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Les enjeux du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières en débat à Tanger

Dpress

Les travaux de l’édition 2026 des Régionales de la décarbonation et de la durabilité se sont tenus, mercredi à Tanger, portant sur les enjeux et les nouveautés liées au Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) et ses impacts sur les exportateurs marocains.

Organisée à l’initiative de la Confédération marocaine des exportateurs (ASMEX), en collaboration avec la Chambre de commerce, d’industrie et des services (CCIS) de Tanger-Tétouan-Al Hoceima et le Centre régional d’investissement (CRI) de la région, cette rencontre a constitué une opportunité pour examiner les nouvelles exigences carbone des marchés européens.

Intervenant à cette occasion, le président de l’ASMEX, Hassan Sentissi El Idrissi, a souligné que la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima s’impose comme un moteur industriel et exportateur de premier plan, incarnant l’ambition industrielle du Royaume et son ouverture sur les marchés internationaux.

Il a relevé, dans ce sens, que les règles du commerce international connaissent une mutation profonde, précisant que la transition écologique s’impose désormais comme une exigence économique structurante et un facteur clé de compétitivité.

La mise en œuvre du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) de l’Union européenne constitue une réalité tangible pour les entreprises exportatrices marocaines, a-t-il noté, ajoutant que celles-ci sont déjà engagées dans une phase d’adaptation et d’action.

Cette évolution, a-t-il poursuivi, représente à la fois une contrainte et une opportunité historique pour moderniser l’appareil productif national et consolider le positionnement du Maroc dans les chaînes de valeur internationales.

M. Sentissi El Idrissi a, en outre, mis en avant les atouts du Royaume, notamment son potentiel en énergies renouvelables, citant le solaire, l’éolien et l’hydrogène vert comme leviers stratégiques de la transition.

De son côté, le président de la Commission Énergie Propre de l’ASMEX et CEO d’ENGIE Afrique du Nord, Rik De Buyserie, a relevé que Tanger constitue un “carrefour stratégique reliant le Maroc à l’Europe et au reste du monde”, renforcé par l’écosystème de Tanger Med.

Il a noté que près de 65% des exportations marocaines sont destinées à l’Union européenne, estimant que le CBAM offre une opportunité structurante pour valoriser le label “Made in Morocco” et accélérer la modernisation industrielle du Royaume, saluant les efforts consentis par le Maroc dans le développement des énergies renouvelables et le renforcement du partenariat avec l’Union européenne.

Pour sa part, le directeur général du CRI de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Yassine Tazi, a indiqué que cette rencontre constitue une plateforme d’échange essentielle pour analyser les impacts réels du CBAM et partager les retours d’expérience des industriels, insistant sur la nécessité d’identifier les leviers permettant de transformer cette contrainte réglementaire en opportunité de transformation économique.

M. Tazi a, en outre, souligné que le CBAM dépasse désormais le cadre environnemental pour devenir un enjeu majeur de compétitivité, de souveraineté industrielle et d’accès aux marchés internationaux, appelant les entreprises à accélérer leur transition vers des modèles de production bas carbone et alignés sur les standards internationaux.

Cette édition a permis aux participants de bénéficier d’un bilan réglementaire, de retours d’expériences concrets, ainsi que de solutions techniques et financières, en plus d’une feuille de route opérationnelle.

Les travaux ont été structurés autour de deux panels, dont le premier a porté sur les défis et retours d’expériences liés au CBAM, notamment à travers un point d’étape réglementaire et l’examen des perspectives du marché carbone dans le cadre des engagements climatiques du Maroc.

Le second panel a, quant à lui, été consacré aux stratégies de décarbonation, mettant en avant des solutions en matière d’efficacité énergétique, de recours aux énergies renouvelables, ainsi que des dispositifs de financement vert et de partenariats public-privé.

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