societe et regions

Forum de l’Atlantique à Essaouira: Appel à une approche intégrée pour renforcer la résilience des littoraux

Dpress

Les participants à une table ronde organisée, vendredi à Essaouira, dans le cadre de la 2e édition du Forum de l’Atlantique, ont appelé à adopter une approche intégrée conciliant gouvernance territoriale, recherche scientifique, innovation et implication des acteurs locaux pour relever les défis auxquels sont confrontés les espaces côtiers.

Placée sous le thème « Co-construire l’avenir des littoraux : coopération, résilience et action collective au cœur des transitions », cette rencontre a permis de faire la lumière sur les enjeux liés aux changements climatiques, à la préservation des écosystèmes marins, à l’économie bleue régénérative ainsi qu’à la valorisation durable des ressources côtières.

Intervenant à cette occasion, l’ancienne ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, Nouzha Bouchareb, a relevé que les littoraux occupent aujourd’hui une place stratégique à la croisée des enjeux géopolitiques, économiques et environnementaux, rappelant leur importance dans la vision atlantique du Royaume, sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

L’évolution des approches internationales, notamment depuis le Sommet de Rio et l’adoption des Objectifs de développement durable, a conduit à considérer les territoires côtiers comme des espaces nécessitant une gestion intégrée mêlant dimensions environnementale, économique, sociale et culturelle, a-t-elle ajouté.

Mme Bouchareb a également insisté sur le rôle central de la planification territoriale et du renforcement des capacités des acteurs locaux, citant notamment l’expérience de la Gestion intégrée des zones côtières menée dans le Nord du Royaume comme illustration d’une approche favorisant la cohésion territoriale et la création de valeur au niveau local.

De son côté, le président de l’Université Hassan 1er de Settat, Abdellatif Moukrim, a mis en avant le potentiel considérable du milieu marin pour le développement du Maroc, estimant que l’avenir économique et scientifique du Royaume est étroitement lié à une meilleure valorisation de ses quelque 3.500 kilomètres de côtes.

Il a également présenté l’Initiative Royale pour l’Atlantique comme un modèle de codéveloppement, de solidarité et d’intégration régionale au service des pays africains.

M. Moukrim a, dans cette lignée, plaidé pour un investissement accru dans la formation, la recherche scientifique et le développement des compétences dans les domaines liés aux sciences de la mer, tout en attirant l’attention sur l’importance de l’innovation, de la valorisation des ressources halieutiques et du recours aux nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle (IA), pour améliorer la gestion des données environnementales et soutenir la prise de décision en matière de préservation et de développement des espaces maritimes.

Pour sa part, le directeur de l’Institut Scientifique de Rabat, Saïd Chakiri, a insisté sur la contribution de la recherche scientifique à la compréhension des dynamiques littorales et à l’élaboration de solutions adaptées aux défis environnementaux, rappelant la richesse exceptionnelle de la biodiversité présente le long des façades atlantique et méditerranéenne du Royaume, caractérisées par une forte concentration de sites d’intérêt biologique et écologique ainsi que d’aires protégées.

Évoquant les travaux menés par son institution, M. Chakiri a mis en garde contre l’accentuation de la vulnérabilité des littoraux sous l’effet conjugué des changements climatiques et des pressions anthropiques liées à l’urbanisation, au développement touristique et aux activités économiques.

Prenant la parole à son tour, la directrice de l’Institut supérieur des sciences de la mer (Blue Innovation) de Tunisie, Nawzet Bouriga, a présenté une vue d’ensemble sur les expériences conduites dans son pays en matière d’innovation bleue et de valorisation des ressources aquatiques, notant que les pays riverains de la Méditerranée et de l’Atlantique font face à des défis similaires liés aux changements climatiques, à la préservation des ressources halieutiques et à la sécurité alimentaire.

Dans cette perspective, elle a passé en revue plusieurs projets de recherche visant à développer de nouveaux débouchés pour des espèces peu valorisées ou invasives, à améliorer la valorisation des produits de la pêche et à renforcer les opportunités économiques au profit des coopératives et des femmes actives dans le secteur halieutique.

Elle a, par ailleurs, plaidé pour une recherche participative et innovante favorisant l’adaptation des écosystèmes aquatiques aux effets du changement climatique et le développement durable de l’économie bleue.

Organisé par le Centre International de Recherche et de Renforcement des Capacités (CI2RC), l’École Supérieure de Technologie (EST) d’Essaouira relevant de l’Université Cadi Ayyad (UCA), la Délégation provinciale des Pêches maritimes d’Essaouira, la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté – Maroc, l’Agence pour la Promotion de l’Éducation et de la Formation à l’Étranger (APEFE Maroc) ainsi que plusieurs partenaires nationaux et internationaux, cet événement de deux jours vise à approfondir les discussions autour des défis liés à l’avenir des territoires côtiers.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page