Des souks aux douars, la campagne électorale à Sefrou au plus près des préoccupations du monde rural

Dpress
Un jour de souk à Imouzzer Kandar, les allées s’animent dès les premières heures de la matinée. Agriculteurs venus des douars voisins, éleveurs, commerçants et habitants se croisent entre les étals. Dans cette ambiance habituelle, les conversations prennent aussi, à l’approche du scrutin législatif du 23 septembre, une tonalité électorale.
Les candidats et leurs équipes parcourent les différents espaces du souk, présentent leurs programmes et échangent avec les habitants. Mais les discussions reviennent rapidement aux préoccupations du quotidien : l’eau, les routes, l’agriculture, l’élevage, la santé, l’école et l’emploi.
La province de Sefrou compte 23 communes territoriales, dont 18 rurales, et trois sièges sont à pourvoir à la Chambre des représentants. La campagne investit ainsi les marchés hebdomadaires comme les localités et douars dispersés sur les contreforts du Moyen Atlas.
Aux souks de lundi d’Immouzer Kandar ou de mercredi à Bhalil, les préoccupations économiques occupent une place importante. Entre les étals, agriculteurs et commerçants évoquent le coût des intrants, l’accès au financement, les débouchés pour les produits agricoles et les difficultés liées aux conditions climatiques.
« Nous avons surtout besoin d’un accompagnement qui nous permet de continuer à travailler dans de bonnes conditions », résume un agriculteur rencontré sur place, évoquant l’accès aux équipements, au financement et au conseil technique.
Dans les zones agricoles et pastorales, l’eau revient régulièrement dans les conversations. Les agriculteurs interpellent les candidats sur les moyens de préserver les ressources et de soutenir leurs exploitations face aux périodes de sécheresse et aux fluctuations des précipitations.
Les attentes portent notamment sur l’irrigation, le stockage de l’eau et l’accompagnement des petites exploitations. La préservation des cultures de cerises, de prunes et d’olives est également évoquée, tout comme le soutien à l’élevage, activité importante pour de nombreuses familles rurales.
En quittant les marchés pour gagner les douars, la question du désenclavement prend davantage de relief. Les habitants évoquent l’état des pistes et les difficultés de circulation qui compliquent parfois l’accès aux souks, aux établissements scolaires et aux structures de santé.
« Quand la route est difficile, tout devient plus compliqué : aller au souk, transporter les produits agricoles, rejoindre le centre de santé ou accompagner les enfants à l’école », explique un habitant.
Le transport scolaire fait partie des préoccupations exprimées dans les localités éloignées des établissements. Les familles souhaitent des circuits mieux adaptés afin de faciliter la scolarisation des enfants et limiter les risques de décrochage.
La santé constitue un autre sujet récurrent. Dans plusieurs communes rurales, les habitants demandent le renforcement des structures sanitaires de proximité, tant au niveau des équipements que des ressources humaines. L’éloignement de certains services médicaux est particulièrement évoqué par les populations des zones montagneuses.
Dans les communes d’Ighezrane, Tazouta et Dar El Hamra, les rencontres de proximité donnent également lieu à des échanges sur les services sociaux et l’accès aux prestations publiques. Les habitants souhaitent être mieux accompagnés dans leurs démarches et voir les services administratifs se rapprocher davantage des populations éloignées.
A Aïn Cheggag et Ribat El Kheir, les discussions prennent une forte dimension économique. Agriculteurs, commerçants et éleveurs insistent sur la nécessité de soutenir les petites activités et de préserver l’emploi local. Les jeunes occupent une place importante dans les échanges, avec des demandes portant sur la création d’opportunités professionnelles et l’accompagnement des initiatives locales.
Dans les douars, les rencontres se tiennent parfois sous des tentes ou dans des espaces ouverts. Les candidats exposent leurs orientations tandis que les habitants formulent directement leurs demandes et interrogent les représentants des formations en lice.
D’un territoire à l’autre, les mêmes préoccupations reviennent avec des nuances : l’eau pour les agriculteurs, les routes pour les populations enclavées, le transport scolaire pour les familles et l’emploi pour les jeunes. Les services de santé et l’accompagnement des activités économiques complètent ce tableau des attentes exprimées au fil de la campagne.
La compétition porte sur trois sièges, dans une circonscription où les candidats poursuivent leurs réunions publiques et leurs rencontres de proximité jusqu’au 22 septembre, conformément aux règles encadrant la campagne électorale.
A deux jours du scrutin, les marchés et les douars constituent ainsi des espaces privilégiés du dialogue électoral. Derrière les programmes présentés aux électeurs, les échanges ramènent la campagne à des préoccupations très concrètes : disposer d’eau, circuler dans de meilleures conditions, accéder aux soins et à l’école, soutenir l’agriculture et offrir aux jeunes des perspectives d’emploi.
D’El Menzel à Bhalil, d’Aïn Cheggag à Ribat El Kheir, et des centres ruraux aux douars d’Ighezrane, Tazouta et Dar El Hamra, la campagne se poursuit au plus près d’un électorat rural qui fait entendre ses attentes à l’approche du rendez-vous du 23 septembre.



