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Benguerir: L’intégration des femmes dans les systèmes agroalimentaires au cœur des échanges de l’Année internationale des agricultrices

Dpress

La nécessité de renforcer la place des femmes comme actrices économiques et moteurs de transformation des systèmes agricoles et alimentaires a été au centre des échanges, mardi à Benguerir, lors d’une rencontre internationale organisée à l’occasion de l’Année internationale des agricultrices 2026, sous le thème « Where Women Lead, Food Systems Transform ».

Organisée par le Groupe OCP, cette rencontre de trois jours réunit des agricultrices, scientifiques, entrepreneures, experts, acteurs publics, institutions internationales, organismes de financement et représentants d’organisations engagées dans le développement agricole.

Intervenant à cette occasion, Sabra Machrouhi, cheffe du département de promotion du secteur coopératif à l’Office du Développement de la Coopération (ODCO), a mis en avant le rôle des coopératives dans le renforcement du leadership économique des femmes, soulignant l’importance de mieux valoriser leur contribution aux chaînes de valeur agricoles et à l’économie sociale.

Elle a également relevé que le développement des coopératives féminines nécessite un accompagnement adapté, notamment en matière d’accès aux marchés, au financement, à l’information et aux services susceptibles de renforcer leur capacité à créer davantage de valeur.

Pour sa part, Harry Shawyer, Partnerships Officer à l’Innovation Accelerator du Programme alimentaire mondial (PAM), a insisté sur l’importance des partenariats et de l’innovation pour faire émerger des solutions répondant aux réalités des femmes engagées dans les systèmes agricoles et alimentaires.

Il a, dans ce sens, mis en avant la nécessité de rapprocher les acteurs de l’innovation, les institutions, les organisations locales et les communautés afin de favoriser l’adoption de solutions concrètes et leur déploiement à plus grande échelle.

De son côté, David Laborde, directeur de la Division de l’économie agroalimentaire à l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a souligné l’importance de placer les femmes au cœur des politiques et stratégies visant à renforcer la sécurité alimentaire et la résilience des systèmes agroalimentaires.

À cet égard, M. Laborde a relevé la nécessité de mieux prendre en compte les contraintes spécifiques auxquelles sont confrontées les femmes, notamment en matière d’accès aux ressources productives, au financement, aux technologies, à l’information et aux services de conseil agricole.

Par ailleurs, d’autres intervenants ont mis l’accent sur l’importance de passer d’une logique centrée sur l’accès à une approche favorisant l’adoption effective des solutions et la création de valeur, notamment à travers des services de conseil adaptés, l’innovation, les outils numériques et le renforcement des capacités.

Cette approche s’inscrit dans les priorités de la rencontre, qui visent notamment à explorer la contribution de la science, des données, du numérique et des nouvelles technologies à l’amélioration des conditions de production et de résilience des agricultrices, tout en favorisant leur participation aux processus de décision et aux chaînes de valeur.

Dans ce sillage, les participants ont souligné que le défi ne consiste plus uniquement à démontrer l’efficacité des solutions, mais à identifier les conditions permettant leur adaptation, leur reproduction et leur déploiement à plus grande échelle.

Cette rencontre ambitionne ainsi de favoriser une meilleure articulation entre science, terrain, innovation, politiques publiques, financement et partenariats, afin de faire émerger des solutions agricoles davantage centrées sur les réalités des femmes et susceptibles de générer un impact durable.

Au programme de cette première journée figuraient deux sessions plénières consacrées, d’une part, au leadership et à l’impact économique des agricultrices et, d’autre part, au rôle de la science, des données et de l’innovation au service des femmes agricultrices, ainsi que trois masterclasses axées sur des problématiques concrètes de transformation agricole.

La deuxième journée sera consacrée aux conditions nécessaires au passage du modèle pilote à une transformation à plus grande échelle, avec une séquence consacrée à la « FAO Global Roadmap Inception Presentation in Morocco » et aux politiques publiques, partenariats et mécanismes de changement d’échelle.

La troisième journée sera, quant à elle, dédiée à une immersion sur le terrain dans la province de Rehamna, permettant aux participants d’observer des modèles de conseil et d’accompagnement agricole ainsi que des coopératives féminines accompagnées dans le cadre du programme Al Moutmir du Groupe OCP.

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