Art et Culture

Moussem d’Assilah : Driss Ksikes signe la version arabe de son roman “Textures du chaos”

Dpress

La version arabe du roman « Textures du chaos » de l’écrivain et chercheur marocain Driss Ksikes a été présentée et signée lors d’une rencontre culturelle organisée dans le cadre de la session d’automne de la 47ème édition du Moussem culturel international d’Assilah, en présence d’un parterre de romanciers, d’écrivains et de critiques.

S’exprimant lors de la cérémonie de signature, M. Ksikes a indiqué que la genèse de cet ouvrage procède d’une longue réflexion, faisant part de l’influence exercée sur sa démarche par l’écrivain postmoderniste américain Thomas Pynchon qui, à l’instar de grands auteurs russes, offre des grilles de lecture permettant de décrypter les strates dissimulées de la société.

« J’ai été obsédé par l’idée des city-novels où la métropole n’est pas un simple décor, mais agit comme un personnage à part entière qui influence. Ces romans sont capables de trouver la forme et l’esthétique adéquates pour traduire toute la complexité de l’espace urbain », a-t-il fait savoir.

Parue en 281 pages aux éditions Le Fennec, la version arabe de cet ouvrage est née de l’initiative du poète et écrivain Mohamed Hmoudane, a indiqué le romancier, saluant la rigueur et l’engagement du traducteur.

« Une chose étrange s’est produite lorsque le texte est paru : il m’a semblé plus proche de moi que la version originale que j’avais moi-même écrite en français », a-t-il reconnu, précisant que ce travail de traduction s’est étalé sur une année, rythmée par des échanges riches et constants avec le traducteur.

Évoquant le passage de la dramaturgie au roman, M. Ksikes a souligné que l’auteur issu du monde théâtral redoute souvent de s’égarer en abordant la fiction narrative, et ce  » par crainte de diluer le sens ou de perdre l’attention du lecteur en raison de l’ampleur du récit, ce qui explique le temps nécessaire pour parvenir à démêler le fil d’un tel labyrinthe narratif ».

De son côté, le secrétaire général de la Fondation du Forum d’Assilah, Hatim Betioui, a souligné que la célébration des œuvres romanesques récentes dans le cadre de cet événement revêt une signification toute particulière.

« L’importance de présenter un texte comme ‘Textures du chaos’ se trouve redoublée, car il incarne une forme de roman complexe autour de l’espace urbain marocain, et plus particulièrement Casablanca, ses habitants et ses complexités urbanistiques et humaines », a-t-il poursuivi.

M. Betioui a expliqué que tout en permettant au lecteur d’investir des mondes imaginaires, le roman lui offre simultanément l’opportunité d’observer sa propre réalité sous des angles inédits, invitant à « reposer des questions qui peuvent sembler familières, mais qui demeurent ouvertes à de multiples perspectives ».

De son côté, le chercheur et critique marocain, Charafdine Majdouline a indiqué que l’écriture de l’œuvre trouve son origine dans le fait que le genre romanesque est intrinsèquement lié à la cité, estimant qu’il était impossible d’envisager le roman en dehors de la notion d’urbanité.

« Cette dimension urbaine explique la présence constante chez les personnages d’un penchant pour le voyeurisme, la propagation de fausses nouvelles et les intrusions répétées dans la vie privée », a-t-il souligné.

Et de conclure que l’ensemble de ces éléments façonne l’univers de cet ouvrage qui, au-delà de son titre « Textures du chaos », recelait en son sein un véritable chaos organisé.

Les travaux de l’écrivain et dramaturge Driss Ksikes, né à Casablanca en 1968, se partagent entre le théâtre, le roman et l’essai, en plus de contributions académiques consacrées à la littérature, aux médias et à la culture.

Parmi ses ouvrages phares figurent notamment « Au détroit d’Averroès » (Éditions Le Fennec, 2017 – Éditions Fayard, 2019) ainsi que « Le métier d’intellectuel : Dialogues avec quinze penseurs du Maroc », coécrit avec Fadma Aït Mous dans le cadre de la collection des Éditions de l’Université Citoyenne.

Il a été sélectionné en 2012 parmi les six meilleurs dramaturges africains par Le National Studio Theatre de Londres.

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