Le Discours Royal au Parlement fixe une nouvelle équation de puissance

Dpress
Le Discours adressé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI au Parlement fixe une nouvelle équation de puissance : convertir les investissements en mobilité sociale, la régionalisation en capacité décisionnelle et les partenariats internationaux en réciprocité souveraine, a affirmé l’universitaire Cherkaoui Roudani.
Cette nouvelle équation trace les contours de « la prochaine étape de l’émergence marocaine, qui se jouera dans cette capacité à transformer la puissance acquise en puissance effectivement partagée, exercée et reconnue », a expliqué M. Roudani dans une déclaration à la MAP.
Après deux décennies d’investissements structurants, d’expansion industrielle et de consolidation des infrastructures, l’enjeu n’est plus seulement de construire la puissance, mais d’en assurer la conversion économique et sociale, a-t-il poursuivi.
De ce fait, a dit l’universitaire, l’Ambition Royale de concilier émergence économique et justice sociale introduit une exigence fondamentale: permettre à la richesse produite de générer des emplois, des revenus et des perspectives d’ascension.
Cette orientation consacre le passage de l’État bâtisseur à l’État producteur de mobilité sociale, a-t-il soutenu, estimant que la jeunesse devient ici une question de sécurité économique nationale.
M. Roudani a, dans ce sens, souligné qu’une économie qui investit massivement sans offrir suffisamment de perspectives à ses diplômés risque d’entretenir une fracture entre le progrès national visible et le progrès individuel ressenti, ajoutant que la consolidation de la classe moyenne constitue, dès lors, une infrastructure stratégique de stabilité et de confiance institutionnelle.
Mettant en avant l’Appel Royal à de nouvelles stratégies hydriques, énergétiques, alimentaires, industrielles et technologiques, qui révèle également une conception élargie de la souveraineté, M. Roudani a expliqué que dans un environnement géoéconomique marqué par la fragmentation des chaînes d’approvisionnement, la sécurité nationale dépend désormais de la maîtrise des vulnérabilités critiques, estimant que cette souveraineté productive suppose des capacités industrielles, des réserves stratégiques et un secteur privé capable de transformer l’investissement en valeur ajoutée durable.
Et d’affirmer que la dimension territoriale constitue aussi l’une des inflexions politiques majeures du Discours de Sa Majesté le Roi, notant qu’en déclarant intolérables les retards de la déconcentration, le Souverain met en évidence une contradiction structurelle : l’accélération du temps stratégique de l’État face à la lenteur du temps administratif.
« Cette situation appelle une resynchronisation institutionnelle et le passage d’une régionalisation essentiellement administrative à une régionalisation productive », a-t-il fait remarquer, ajoutant que les régions doivent devenir des centres effectifs de décision et de création de richesses.
Sur le plan géopolitique, M. Roudani a estimé que le Discours Royal introduit une clarification majeure des rapports avec l’Espagne et l’Union Européenne.
« En rappelant que la coopération migratoire relève d’un choix souverain, insusceptible de chantage, Sa Majesté le Roi affirme les fondements d’un partenariat de réciprocité souveraine », a-t-il soutenu, relevant que le Maroc « refuse que sa contribution à la sécurité européenne soit dissociée de la reconnaissance de ses intérêts stratégiques ».
A cet égard, l’universitaire a fait observer que le document, qui sera présenté par le Maroc à ses partenaires comme annoncé par le Souverain, pourrait ainsi déplacer la coopération d’une logique de gestion sécuritaire vers une architecture de co-développement, de compétitivité et de responsabilités partagées, faisant du Royaume un partenaire de conception stratégique.



