Mawazine : A Chellah, Melina Vlachos célèbre les traditions grecques et la modernité

Dpress
Dans l’écrin historique du Chellah, l’un des sites les plus emblématiques du Festival Mawazine- Rythmes du Monde, la chanteuse franco-grecque Melina Vlachos a offert, lundi soir, un spectacle aussi vibrant qu’authentique, transportant le public dans un voyage musical entre Méditerranée, Balkans et Orient.
Vêtue simplement d’un jean et de baskets, des créoles aux oreilles et un collier à médaillons autour du cou, l’artiste est apparue sur scène loin des artifices, privilégiant la proximité avec son public.
Dès les premières notes de oud, son instrument de prédilection, elle a imposé une présence magnétique, accompagnée d’un groupe composé notamment d’un batteur et d’une claviériste.
Tout au long de la soirée, Melina a alterné entre compositions personnelles et inspirations issues du patrimoine musical grec. Le public a ainsi découvert ou redécouvert des titres phares de son répertoire, parmi lesquels « Mila Mou Normal », « Au Revoir » et « Kano Traka ».
Entre les morceaux, l’artiste a laissé s’exprimer sa passion pour la danse, intégrant à sa prestation des mouvements inspirés des traditions méditerranéennes qui font partie intégrante de son univers artistique.
Née et élevée à Paris dans une famille franco-grecque où la musique et la danse se transmettaient de génération en génération, Melina Vlachos puise dans un héritage culturel riche qu’elle réinvente avec une sensibilité résolument contemporaine.
Formée au chant oriental et au oud au conservatoire de Gennevilliers, elle mêle avec naturel les sonorités grecques traditionnelles, le rebetiko, les influences balkaniques et orientales, tout en y intégrant des touches de pop moderne et d’électro.
Cette identité singulière s’est pleinement exprimée sur la scène du Chellah. Sa voix, caractérisée par des mélismes subtils hérités des traditions orientales, a donné une profondeur particulière à des chansons abordant les thèmes qui traversent son œuvre : les racines, la mémoire familiale, la liberté, l’amour, mais aussi la fête et la célébration collective.
L’un des moments les plus émouvants de la soirée est intervenu lors de l’interprétation de « Au Revoir », une chanson écrite en hommage à sa grand-mère.
À l’inverse, « Kano Traka » a transformé l’atmosphère du site en une véritable célébration populaire, entraînant le public dans une énergie festive inspirée des mariages et fêtes traditionnelles grecques et balkaniques.
Révélée ces dernières années sur la scène européenne, notamment grâce à son premier EP Melina sorti en 2025, l’artiste s’impose aujourd’hui comme l’une des figures montantes de la nouvelle scène méditerranéenne.
Son talent a, d’ailleurs, été remarqué lors du festival Eurosonic Noorderslag (ESNS) aux Pays-Bas, tandis qu’elle a été nommée aux Music Moves Europe Awards 2026.
Au terme du concert, dans une ambiance chaleureuse et enthousiaste, Melina Vlachos a quitté son rôle d’interprète pour rejoindre la danse.
Dans un ultime moment de partage, elle a esquissé quelques pas avec un public conquis, clôturant une soirée où traditions ancestrales et création contemporaine se sont rencontrées avec grâce.
Au Chellah, l’artiste franco-grecque a ainsi confirmé que la musique peut être à la fois mémoire, célébration et passerelle entre les cultures, offrant à Mawazine l’un de ses moments les plus singuliers de cette édition.



