Marrakech célèbre l’héritage poétique de Mahmoud Darwich

Dpress
L’Institut français de Marrakech a abrité, samedi, une rencontre artistique célébrant l’héritage poétique de Mahmoud Darwich, figure majeure de la poésie arabe contemporaine et l’une des voix les plus largement lues et traduites de la littérature arabe.
Cette soirée avait pour objectif de faire redécouvrir l’œuvre de ce grand poète palestinien, à travers un programme mêlant lectures poétiques bilingues, intermèdes musicaux et projection cinématographique, offrant plusieurs regards sur un parcours littéraire profondément marqué par l’exil, la mémoire, l’identité et la quête de liberté.
Entre la langue arabe, la traduction, la musique, la lecture et le cinéma, cette célébration rappelle la place de Mahmoud Darwich dans le patrimoine poétique contemporain et la capacité de ses textes à renouveler, encore aujourd’hui, la réflexion sur la terre, l’identité, la mémoire et l’exil.
Ainsi, le public a eu droit à une série de lectures poétiques bilingues et en arabe des poèmes les plus célèbres de Darwich, permettant ainsi de renouer avec la richesse et la musicalité de son écriture, tout en contribuant à restituer la force originale de ses textes et leur dimension profondément liée à la langue.
La programmation a également été ponctuée par des intermèdes musicaux, créant un dialogue entre poésie et musique et prolongeant l’atmosphère captivante qui a marqué cette rencontre consacrée à l’un des grands noms de la poésie arabe.
Dans une déclaration à la MAP, Flora Boillot, directrice déléguée de l’Institut français de Marrakech, a souligné que cette rencontre s’inscrit dans une constellation d’événements portés par le Centre Pompidou et organisés à travers le monde, en hommage à Mahmoud Darwich, considéré comme l’une des grandes voix de la poésie arabe contemporaine.
Mme Boillot a relevé l’importance de faire redécouvrir au public l’œuvre d’un poète dont l’écriture dépasse les frontières et les contextes pour rejoindre une dimension profondément universelle en abordant notamment des thématiques qui résonnent bien au-delà de son expérience personnelle et du contexte palestinien.
« À travers une écriture à la fois intimiste et collective, le poète explore en particulier l’exil, l’identité, la mémoire, l’amour et l’attachement à la terre, autant de thématiques susceptibles de toucher des lecteurs de différentes cultures », a-t-elle rappelé.
De son côté, le chercheur Samir Ouanassi a insisté sur la richesse de l’œuvre de Darwich, qui se distingue par une grande musicalité et une capacité à conjuguer la force du verbe avec une profonde dimension humaine.
« La poésie de Darwich se prête ainsi particulièrement à la déclamation poétique, permettant de restituer, par la voix et le rythme, toute la densité émotionnelle de ses textes et leur dimension lyrique », a-t-il fait observer.
Par ailleurs, la soirée s’est poursuivie avec la projection du film « Mahmoud Darwich : et la terre, comme la langue », réalisé par Simone Bitton, une œuvre qui permet d’explorer autrement l’univers du poète et les liens étroits entre sa création littéraire, son rapport à la terre et la place centrale de la langue dans son œuvre.
Cette manifestation s’inscrit dans le cadre du « Poetry Day », une initiative internationale du Centre Pompidou lancée en 2020 dans le but de réinventer les formes de célébration et de partage de la poésie.
Organisée en partenariat avec l’Institut du monde arabe, cette édition propose un hommage collectif et contemporain à Mahmoud Darwich, à travers des lectures, rencontres et performances invitant à revisiter une œuvre dont la portée dépasse largement les frontières palestiniennes et arabes.



