Art et Culture

Festival Gnaoua et Musiques du Monde: une soirée d’exception aux rythmes envoûtants sur la scène Moulay El Hassan

Dpress

 La cité des Alizés a vibré, vendredi soir, aux rythmes envoûtants qui ont marqué la deuxième journée du Festival Gnaoua et Musiques du Monde, offrant une soirée d’exception à un public qui a afflué en masse vers l’emblématique Scène Moulay El Hassan.

Lors de cette deuxième soirée de la 27e édition de cet événement culturel incontournable, placé sous le signe du dialogue des cultures, du métissage musical et de la transmission, des artistes venus d’univers variés ont enflammé la scène en mêlant habilement leurs racines locales à des influences contemporaines, transformant cet espace en un laboratoire de création libre et métissée.

Pour lancer les festivités, Maâlem Amine Daoudi a eu l’honneur d’ouvrir le bal. Faisant résonner son guembri sous la brise océane d’Essaouira, le Maâlem a d’emblée plongé la foule dans la transe gnaouie, donnant le ton d’une nuit qui s’annonçait mystique. Portée par les cliquetis des qraqebs, l’énergie est montée crescendo, captivant un public cosmopolite et intergénérationnel.

Le voyage musical a ensuite pris une dimension internationale avec l’entrée en scène du légendaire bassiste et chanteur Richard Bona. Par sa virtuosité et ses mélodies douces, il a enveloppé la place d’une atmosphère aux accents jazz et world music.

L’apothéose de ce segment a été atteinte lors d’un moment de grâce absolue, avec l’apparition de la star marocaine Asma Lmnawar en tant qu’invitée spéciale. Cette rencontre musicale a offert une fusion spectaculaire, où la puissance vocale de Lmnawar a épousé le groove de Bona, soulevant des tonnerres d’applaudissements.

La ferveur n’est pas retombée, puisque l’imposante formation The Harlem Spirit of Gospel, venue des États-Unis, a pris le relais, inondant la place d’une spiritualité vibrante et d’une ferveur communicative propres à la culture afro-américaine.

La magie des fusions qui fait l’ADN du festival a de nouveau opéré lorsque le public a assisté à une rencontre au sommet entre le prodige marocain Mehdi Qamoum et The Harlem Spirit of Gospel by Anthony Morgan. Les polyphonies américaines se sont mêlées de manière organique aux cadences marocaines, créant un pont invisible mais puissant entre les deux continents.

L’ambiance festive a ensuite laissé place à une émotion palpable, lors d’un moment de pur recueillement, quand la scène a accueilli un hommage poignant au regretté feu Maâlem Mustapha Baqbou.

Afin de célébrer la mémoire de ce monument de la culture Gnaoua, une constellation de maîtres s’est réunie, Maâlem Abdeslam Alikkane & Tyour Gnaoua, Hamza Baqbou, ainsi que les Maâlems Abdelkebir Merchane et Mohamed Kouyou.

Ensemble, ils ont entonné les chants du répertoire classique, rappelant que si le festival innove à travers ses fusions, il demeure avant tout le gardien jaloux et le protecteur d’un patrimoine ancestral inestimable.

L’effervescence s’est poursuivie tard dans la nuit, les effluves d’encens se mêlant à l’air marin, confirmant une fois de plus le statut d’Essaouira comme capitale mondiale de la paix et de la fraternité par la musique.

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