AES 2026 : l’intégration du marché africain, un levier de compétitivité pour le continent

Dpress
L’intégration du marché africain constitue un levier essentiel pour renforcer la compétitivité du continent, a affirmé, lundi à Rabat, à l’occasion de la 4ème édition de l’Africa Economic Symposium (AES), le secrétaire général du secrétariat de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), Wamkele Mene.
Ce symposium, initié par le Policy Center for the New South (PCNS) sous le thème « Transformer les transitions en croissance », a été l’occasion pour M. Mene de souligner que l’Afrique dispose désormais des outils nécessaires pour accélérer sa transformation économique. Pour lui, la réduction des barrières au commerce et à l’investissement constitue une condition essentielle pour bâtir un marché africain intégré et soutenir une croissance durable.
Parallèlement, le secrétaire général a relevé que le continent demeure confronté à une fragmentation économique qui se manifeste notamment au niveau des chaînes de valeur, des politiques industrielles et des systèmes de paiement, notant que l’Afrique compte 42 monnaies, une situation qui engendre, selon les estimations du secrétariat de la ZLECAf, un coût annuel avoisinant cinq milliards de dollars en matière de convertibilité des devises.
M. Mene a, par ailleurs, estimé que si les réformes macroéconomiques demeurent indispensables, elles ne peuvent, à elles seules, assurer la transformation structurelle du continent, plaidant pour le renforcement des capacités productives, le développement industriel, l’amélioration de la productivité et la diversification des marchés d’exportation.
Il a également mis en avant les opportunités offertes par la transition verte et l’économie numérique, jugeant que les ressources minérales critiques de l’Afrique et le potentiel de son économie numérique constituent des atouts majeurs pour soutenir une industrialisation compétitive et une croissance plus inclusive.
Évoquant les avancées enregistrées dans la mise en œuvre de la ZLECAf, M. Mene a cité le Système panafricain de paiement et de règlement en monnaies locales, le Fonds d’ajustement de la ZLECAf, capitalisé à plus d’un milliard de dollars par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), ainsi que l’Initiative africaine pour l’industrialisation verte qui ambitionne de mobiliser 100 milliards de dollars d’investissements.
Il a fait savoir que les échanges commerciaux intra-africains ont atteint, selon les projections du secrétariat de la ZLECAf, près de 220 milliards de dollars en 2024, en progression de 12,4% par rapport à l’année précédente, ce qui témoigne de la montée en puissance du commerce continental.
M. Mene a toutefois fait remarquer que plusieurs défis persistent, notamment le coût élevé du transport, de la logistique, du financement du commerce et des infrastructures, ainsi que la fragmentation des systèmes de paiement, appelant à poursuivre les réformes afin de renforcer la compétitivité des économies africaines et de favoriser la création d’emplois sur le continent.
Ce symposium de deux jours sera l’occasion d’examiner les moyens pour l’Afrique de transformer l’abondance de ses ressources naturelles en opportunité de développement et de naviguer la transition climatique et énergétique pour une croissance résiliente.
Il analysera aussi les leviers permettant de faire de la transformation numérique un moteur de changement structurel inclusif, de recalibrer les politiques sociales au service d’une croissance partagée et de mobiliser les architectures de financement requises pour soutenir ces trajectoires de transformation.



