Tanger: Vernissage de l’exposition monographique “Ne tenir qu’à un fil”

Dpress
Le vernissage de l’exposition monographique intitulée « Ne tenir qu’à un fil », du plasticien marocain Mohamed Lekleti, a eu lieu, vendredi, au Musée de la Kasbah – Espace d’art contemporain de Tanger, dans le cadre de la Saison méditerranée 2026 portée par l’Institut français.
Organisée par la Fondation nationale des musées (FNM), en collaboration avec le Frac Occitanie Montpellier, cette exposition se poursuivra jusqu’au 30 novembre, offrant au public une immersion singulière dans l’univers artistique de Mohamed Lekleti,l’une des figures marquantes du dessin contemporain au Maroc et en France.
L’exposition propose un parcours riche mêlant œuvres in situ, sculptures hybrides, dessins et toiles, sans thématique apparente unificatrice. Toutefois, une lecture transversale laisse apparaître une réflexion profonde autour des mécanismes de contrôle et d’influence, qui traversent une grande partie des œuvres présentées.
Parmi les motifs récurrents figurent les microphones, utilisés comme métaphores du discours médiatique et de ses illusions. La présence fréquente de cartes géopolitiques de la Méditerranée suggère, quant à elle, des tensions liées à l’exil et au déracinement, renvoyant à des identités fragmentées, partagées entre cultures et langues, et marquées par une forme de dédoublement intérieur.
Dans une déclaration à la MAP, l’artiste a indiqué que cette exposition propose une lecture synthétique de son œuvre, structurée autour de trois axes majeurs, à savoir le jeu, le mythe et le territoire.
Il a précisé que cet événement s’inscrit dans le prolongement d’une précédente exposition tenue à Casablanca, tout en mettant en avant la singularité du Musée de la Kasbah, qui l’a conduit à concevoir un dispositif hybride associant œuvres accrochées et créations réalisées in situ.
L’artiste a également fait savoir qu’une partie des œuvres a été conçue de manière spontanée sur place, à la suite d’une première immersion dans l’espace d’exposition, ajoutant avoir réalisé spécialement pour cette occasion deux sculptures inédites.
Un second volet de cette exposition est prévu à Montpellier, du 24 septembre à fin décembre, renforçant ainsi sa dimension méditerranéenne et favorisant le dialogue artistique entre les deux rives de la Méditerranée.
Né à Taza, Mohamed Lekleti se distingue par une écriture plastique singulière, marquée par une grande dextérité graphique et une maîtrise sensible de la peinture.
Son travail se caractérise également par une utilisation variée d’objets, allant d’oiseaux empaillés à des titres de propriété ancestraux gravés dans le bois, en passant par des perruques, des masques africains ou encore des tapis de prière.



