Coup d’envoi à Rabat du 1er Forum international de la diplomatie d’influence

Dpress
Le coup d’envoi du 1er Forum international de la diplomatie d’influence a été donné, mardi à Rabat, par la Fondation Diplomatique sous le thème « Diplomatie d’influence et mutations géopolitiques contemporaines : Vers de nouvelles approches de coopération internationale ».
Initié en partenariat avec le Groupe des épouses des ambassadeurs africains au Maroc (GEAAM), ce forum de deux jours vise à échanger les visions sur les perspectives de développement des relations diplomatiques africaines dans un contexte international en mutation, et à mettre en relief la place grandissante de la diplomatie d’influence en tant que levier pour renforcer la présence africaine sur la scène internationale.
Cet événement ambitionne également de mettre en lumière l’expérience marocaine pionnière en matière de consolidation de la coopération Sud-Sud, dont les fondements ont été jetés par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, à travers une vision africaine solidaire qui fait du co-développement, de la coopération multidimensionnelle et du renforcement des liens humains et culturels les piliers d’un partenariat africain agissant et durable.
S’exprimant à l’ouverture de cette rencontre, le président de la Fondation Diplomatique, Abdelati Habek, a souligné que la diplomatie contemporaine se construit désormais aussi à travers les liens de confiance, les relations humaines, ainsi que les initiatives culturelles, éducatives, sociales et humaines, outre la capacité à jeter des ponts entre les sociétés et non seulement entre les institutions.
M. Habek a indiqué que, face aux mutations accélérées du système international et au rôle croissant des acteurs non gouvernementaux, la diplomatie d’influence est devenue l’un des enjeux stratégiques majeurs des relations internationales contemporaines.
Pour sa part, la présidente du GEAAM, Nicole Mokolo Mangaya, a relevé que les épouses des diplomates contribuent pleinement au rayonnement du soft power africain, à travers la promotion des cultures et traditions du continent, les manifestations artistiques, les initiatives de solidarité et les réseaux de femmes africaines, estimant que leurs actions participent de manière significative et efficace à façonner une image moderne, dynamique et ouverte de l’Afrique.
Elle a affirmé que le Maroc occupe aujourd’hui une place géostratégique de premier plan au carrefour de l’Afrique, de l’Europe et du monde arabe, ajoutant que le Royaume est devenu, sous la conduite éclairée de SM le Roi Mohammed VI, un espace incontournable de dialogue continental, abritant les sièges de plusieurs organisations internationales et accueillant de nombreux forums économiques, culturels et africains.
De son côté, le ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, Mohamed Saad Berrada, a souligné que les relations unissant le Maroc aux pays du continent africain dépassent le cadre des intérêts communs et des partenariats stratégiques pour se fonder sur un capital historique et des valeurs partagées, ainsi que sur une volonté collective de bâtir un avenir basé sur la solidarité, la confiance et le co-développement.
Dans une allocution lue en son nom par le Directeur des ressources humaines et de la formation des cadres au ministère, Mohamed Adardour, le ministre a expliqué que l’éducation occupe une place centrale dans ce processus, en tant qu’un des leviers les plus puissants de rapprochement et de compréhension entre les peuples, grâce aux espaces de dialogue, d’interaction et de respect mutuel qu’offrent l’école et les activités éducatives, sportives et culturelles pour tisser des liens humains durables entre les générations.
A cet égard, il a relevé que le Maroc consacre sa vocation de terre d’ouverture, d’accueil et d’échange de savoirs. Ses établissements d’enseignement et ses espaces sportifs et culturels accueillent des jeunes de divers pays, notamment africains, ce qui favorise le brassage des cultures, des langues et des expériences humaines, et contribue à ancrer les valeurs de diversité, de coexistence et à découvrir la richesse de l’appartenance africaine.
Pour sa part, la présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Amina Bouayach, s’est arrêtée sur la dimension humaine qui accompagne les missions de représentation diplomatique, estimant que l’essence des relations entre les États ne repose pas uniquement sur les cadres officiels et institutionnels, mais également sur la confiance, la communication et la compréhension mutuelle établies entre les individus et les sociétés.
Mme Bouayach a fait savoir que la crédibilité, la clarté et l’ouverture constituent des valeurs fondamentales pour tisser des relations solides et durables, et contribuent à favoriser le rapprochement entre les peuples et à consolider les fondements de la coopération commune.
De son côté, le doyen du corps diplomatique accrédité à Rabat, ambassadeur de la République du Cameroun au Maroc, Mouhamadou Youssifou, a affirmé que la diplomatie d’influence ou le soft power transcende le cadre officiel pour englober divers acteurs, à travers des outils culturels, éducatifs, médiatiques et économiques qui contribuent à jeter des ponts de compréhension et de rapprochement.
Il a mis en relief, dans ce contexte, le rôle du Maroc en tant que modèle ouvert dans la valorisation de la dimension humaine de la diplomatie, en facilitant l’intégration des missions diplomatiques et de leurs familles au sein de la société, en offrant des espaces d’échange culturel, social et éducatif, et en assurant un environnement favorable permettant aux épouses des ambassadeurs de s’engager dans diverses activités et initiatives sociales et humanitaires.
Et de conclure que cette ouverture marocaine, appuyée par des cadres institutionnels et des partenariats actifs, renforce la diplomatie à dimension humaine et solidaire, faisant du Royaume un espace de coopération, d’échange d’expertises et de consolidation du co-développement, particulièrement à l’échelle africaine.
Le programme de ce premier Forum comprend l’organisation de panels axés notamment sur la diplomatie d’influence et son rôle dans le renforcement des relations interétatiques, l’engagement associatif et humanitaire, la coopération féminine maroco-africaine, ainsi que les liens entre culture, hospitalité et influence.



