach devrait ouvrir de larges perspectives aux chercheurs en matière pour explorer, grâce à des démarches scientifiques et académiques, les différentes dimensions culturelles et historiques de l’art d’Ahwach.
Plus qu’un simple spectacle alliant chants et danses, l’Ahwach est une expression artistique unique, portée par la puissance du chant et la sagesse de la poésie, formant ainsi un univers artistique captivant exigeant des efforts rigoureux en matière d’analyse et de recherche académique pour contribuer au rayonnement de cet héritage culturel et civilisationnel vivant, a-t-il poursuivi.
Ainsi, le rôle de la recherche scientifique, à travers ses méthodologies et ses branches dédiées aux sciences humaines et sociales, est de s’atteler à l’étude de ce mélange fabuleux de chants, danses et mouvements corporels, l’analyse de son évolution au fil du temps et de ses fonctions sociales et symboliques entre passé et présent, a fait remarquer le chercheur.
Il s’agit également d’encourager la transmission intergénérationnelle de cet art, qui constitue une véritable passerelle entre passé et avenir, à travers l’appui aux études et recherches qui explorent la richesse de ce patrimoine ainsi que les mécanisme de sauvegarde d’une culture profondément enracinée, a-t-il insisté.
Pour sa part, Otmane Zouhri, enseignant-chercheur au Centre régional des métiers de l’éducation et de la formation (CRMEF) de Drâa-Tafilalet a affirmé que l’Ahwach se révèle bien plus qu’un simple spectacle, grâce à la diversité des éléments qui caractérisent cette tradition culturelle, soulignant qu’il s’agit, par essence, d’une odyssée artistique dotée d’une structure minutieuse et d’un système expressif intégré, reflétant la culture des communautés du sud-est du Maroc et la profondeur civilisationnelle de l’identité marocaine et sa capacité à conjuguer authenticité et ouverture.
Insistant sur l’importance de revisiter les différentes composantes de cet art, M. Zouhri a mis en avant la valeur ajoutée des lectures épistémologiques et critiques rigoureuses, afin de fournir un aperçu éclairé sur l’histoire de l’Ahwach et garantir la pérennité de cet héritage.
Les travaux de ce colloque scientifique se sont articulés autour de divers thèmes tels que « L’Ahwach : de la documentation ethnographique à l’interprétation sémiotique », où l’accent a été mis notamment sur les apports d’explorateurs et de chercheurs étrangers ayant traité de l’art d’Ahwach.
Les chercheurs présents lors de cette rencontre ont traité également de la thématique de « L’Ahwach : dynamique des valeurs, esthétique corporelle et enjeux de pérennité culturelle », où les débats ont porté sur le rôle de ce patrimoine ancestral dans la socialisation et la transmission des systèmes de valeurs.
Les interventions ont également discuté des voies de préservation du patrimoine culturel oasien en citant l’exemple de la troupe « Ahwach Afla N’Dra », la morphologie du costume et la gestuelle corporelle entre mémoire guerrière et spectacle et la poésie orale amazighe au prisme de la médiation culturelle.
Placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le 14è festival national des arts d’Ahwach (22-24 octobre) initié par le ministère de la Jeunesse, de la Culture et des Sports (Département de la Culture) et la préfecture de la province de Ouarzazate, en partenariat avec l’Association Ouarzazate Events, se propose de célébrer l’art séculaire d’Ahwach, l’une des expressions artistiques distinguées de la culture amazighe et une composante essentielle du patrimoine culturel immatériel marocain.
Avec à la clé un programme riche et varié, alliant spectacles, séminaires, ateliers de formation et « master classes », le festival vise à mettre en lumière la richesse artistique et esthétique des arts d’Ahwach, caractérisés par une fusion harmonieuse entre rythme collectif, danse, chant, poésie, costumes traditionnels et expression corporelle.



