Art et Culture

La musique andalouse marocaine enchante l’Institut du Monde Arabe à Paris

Dpress

Depuis son lancement vendredi avec le Maroc à l’honneur, le festival des “Andaloussiyat” 2026 de l’Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris fait salle comble pour ses concerts, enchantant le public avec des prestations magistrales de musiciens hors pair qui se donnent pour mission de faire rayonner la musique andalouse marocaine et son riche répertoire ancestral.

Pour le moment phare du festival, qui s’est déroulé en présence de la présidente de l’IMA, Anne-Claire Legendre et l’ambassadeure du Royaume en France, Samira Sitail, ainsi que des diplomates du monde arabe, l’Orchestre de Rabat dirigé par Mohamed Amine Debbi et la chanteuse Bahaa Ronda ont signé, mardi, une soirée mémorable dédiée au gharnati, incarnant la transmission et le renouveau de ce répertoire, héritier des splendeurs de la culture arabo-andalouse de Grenade avant 1492.

Au micro de la MAP, Mme Legendre s’est réjouie d’accueillir ce moment fort des “Andaloussiyat”, soulignant que cette édition met à l’honneur “la richesse de la musique arabo-andalouse marocaine”.

La présidente de l’IMA a salué, à cet égard, le partenariat noué avec l’Association des amateurs de la musique andalouse du Maroc (AAMAM), grâce à laquelle “tous ces groupes sont venus du Maroc” en “ambassadeurs de ce genre musical”, élevant ainsi la qualité de la programmation du festival qui culmine avec cette soirée exceptionnelle de l’Orchestre de Rabat et Bahaa Ronda.

A ses yeux, la forte affluence pour les concerts de cette édition et le succès des ateliers organisés en marge du festival, pour permettre à des participants de tous âges de découvrir les instruments propres à la musique andalouse, sont à la hauteur de l’événement destiné à faire découvrir au public français les diverses expressions musicales issues de la tradition andalouse marocaine, notamment les répertoires Al-Ala et Gharnati.

Mme Legendre a loué, à cette occasion, l’initiative de l’association marocaine de faire don à l’IMA d’une anthologie de la musique arabo-andalouse Al-Ala, “fruit d’un important travail de collecte et de préservation du patrimoine musical marocain” mené par l’AAMAM. Cette œuvre, a-t-elle assuré, “sera mise à la disposition des visiteurs de l’IMA afin de leur permettre de découvrir la richesse de ce patrimoine musical marocain unique au monde”.

De son côté, Mme Sitail s’est félicitée du succès de cette deuxième édition des “Andaloussiyat” mettant à l’honneur le Maroc et son répertoire de musique andalouse ancestral.

“Ce festival est juste une merveille, une parenthèse enchantée, un moment de grâce”, a souligné l’ambassadeure qui considère que l’esprit des Andaloussiyat de cette année “illustre la Vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en matière de préservation du patrimoine culturel marocain”.

La musique andalouse, “née à Grenade, préservée au Maroc et transmise de génération en génération, fait partie de notre identité”, a-t-elle soutenu, se disant ravie de voir l’intérêt qu’elle suscite à l’IMA et la diversité du public “composé de membres de la diaspora, d’amis du Maroc et de représentants du monde arabe venus apprécier ce patrimoine musical”.

Mme Sitail a particulièrement salué, à l’issue de la soirée, la prestation de l’Orchestre de Rabat dirigé par Mohamed Amine Debbi et “la voix magnifique” de Bahaa Ronda qui a offert “une très belle parenthèse enchantée”, confirmant l’importance de la culture pour rapprocher les peuples.

Dans le même contexte, le président de l’Association des amateurs de la musique andalouse du Maroc, Azzedine Kettani, s’est dit heureux de voir l’intérêt porté à la musique andalouse lors de cette manifestation culturelle de l’IMA, affirmant que “c’est le meilleur encouragement” pour les membres de son association engagés en faveur de la promotion de la diversité et de la richesse de la musique andalouse, ses composantes et ses dérivées, ainsi que “pour tous ceux qui s’intéressent à ce genre musical” au Maroc et ailleurs.

“C’est véritablement un motif de fierté”, a estimé M. Kettani qui a remercié l’IMA pour avoir accueilli un festival dédié à la musique andalouse marocaine à Paris et contribué à la préservation et au rayonnement de ce patrimoine culturel.

En plus d’ateliers prévus dans le cadre de cette édition pour faire découvrir cette musique aux jeunes faire connaître ses instruments, l’AAMAM présentera, a-t-il indiqué, son œuvre magistrale “Anthologie de la musique arabo-andalouse marocaine Al Ala”, fruit d’un travail de trois ans et demi afin de faire rayonner la musique andalouse à travers le monde entier.

L’Anthologie qui restitue toute la richesse des noubat sera présentée mercredi soir lors d’une table-ronde permettant de plonger au cœur de cet héritage musical d’exception, en compagnie de figures engagées dans sa préservation et sa transmission.

Fruit de plusieurs années de recherche, d’enregistrements et de transmission, l’Anthologie de la musique arabo-andalouse marocaine Al-Ala se veut bien plus qu’une archive, “une œuvre de référence”, pensée comme une passerelle entre mémoire et modernité, d’après ses initiateurs.

Sa présentation sera suivie d’un concert animé par l’Orchestre Rawafid sous la direction d’Omar Metioui. Il viendra clôturer une édition 2026 des Andaloussiyat qui aura été marquée par des affiches musicales exceptionnelles et des ateliers d’initiation à ses instruments clés. Y ont participé notamment l’Association des ambassadeurs de la Musique andalouse marocaine en France, les Haddarates de Chefchaouen ou encore  l’artiste Ali Rebbahi qui s’est produit en ouverture dans un voyage spirituel et musical où se rencontrent la rigueur de la musique andalouse, l’élévation du Madih et du répertoire sacré du Samaâ.

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