Élections législatives : la justice sociale au cœur des priorités du programme de l’Alliance de la gauche

Dpress
L’Alliance de la gauche, qui regroupe le Parti de la Fédération de la gauche démocratique (FGD) et le Parti socialiste unifié (PSU), prend part aux élections législatives du 23 septembre, avec un programme électoral principalement axé sur la justice sociale.
En effet, l’Alliance considère que l’édification d’un État de développement passe notamment par l’instauration d’un contrat institutionnel liant la responsabilité à la reddition des comptes, ainsi que par la lutte contre la corruption et la criminalisation de l’enrichissement illicite.
En matière de justice sociale, l’Alliance appelle, dans son programme, à « éviter la logique marchande lorsqu’il s’agit des services essentiels » et s’engage à réduire le chômage et à renforcer la protection de l’action syndicale.
Sur le plan économique, l’Alliance propose une transition radicale vers une « économie de production et de souveraineté nationale » et entend « rompre avec les politiques de rente et de monopole ».
Afin d’assurer la mise en œuvre de ces engagements, l’Alliance de la gauche propose une architecture financière détaillée, baptisée « Pacte de financement souverain », dont l’objectif est de mobiliser 162 milliards de dirhams par an à l’horizon 2031.
À ce sujet, le secrétaire général du PSU, Jamal Laasri, a indiqué que le programme électoral de l’Alliance constitue un « contrat politique » avec les citoyens, ajoutant que la principale voie et la clé de la mise en œuvre de tout projet de société résident dans l’adoption de profondes réformes pour atteindre les objectifs souhaités.
Dans une déclaration à la MAP, il a souligné que la vision de l’Alliance repose sur l’édification d’une économie productive et solidaire permettant de garantir la souveraineté nationale, appelant à assurer la sécurité alimentaire en priorisant l’agriculture vivrière au lieu de se concentrer exclusivement sur l’agriculture destinée à l’exportation, à promouvoir le monde rural, à développer un tissu industriel national et à garantir la souveraineté énergétique.
Concernant la justice sociale, M. Laasri a insisté sur l’impératif de préserver la dignité des citoyens, notamment des catégories vulnérables, de garantir la gratuité et l’unification de l’enseignement dans les établissements publics scolaires et universitaires, de soutenir la recherche scientifique et de protéger les droits des travailleurs.
Il a, en outre, estimé que les secteurs vitaux tels que l’éducation, la santé, le logement et l’emploi ne doivent pas être soumis à la logique du profit matériel, ce qui porte atteinte au pouvoir d’achat du citoyen.
Concernant le chantier de la protection sociale, il a indiqué que l’Alliance a présenté des propositions pratiques, notamment l’exonération de TVA des produits de première nécessité et des médicaments, le relèvement du salaire minimum à 5.000 dirhams, l’octroi d’une prime de naissance de 5.000 dirhams, d’une aide financière aux personnes âgées et aux veuves, ainsi que d’une allocation de 2.000 dirhams aux diplômés à la recherche d’un emploi.
Ces propositions comprennent également la prise en charge intégrale des maladies chroniques et la mise à disposition de 100.000 logements publics dont le loyer serait adapté au niveau de revenu.
De son côté, le secrétaire général de la FGD, Abdeslam El Aziz, a estimé que les prochaines échéances interviennent dans un contexte marqué par des défis économiques, sociaux, climatiques et technologiques aussi bien nationaux qu’internationaux.
Il a, par ailleurs, plaidé pour une véritable refonte institutionnelle et politique, qui favorisera le passage à une économie productive permettant de répondre aux différentes attentes.
S’agissant de la dimension sociale, M. El Aziz a insisté sur l’urgence d’améliorer la condition des populations vivant dans la précarité et d’œuvrer pour garantir une vie digne à l’ensemble des citoyens.
Dans cette perspective, l’Alliance de la gauche, a-t-il dit, entend défendre son programme électoral qui constitue, selon lui, « une rupture avec les politiques néolibérales » menées ces dernières années.
A ce propos, M. El Aziz a expliqué que la stratégie de l’Alliance repose d’abord sur un « discours de vérité » et « un diagnostic sans complaisance » de la situation économique et sociale, précisant qu’elle privilégie l’analyse des réalités vécues par les citoyens plutôt que les promesses, avec un effort particulier consacré aux secteurs clés de l’économie et des services sociaux.
Le porte-à-porte constitue, d’après lui, le principal axe du dispositif de la campagne électorale, avec une présence effective sur le terrain adossée à une utilisation ciblée des réseaux sociaux. Cette approche vise à renforcer le dialogue avec les électeurs, à présenter le programme de l’Alliance et à élargir son audience, a-t-il poursuivi.
Il a, par ailleurs, souligné la place accordée aux femmes et aux jeunes au niveau des candidatures, dans le cadre de la démarche menée en étroite coordination avec le PSU, notant que ces candidatures incarnent le renouvellement auquel aspire l’Alliance en vue d’insuffler une nouvelle dynamique à son projet politique.
M. El Aziz a, en outre, insisté sur la nécessité d’instaurer un climat de confiance et de moraliser la vie publique à travers des mesures économiques et sociales concrètes, ainsi qu’une stratégie globale de lutte contre les conflits d’intérêts et l’enrichissement illicite.
Ces mesures sont de nature à préserver l’intégrité de la gestion de la chose publique et à renforcer la justice sociale, a-t-il conclu.



